Les chevaliers des Deux-Terres

Partie 2: Généreuse Hâpy, veille sur nous!

© 2001 by Anne-Laure ChibiMu

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Aéroport de Louqsor

Un jet privé de la Fondation Graad se posa sur une des pistes libres de l'aéroport international de Louqsor. Seiya sortit le premier, et fut immédiatement assommé par la lourde chaleur de fin d'après-midi...Il se retourna et dit:

« Faites attention, il fait une chaleur énorme ici... »

Certains ne s'en souciaient pas, Shun par exemple, qui y était habitué, mais tous les regards se tournèrent vers Hyoga. Celui-ci haussa les épaules et dit:

« Eh bien quoi ? Je sais résister à la chaleur... »

Shiryu sourit, et Ikki dit:

« Nous allons bien voir... »

En effet, il devait presque faire trente ou trente-cinq degrés là dehors. Déjà une voiture arrivait à leur rencontre...

Heryenamon, accompagné de Horsaisis, des chevaliers d'Horus, en sortit et s'inclina:

« Bienvenue en Egypte... »

Derrière, deux autres voitures s'étaient arrêtées. En sortirent Saouser, des chevaliers d'Osiris, et Aouserrê, des chevaliers de Rê. De l'autre voiture sortirent Baketiset, des chevaliers d'Isis, une très jolie femme mince et brune, accompagnée de Satiset, une de ses compagnes.

Tous ces gens, bien qu'ils appartiennent à une autre époque, étaient habillés comme des Egyptiens normaux. Heryenamon demanda ensuite:

« Avez-vous fait bon voyage ? je m'appelle Heryenamon, chevalier d'Amon, et je vous présente Horsaisis, chevalier d'Horus, Saouser, chevalier d'Osiris, Aouserrê, chevalier de Rê, ainsi que Baketiset et Satiset, chevaliers d'Isis...  »

Seiya sourit, s'inclina légèrement et dit:

« Très bon, merci...Je suis Seiya, chevalier de Pégase, et voici mes compagnons: Shiryu, chevalier du Dragon, Shun, chevalier d'Andromède, Hyoga, chevalier du Cygne, et Ikki, chevalier du Phénix... »

Chacun esquissa un sourire en guise de salut, ils étaient un peu intimidés. Sur un signe de Horsaisis, les autres présents se saisirent de leurs bagages, et Heryenamon dit:

« Nous avons un peu de route...Autant se mettre en route maintenant... »

Une fois en dehors de l'avion climatisé, Hyoga se sentit fondre comme un iceberg dans l'eau de mer. Mais il resta digne, il ne serait pas dit que ses camarades se moqueraient de lui. Mais il ne pouvait s'empêcher de transpirer à grosses gouttes, mais il secoua mentalement: Il avait survécu à la grotte infernale de Hagen, ce n'était pas pire !

Pour oublier ses déboires climatiques, il se concentra sur les gens qu'il venait de rencontrer. D'après ce qu'il pouvait en voir, leurs hôtes étaient un peu plus âgés qu'eux, mais pas beaucoup. Oh, et ces noms ! Il n'en avait retenu aucun, à sa grande honte, à part Aou..quelque chose...

Quand tout le monde eut embarqué dans les voitures, l'on se mit en route. Après avoir traversé la ville de Louqsor et admiré son temple, ainsi que, mais de loin, son souk et ses calèches, on traversa le Nil sur le pont récemment construit (véridique) et l'on continua à Thèbes-Ouest. Le paysage commença alors à changer, malgré de larges plages vertes, le désert était de plus en plus présent. Thèbes -Ouest avait été, du temps de la civilisation pharaonique, la nécropole des rois, des nobles, et le lieu de construction des immenses temples funéraires, dont, bien souvent, il ne restait plus que des ruines, sauf peut-être les temples d'Hatschepsout à Deir el Bahari et de Ramsès III à Medinet Habu. Chaque chevalier égyptien se faisait guide dès qu'ils passaient près d'un monument connu, comme le temple de Deir el Bahari, dédié, comme le dit respectueusement Satiset 'à l'immortelle reine Maâtkaré Hatschepsout', ou les colosses de Memnon, seul reste tangible du temple funéraire du temple d'Amenhotep III.

Les chevaliers d'Athena, trop occupés à regarder le paysage magnifique, ne disaient rien. Même Hyoga, pourtant écrasé de chaleur, restait muet devant tant de beauté. Le temple en calcaire blanc semblait enchâssé dans un écrin de falaises qui l'encerclait, comme un bijou précieux aux milles facettes.

La montagne thébaine présentait des nuances de jaune, d'ocre et de rouge...La lumière d'Egypte, à la fois douce et aveuglante, se répandait sur elle en flots colorés qui n'arrivaient tout de même pas à ternir l'éclat du calcaire du temple à terrasses.

Ils passèrent devant la Vallée des Rois, envahie de touristes. Aouserrê détourna les yeux tristement en disant que c'était sacrilège que de violer ainsi les sépultures des anciens rois, des dieux sacrés.

On continua vers la petite route qui mène à la Cime Thébaine, dédiée à la déesse du silence, Meret Seger. Là, il fallut descendre, et les voitures repartirent.

Horsaisis se retourna:

« Le rideau de réalité passe là, devant vous...le sentez-vous ? »

Bien qu'encore affaiblis, tous durent bien avouer qu'ils sentaient quelque chose d'indéfini. Heryenamon s'avança au bord de la falaise, et dit:

« Venez...il faut avancer...fermez les yeux... »

Juste le temps de les fermer, et ils se sentirent tomber, puis aspirés. A moitié assommés, il ouvrirent les yeux et virent devant eux presque le même paysage, sauf qu'un temple magnifique se trouvait là...De petits temples se trouvaient tout autour, et une enceinte ceignait le tout. Cela ressemblait à ce qu'avait dû être le temple de Karnak à sa grande époque.

Autour des temples, une animation intense règnait dans une petite ville. Egyptiens en pagne, Egyptiennes en robes de lin, tous marchandaient leurs produits ou vaquaient à leurs occupations. Shiryu, stupéfait, se rappela d'un livre qu'il avait lu étant enfant dans la bibliothèque de la Fondation...sauf que, cette fois, c'était la réalité, et pas une reconstitution archéologique.

Heryenamon dit alors:

« Venez...je vous emmène à vos maisons... »

Il se dirigèrent vers le temple. Pour cela, ils traversèrent la ville. Les Egyptiens qui se trouvaient là jetaient des regards curieux, mais les regards autoritaires des chevaliers egyptiens suffisaient à faire comprendre certaines choses. Les maisons étaient presque toutes les même, toutes blanchies à la chaux, avec une terrasse. Les chevaliers d'Athena n'en avaient jamais vus de telles, mais évitaient de trop montrer leur curiosité.

Autour d'eux, ils voyaient les Egyptiens dans leur vie quotidienne, deux hommes, habillés de pagnes de lin, jouaient au senet (=sorte de jeu d'échecs), et les femmes, parées d'amulettes en fritte colorée et habillées de robe de lin beige, discutaient gaiement à la fontaine. Et toutes ces odeurs d'épices...Rien de vraiment dérangeant...sauf le fait qu'on était au XX eme siècle.

Tous s'arrêtèrent un petit moment devant le pylône du temple....Et les chevaliers d'Athena restèrent muets de saisissement. Le pylône était énorme, et représentait des scènes montrant le roi terrassant des ennemis, ainsi que des scènes d'offrandes. Les images étaient colorées, donnant une vie à ces scènes de la vie liturgique. Aouserrê dit alors:

« Ceci est le pylône d'entrée du temple d'Amon...A l'intérieur se trouvent d'autres temples dédiés à Mout et Khonsou, son épouse et son fils, et les temples dédiés aux autres dieux comme Rê... »

Les chevaliers egyptiens les conduisirent ensuite dans le temple, où se trouvaient leurs quartiers. C'étaient deux maisons, dans le quartier d'habitation des prêtres. Chacune comprenait un salon, une cuisine très rustique et trois chambres. L'intérieur était très simple, les murs blanchis à la chaux.

Heryenamon dit alors:

« Je vais vous laisser vous reposer... Tanoutamon, la supérieure des Divines Adoratrices d'Amon et Siamon, notre grand-prêtre, vous recevront demain...En attendant, nous sommes à votre disposition... »

Et il s'inclina légèrement.

Les chevaliers se répartirent ainsi dans les chambres: Shun, Hyoga et Ikki dans la première maison, Seiya et Shiryu dans la seconde. Tous s'installèrent, prirent une douche, glacée pour Hyoga, et se retrouvèrent dans le 'salon' de la première maison pour partager un rafraîchissement.

Shun commença:

« C'est absolument incroyable, on se croirait dans un livre d'histoire... »

Seiya continua:

« En tout cas, ils savent recevoir...je crois qu'on va se plaire ici... »

Shiryu n'avait encore rien dit, et Hyoga lui demanda:

« Tu penses encore à ta belle...

-Oui...et non...je me rappelle d'un livre sur l'Egypte ancienne que j'ai lu il y a bien longtemps. L'Egyptologue qui l'avait écrit mettait beaucoup de conditionnel parce qu'il y a certaines choses dont on ne savait rien...certains rêveraient d'être à notre place, cela résoudrait leurs questions...mais dans ce cas-là l'archéologie n'aurait plus de raison d'être... »

Hyoga s'épongea le front et dit:

« A part le climat, je trouve le pays magnifique...tous ces monuments ! »

Seiya plaisanta:

« Il te faudrait un pileur de glace portatif... »

Mais Hyoga, calme, lui rétorqua:

« Je n'en ai pas besoin...j'en suis un naturellement...Et, contrairement à ce que tu crois, je m'adapte très bien aux fortes chaleurs...»

Ikki esquissa un sourire et dit à Seiya:

« Il t'a eu... »

Lui n'avait pas encore donné son avis sur le pays. Shiryu lui demanda:

« Et qu'est-ce que tu penses du pays ?

-Il est joli et intéressant.... »

Ikki devait vraiment s'y plaire, car il était avare de compliments d'ordinaire. Il aimait les pays chauds, et celui-ci en était un.

Trois heures plus tard, Heryenamon, cette fois habillé d'un pagne de lin immaculé et son insigne de chevalerie autour du cou, vint les chercher. Il était maintenant près de vingt et une heures, et la nuit commençait à tomber.

« Nous avons réuni tous les ordres de chevalerie pour un banquet en votre honneur... »

Il amenait aussi des vêtements. Nos chevaliers d'Athena se retrouvèrent habillés de pagnes de lin, identiques à celui que Heryenamon portait.

Ikki se retourna et dit à ses frères, hors des oreilles de Heryenamon:

« Je crois que je ne me suis jamais senti aussi ridicule... »

Lui était relativement bronzé, comme Shun ou Seiya, mais Hyoga, lui, avait la peau vraiment très pâle. Il rétorqua à ses frères:

« Eh bien, vous ne m'avez jamais vu ? »

Mais tous se sentaient vaguement ridicule. Shiryu se disait qu'il fallait faire confiance aux usages du pays, afin de faire plaisir à leurs hôtes.

Heryenamon n'avait jamais vu de gens à la peau aussi blanche, mais il se retint de dire quoi que ce soit. Il les emmena à la salle de banquet, où les attendaient les autres chevaliers. Il y en avait huit par ordre, excepté pour les chevaliers d'Isis, qui n'étaient que six. Une table avait donc été disposée pour quarante-trois personnes. Tanoutamon et Siamon n'assistaient pas au banquet, retenus par des problèmes de dernière minute...

Heryenamon s'assit, et donna le signal du début du banquet...des musiciens entrèrent, et commençèrent à jouer...

* * *

Dans le bureau de Siamon...

Tanoutamon examinait pour la centième fois au moins les relevés astronomiques de la nuit précédente:

« Ca ne s'est jamais vu ! quinze jours de retard ! Si cela continue les terres vont sécher et nous n'aurons pas assez de récoltes...un vrai désastre ! mais pourquoi donc Hâpy manifeste-t-il sa colère ? »

Siamon, plongé dans ses pensées, n'avait encore rien dit...Il dit:

« Ce n'est peut-être pas Hâpy...mais... »

Tanoutamon le comprit à demi-mot: l'intervention de Seth, le dieu mauvais, celui dont on ne devait pas prononcer le nom. Et dans ces cas-là, mieux valait prier Osiris, son opposé.

Siamon dit alors:

« Demain, nous emmènerons les barques d'Amon, Mout et Khonsou en grande pompe dans les temples des autres dieux, et nous ferons des offrandes...en espérant qu'ils nous entendront... »

Tanoutamon hocha la tête, tentant elle aussi de se convaincre de cela, et sortit afin de donner les ordres nécessaires. Siamon, resté seul, murmura:

« Oh, par Amon, pourvu qu'ils nous entendent ! »

* * *

La salle de banquet

Heryenamon tendit un plat à Seiya:

« C'est de la boutargue, c'est excellent ! Goûtez ! »

Les chevaliers observèrent le plat avec circonspection, puis Hyoga dit:

«Ca ressemble à du caviar...je vais tester... »

Il goûta, et dit:

« C'est excellent...allez-y ! »

Et, se tournant vers Heryenamon:

« Qu'est-ce que c'est ?

-Ce sont les oeufs des perches géantes qu'on pêche dans le Nil... »

Finalement, pas si éloigné que ça du caviar en fait.

Des serviteurs amenaient les plats, ainsi que des jeunes filles seulement vêtues d'une ceinture de perles, ce qui mettait les chevaliers d'Athena mal à l'aise. Un orchestre jouait des airs très doux, et une servante déposa sur leurs têtes des cônes de graisse parfumée...celle-ci, en fondant, dégagerait une odeur exquise.

Les murs de la salle étaient couverts de fresques représentant des banquets, et une fresque représentant le marais primordial ornait la plinthe des murs. Les lotus et les papyrus étaient délicatement peints, ainsi que les personnages des scènes de banquets.

Les plats étaient relativement simples, pousses de papyrus grillées, gibier d'eau rôti, boutargue, le tout accompagné de pains ronds et de bière. Le tout accompagné aussi de légumes comme des concombres, des oignons, ainsi que des corbeilles de fruits.

Les chevaliers d'Athena étaient encadrés par Heryenamon, bien sûr, et par Ouserithor, chevalier d'Osiris. Celui-ci avait l'âge moyen des chevaliers égyptiens, seize ans, donc un peu plus âgé que les chevaliers d'Athena.

Ceux-ci, bien qu'un peu mal à l'aise à cause des servantes, oublièrent vite ce détail et s'immergèrent dans la joie et le bien-être de la soirée. Ouserithor, curieux, posait parfois des questions, et ils y répondaient avec le sourire. Ils n'avaient pas été aussi détendus depuis deux ans...

La soirée s'avançant, Amenemheb se leva, et dit:

« Passons aux divertissements... »

Alors entrèrent dans la salle de banquets une troupe de nubiens, qui commencèrent à jouer du tambour et à executer leur danse. Heryenamon observa du coin de l'oeil Amenhotep de Napata, qui manifestement appréciait le spectacle...

Seiya demanda alors:

« D'où viennent-ils ?

-Ce sont des Nubiens, ils viennent du pays de Pount, loin au delà des cataractes...

-Et qu'est-ce qu'une cataracte ?

-Une chute d'eau qui rompt le cours du Nil... »

Les Nubiens étaient habillés de pagnes en peaux de félin, qui mettait en valeur leur peau d'ébène. Ils brandissaient des lances et des boucliers à armature de bois en cadence, accompagnés par des musiciens à tambours.

Quand ils sortirent, l'on vit alors entrer une troupe de jeunes filles très légèrement vêtues, qui commencèrent à faire des danses acrobatiques. Un orchestre d'autres jeunes filles, vêtues celles-là, entra aussi et commença à jouer. A part Shiryu, qui trouva un pur intérêt esthétique à cela, l'expression des autres changea légèrement. Ikki paraissait calme, mais il avait un oeil légèrement écarquillé, Shun, lui, avait carrément les deux yeux écarquillés. Seiya regardait attentivement le spectacle, mais une de ses paupières bougeait. Le seul qui restait parfaitement calme, sans trahir rien du tout de ses émotions intérieures, fut Hyoga...influence de l'éducation de Camus sans doute.

Il est vrai que le spectacle incitait à ne pas rester de marbre. Les jolies danseuses, de très jeunes filles, évoluaient souplement au son de l'orchestre, leurs cheveux attachés et parfumés, et leur corps enduit d'onguents seulement recouvert d'une simple ceinture de perles ceignant leur taille.

Heryenamon dit à Shun, assis à côté de lui:

« Vous voyez la harpiste, là ? C'est ma soeur cadette Baketamon... »

Shun secoua sa tête, parut revenir à la réalité, et observa la jeune fille en question. Heryenamon ajouta:

« Elle a treize ans, et va devenir chanteuse d'Amon... »

Il paraissait très fier, le poste de chanteuse d'Amon était très haut placé. Elles étaient placées sous l'autorité de Tanoutamon, et prenaient leur office quand elles avaient quatorze ans.

Baketamon était belle, ses cheveux étaient tressés sur le côté et ceints d'un diadème représentant une fleur de papyrus qui retombait gracieusement au milieu de son front. Ses grands yeux bruns étaient soulignés d'un trait de khôl, comme il convenait, et elle était vêtue d'une robe en lin plissé nouée sous les seins. Ses gestes emplis de douceur caressaient doucement les cordes de sa harpe, qu'elle tenait entre ses jambes.

Shun la trouva très belle...

Une fois les danseuses sorties, il était plus de minuit, le repas était terminé. Meryamon et Amenmès, ainsi que Menkheperrê, chef des chevaliers de Rê, raccompagnèrent les chevaliers d'Athena dans leurs chambres et leur dirent avant de les quitter:

« Demain matin nous irons pêcher sur le Nil. Après vous recontrerez Tanoutamon et le grand-prêtre Siamon... Nous partirons tôt... »

Puis ils s'inclinèrent, et les laissèrent. Les chevaliers s'égaillèrent dans leurs chambres pour la nuit.

Shiryu demanda à Seiya:

« Qu'est-ce que tu en as pensé ?

-Ils savent recevoir, c'est sûr....mais bizarrement....toutes ces filles presque nues ! »

Shiryu sourit:

« Tu ne vas pas me dire que ça t'a dérangé ?

-Si...enfin non...ben...et toi ?

-J'ai trouvé le spectacle esthétiquement beau, mais c'est tout... »

Shiryu disait cela très sérieusement, mais Seiya lui répliqua:

« Ca ne t'a rien fait ?

-Non...

-Oh, Shunrei n'en saura rien...

-la fidélité est dans mon tempérament, désolé... »

Seiya savait que Shiryu était sérieux, aussi n'insista-t-il pas...

Dans l'autre maison, Hyoga, Shun et Ikki étaient encore en train de discuter avant d'aller se coucher...

Hyoga dit:

« Elle te plaît la petite harpiste, hein Shun ? »

L'interpellé ne dit rien, mais rougit avant de répondre finalement:

« Ben...oui... »

Hyoga sourit et dit:

« N'aie pas honte, c'est normal ! Moi aussi j'ai trouvé toutes ces filles très belles... »

Seul Ikki ne dit rien à ce sujet, et Hyoga jugea bon de ne pas l'interroger. Il le savait encore inconsolable de la mort de son seul amour, Esmeralda, aussi se doutait-il que la vue de toutes ces jeunes femmes magnifiques avait rouvert sa blessure...

Shun se leva alors, et dit:

« Moi je vais me coucher, on se lève tôt demain... »

Et il monta dans sa chambre, où Ikki le rejoignit. Hyoga gagna lui aussi sa chambre, pensif...

Il y avait une telle joie de vivre ici ! Mais il devinait tout de même, grâce à son sixième sens, que quelque chose n'allait pas, sans qu'il pût déterminer quoi...

Soignant ses bras brûlés par le soleil, il jeta un oeil par la fenêtre. Les lumières de la ville étaient éteintes, seules brûlaient quelques veilleuses dans le temple. Tout était si calme...Ici les gens dormaient paisiblement, avaient une vie normale...Une telle tranquillité lui était vraiment inconnue, lui qui avait longtemps vécu dans la dureté de son entraînement dans la glace, puis dans le fracas des batailles.

Quelques trop courtes heures plus tard, l'un des chevaliers d'Horus, Kenaouhor, vint réveiller nos chevaliers. Seiya ouvrit un oeil et demanda vaguement:

« Quelle heure il est ?

-Nous sommes à la douzième heure de la nuit, Rê n'est pas encore levé... »

En effet, il faisait encore nuit dehors. Shiryu, réveillé lui aussi, calcula rapidement qu'il devait être aux environs de cinq heures du matin..

Kenaouhor leur tendit des pagnes de lin un peu plus grossier que la veille, ainsi que des sandales légères de papyrus...

« Je vous attends en bas... », dit-il.

Une fois de plus, Hyoga pensa qu'il allait griller comme un poulet sur une rôtissoire, aussi alla-t-il ensuite à la salle d'eau pour se mettre de la crème partout. Décidément le climat de l'Egypte n'était pas fait pour lui...

Quand tous se retrouvèrent dehors, tous se sourirent, même s'ils n'étaient pas à l'aise dans cette tenue.

Kenaouhor les amena près de Heryenamon et Bakenamon. Ceux-ci leur sourirent et leur dirent:

« Nous espérons que vous avez pris un bon repos... »

Tous s'inclinèrent en répondant que oui. Amenmès, qui se trouvait là lui aussi, dit alors:

« Allons-y...profitons de la fraîcheur... »

Ils les amenèrent au bord du Nil, où attendaient des barques légères de papyrus. Bakenamon expliqua:

« Nous allons aller dans les marais de papyrus surprendre le gibier d'eau...avec ceci... »

Et il leur montra des boomerangs droits, en forme de serpent. Il continua:

« Il faut essayer d'assommer les canards quand ils sortent des fourrés...vous verrez, c'est très facile et très divertissant...cela est pratiqué surtout par les nobles, mais les gens du peuple s'y exercent aussi, cela leur procure de la nourriture... »

Tout le monde monta dans les barques, et les chevaliers égyptiens commencèrent à ramer. Les barques glissaient doucement sur le fleuve, leur sillon troublant seul la tranquillité du fleuve millénaire.

Le trajet dura environ trente minutes, puis l'on bifurqua et l'on entra dans les marais de papyrus. Le papyrus est une plante d'eau, aussi pousse-t-il au bord du Nil et forme-t-il de gigantesques fourrés qui sont de véritables labyrinthes. Mais les chevaliers égyptiens connaissaient bien le lieu, aussi progressaient-ils sans problèmes.

Puis ils s'arrêtèrent, et Amenmès dit:

« Bien, nous allons lancer des pierres dans les fourrés pour faire sortir les oiseaux, préparez-vous... »

Malgré l'instabilité de la barque, Seiya se mit debout, imité par Shun, qui se trouvait à côté de lui. Celui-ci assura son bâton de jet dans sa main, comme il aurait fait de sa chaîne...Ikki se leva lui aussi.

Dans l'autre barque, Shiryu et Hyoga se levèrent eux aussi. Le premier se trouvait très à l'aise, l'eau étant l'élément du Dragon, mais Hyoga, lui, l'était moins. C'est alors que Shiryu remarqua les brûlûres de son frère, et dit:

« Ca va ? Tu n'as pas trop mal ?

-A cette heure non, la fraîcheur est bien agréable...Ca va passer... »

Et il lui sourit.

Au signal de Kenaouhor, Amenmès envoya des pierres dans le fourré, et toute une nuée de canards et de foulques en sortirent. Alors tous lancèrent leur bâton de jet dans le groupe, essayant de viser le mieux possible.

Ce fut Shun qui toucha le premier, puis Hyoga, et les autres ensuite. On lança les chats domestiques à la recherche des proies...

Heryenamon sourit:

« Eh bien, vous êtes doués...Continuons... »

Et ils s'enfoncèrent dans le dédale plus avant...

* * *

Temple d'Amon

Tanoutamon n'avait pas dormi de la nuit, elle avait compulsé toutes les annales qu'elle avait pu trouver, mais il n'y avait rien...si elle ne trouvait pas quelque chose rapidement, tout allait tourner à la catastrophe. Elle envoya chercher Siamon, sa servante Sattefnet ayant l'ordre de le ramener aussitôt les rites du matin terminés.

Pendant ce temps, elle s'habilla et réfléchit: pourquoi les dieux étaient-ils en colère ? Ils avaient tous leurs offrandes, et tous les rites étaient faits à temps, alors pourquoi ce courroux ?

Elle regarda par la fenêtre de sa chambre, le jour se levait et d'un peu partout venait l'odeur de l'encens, accompagnant les rites de réveil des dieux. Un jour nouveau se levait, le miracle renouvelé se produisait...mais pour combien de temps encore ?

Les chevaliers, eux, continuaient leur périple dans les marais. Heryenamon s'arrêta, et, avec ses compagnons, salua le soleil levant d'une petite prière. Seiya se leva pour voir, mais perdit l'équilibre et bascula dans l'eau, aux grands rires de ses frères. Shun se pencha, et lui tendit la main en disant:

« Tu veux te faire remarquer ou quoi ? »

Tous étaient de bonne humeur, d'une excellente bonne humeur, mais les chevaliers égyptiens, eux, savaient que quelque chose n'allait pas...le retard de l'inondation n'annonçait rien de bon.

Vers huit heures, on débarqua et l'on fit une pause...Une collation avait été préparée, et fut déposée sur une pièce de tissu de lin. Heryenamon s'assit à côté de Shiryu, et lui tendit un sandwich...Puis il remarqua le bracelet de Shunrei qu'il portait en tout temps au bras et lui demanda:

« Il est très beau...d'où vient-il ?

-Il vient de Chine...il appartient à ma fiancée... »

La seule pensée de Shunrei agrandit le sourire de Shiryu. Heryenamon sourit lui aussi et demanda:

« Je vous félicite...

-Merci...

-Vous vous mariez bientôt ?

-Oh non, pas encore, nous sommes encore trop jeunes...

-Elle est en Chine ?

-Non, je ne l'aurais jamais laissée seule là-bas, elle est au Sanctuaire d'Athena, en Grèce... »

Heryenamon sourit. Shiryu demanda lui aussi:

« Et vous ?

-Pour l'instant je ne peux pas me marier, je dois accomplir encore sept ans au service d'Amon...c'est ainsi chez nous...

-Moi j'ai déjà accompli mon devoir...et je l'accomplirai encore s'il le faut... »

Shiryu eut tout de même un petit sourire. Après tout, eux et les chevaliers d'or étaient vivants. C'était cela l'essentiel...

* * *

Temple d'Isis...

Dans l'obscurité règne une odeur de plantes et d'encens. Six femmes sont assises en rond, et lisent des formules magiques...Elles cherchent à avoir ce qui se passe, pourquoi les dieux sont en colère et ne permettent pas à l'inondation bienfaitrice de venir. Elles prient Khnoum, Satis et Anoukis, les dieux d'Eléphantine, connus pour veiller sur la grotte d'où sort l'inondation, ainsi qu'Hâpy, déesse du flot bienfaisant qui apporte le limon qui permettra de cultiver beaucoup mieux les terres arides à la limite du désert...

Ce sont les femmes de l'ordre des chevaliers d'Isis, guerrières et magiciennes. Toutes ont entre quinze et vingt ans, la plus âgée étant leur chef, Isetemibes, vingt-et-un ans. Elles ne sont que six, Isetemibes, Baketiset, les jumelles Meretiset et Meseteniset, Satiset, et Isetneferet. Mais toutes sont déjà des magiciennes accomplies, les meilleures, celles à qui font appel les prêtres pour les rites spéciaux.

Elles continuent leurs prières, tentant d'intervenir auprès des dieux pour qu'enfin Isis pleure et que l'Egypte soit sauvée de la famine...


Quand nos chevaliers et les chevaliers égyptiens regagnèrent le temple, le soleil était déjà haut. Shun était satisfait de sa chasse, le seul qui ne l'était pas était Seiya, qui en tombant à l'eau avait fait fuir tout le gibier et tous les poissons, aux grands rires de ses frères.

Hyoga, lui, avait fait l'objet de questions de la part des chevaliers égyptiens. L'un lui avait même demandé s'il était albinos ! Il avait dû leur expliquer qu'il venait d'un pays de glace, à leur grand étonnement. Il était quelque peu honteux des larges taches rouges sur sa peau, mais découvrit avec stupeur que Shiryu, pourtant élevé au soleil de la Chine, avait pris lui aussi des coups de soleil !

« C'est Shunrei qui sera contente d'étaler de la crème sur ton dos ! » avait-il ricané.

L'après-midi, ils devaient avoir une entrevue avec Siamon, le grand-prêtre d'Amon, et Tanoutamon, mais on leur dit qu'elle serait reportée vers la fin de l'après-midi, Tanoutamon ayant besoin de se reposer.

Tous avaient bien l'intention de rester éveillés après le repas, mais tous s'endormirent, écrasés de chaleur. Ce fut Heryenamon qui les réveilla vers dix-huit heures:

« Leurs Hautesses vont vous recevoir... »

Juste le temps de se rendre présentables, et il les emmena dans un dédale de couloirs jusqu'au bureau de travail de Siamon. Siamon les accueillit: c'était un homme entre quarante et quarante-cinq ans, replet et au crâne rasé, comme tous les prêtres. Il portait une grande robe de lin plissé, des sandales de cuir fin, et une peau de félin, insigne de la prêtrise, enserrait son torse et retombait sur son pagne. Pourtant, il se dégageait de lui une grande bonté et une grande sérénité. Il s'inclina légèrement pour souhaiter la bienvenue à ses visiteurs, et leur indiqua des sièges...

« Je suis désolé de vous recevoir si tard, mais certains imprévus... »

Seiya répondit:

« Ce n'est pas grave... »

Siamon s'assit en face d'eux, et fit un signe à une jeune prêtre qui distribua du jus de caroube frais. Siamon sourit et dit:

« Votre Grand Pope Kanon m'a écrit qui vous étiez, et je suis admiratif devant tant de courage et d'abnégation... »

Puis il continua:

« Tanoutamon va nous rejoindre bientôt, elle a été retenue par les impératifs de sa charge. »

Tous acquiescèrent...Siamon dit en souriant:

« Je suis ravi que les relations diplomatiques rompues puissent enfin reprendre vie après trois siècles...j'ai appris tous les événements dramatiques qui se sont passés, et j'en suis navré... »

Ce fut Shiryu qui répondit:

« Tout est terminé maintenant...mais nous sommes tous vivants, c'est cela l'essentiel... »

Siamon lui sourit et dit:

« Je pense que nos deux styles de chevalerie ont beaucoup à s'apporter les uns aux autres...c'est pourquoi j'ai demandé à votre Grand Pope la permission d'envoyer un chevalier de chaque ordre de chevalerie au Sanctuaire grec afin de s'acclimater à votre style de vie... »

Hyoga sourit et répondit:

« Nous serons honorés de leur servir de guide... »

A ce moment-là, les grandes portes s'ouvrirent et Tanoutamon fit son entrée. Vêtue d'une robe plissée en lin très fin, elle portait une perruque. Son visage soigneusement maquillé laissait tout de même voir qu'elle était entre deux âges. Il se dégageait d'elle une prestance sans égal...elle n'avait que peu de bijoux, seuls ceux qui convenaient à son statut important. Derrière elle, sa servante Sattefnet portait son tabouret et un châle léger en lin. ;

Tanoutamon s'assit dans le siège qui lui était réservé, et dit:

« Je vous salue, nobles visiteurs venus de si loin... »

Tous se contentèrent d'incliner la tête, quelque peu intimidés. Et la conversation continua, aiguillée sur les possibilités d'échange entre les deux Sanctuaires...

* * *

Pendant ce temps, dans la cour...

Heryenamon, Neferkarê et Horemheb, à l'ombre du portique, discutaient gaiement.

« Qu'est-ce que vous en pensez ?

-Oh, ils sont gentils...mais on voit clairement qu'ils ont eu beaucoup d'épreuves...vous avez vu le nombre de cicatrices sur leur corps ? »

Ousernebtaouy s'approcha alors, et prit part à la conversation en disant:

« Nous avons beaucoup à apprendre d'eux, Tanoutamon a raison...ils sont différents de nous, mais il y a toujours quelque chose à en apprendre... »

Horsaisis, plus petit que les autres mais pas moins costaud, intervint:

« Tout de même, pour se battre contre des dieux, il faut qu'ils soient bien puissants...on dit même qu'ils ont vaincu les tout puissants Guerriers Divins d'Asgard...et aussi les spectres d'Hades et les généraux de Poseidon...c'est très impressionnant ! »

Tous les groupes de chevalerie étaient réunis là, dans la cour du temple, et discutaient entre eux. Tout le monde pensait bien sûr à cette crue qui n'arrivait pas, décidément le dieu bélier Khnoum ne voulait toujours pas lever sa sandale, mais personne n'en parlait.

Tous se connaissaient très bien pour avoir été élevés ensemble dans l'enceinte du temple, puis ensuite répartis pour être entraînés dans un ordre bien précis. Ils étaient huit par ordre, sauf pour les chevaliers d'Isis, qui n'étaient que huit mais pas régies par la même autorité.

Les chevaliers d'Amon, basés dans le temple même, comprenaient Heryenamon, Amenemheb, leur chef et leur doyen, Bakenamon, fluet mais néanmoins très musclé, Amenhotep de Napata, un impressionnant Nubien de plus de deux mètres, Meryamon, Amenmès, Amennebef et Amenherkhepeshef, plus communément appelé Ameny. Heryenamon et Bakenamon étaient chargés de la sécurité personnelle du Grand-Prêtre Siamon.

Les chevaliers de Rê, eux, avaient leur sanctuaire dans un temple à ciel ouvert (appelé chout-rê) situé dans le désert. Ils étaient huit également: Menkheperrê, leur chef, un géant longiligne aux ascendances libyennes, Meryrê, Neferkarê, Ramose, un tout petit bonhomme trapu, Neouserrê, Aouserrê, Seqenenrê, un archer hors pair, et Waenrê.

Le Sanctuaire des chevaliers d'Osiris était accolé au temple d'Amon, c'étaient des chapelles osiriennes où se célébraient tous les ans au mois de khoiak les mystères d'Osiris. Ouseremibef était leur chef...le suivaient Ousernebef, Saouser, le plus lettré, Ouserkaf, Ouserithor, Ousernebtaouy, Aoutenouser et Ouseraoutibef, plus communément appelé Ousery. Ils se chargeaient de l'aspect funéraire, et aidaient les prêtres lors des rites d'enterrement.

Restaient les chevaliers d'Horus, les têtes brûlées du lot...ils connaissaient le désert par coeur, étaient des archers et des pilotes de char hors pair, et savaient repérer les pistes et les points d'eau. Ils complétaient ainsi les chevaliers de Rê, très doués aussi dans ces disciplines. Leur chef, Horemheb, avait été récompensé de nombreuses fois pour sa bravoure au combat, et portait le collier de mouches d'or des braves. Sa peau couturée de cicatrices impressionnait toujours.

Tous avaient un physique impressionnant et des capacités tout aussi impressionnantes: Hori, fin limier, Horsaisis, un prodige du javelot, Horemhetep, archer excellent qui pouvait toucher une cible en mouvement à cent pas, Horemouaset, pilote de génie, Bakenhor, très bon epeiste, Horkarê, petit mais stratège de génie et Kenaouhor, très doué en combat à mains nues.

Ils étaient comme leur dieu tutélaire, Horus le grand (= Haroeris), puissants comme le simoun qui fond sur le voyageur attardé dans l'oasis...

Mais pour l'instant, tous ces protecteurs de l'Egypte étaient occupés à discuter et commenter les nouveaux arrivants.

Trois heures plus tard, nos chevaliers sortirent du bureau de Siamon, et durent subir l'interminable présentation de tous les Ordres de chevalerie...

* * *

Le Sanctuaire...

« Milo ? eh, Milo ! »

Celui-ci, qui dormait, allongé au soleil, enleva le livre qu'il avait sur le visage et reconnut immédiatement son interlocuteur:

« Oui, Shaka ?

-Encore en train de dormir ?

-D'abord je ne dormais pas, je m'instruisais...qu'est-ce qui se passe ?

-Le Grand Pope Kanon nous convoque immédiatement... »

Milo se leva péniblement, tira sur sa tunique pour la défriper, et suivit Shaka. Les autres chevaliers d'or attendaient là, devant la grande porte. Tout le monde se perdait en conjecture sur la raison de cette convocation...Même Saga, le frère jumeau du Pope, ne savait rien...

Mais, en fait, comme ils l'apprirent plus tard, Kanon voulait savoir l'état de ses forces d'élite, et leur demanda à tous, sauf à Mû qui en avait déjà un, de former un apprenti. Ils objectèrent qu'ils n'avaient plus de pouvoirs, mais Kanon leur répondit que leurs pouvoirs reviendraient, ce n'était qu'une question de temps...il en était sûr parce qu'il s'était documenté...

Tous ressortirent de cette réunion un rien plus optimistes, et se remirent au travail de plus belle...

La visite la plus inattendue que reçut Kanon à ce moment-là fut celle de Shunrei...celle-ci désirait aider dans la mesure de ses moyens...Kanon sourit, du plus joli sourire qu'il put, et la confia aux soins de Marine et Shaina...

* * *

Egypte...

Isetneferet, chevalier d'Isis, possédait quelques pouvoirs mentaux...elle était la seule à les avoir à ce niveau si dévellopé. Plusieurs nuits précédentes, elle s'était réveillée après des rêves particulièrement violents...utilisant l'art millénaire de la divination et de l'interprétation des rêves, elle chercha à savoir quel était le rapport avec les événements bizarres et aussi le retard de la crue...ce qu'elle découvrit la laissa sans voix...

Sans prendre le temps de mettre son armure, gardant juste sa robe de lin, elle courut au temple d'Amon...


Pendant que Heryenamon, Meryrê et les autres organisaient une petite collation conviviale, Siamon monta à la terrasse astronomique du temple. Sekhemrê, grand-prêtre de Rê, était venu de son temple du désert afin de se livrer à quelques observation...Il sourit et dit:

« Que la puissance de Rê soit sur toi, Siamon...

-Sur toi aussi, Sekhemrê...qu'as-tu remarqué ?

-Rien encore, malheureusement... »

Siamon était maintenant très inquiet...soudain, un prêtre accourut, essoufflé:

« Quelqu'un a dérobé le Livre de Thot à Hermopolis !! »

Ce livre, écrit par le dieu à tête d'Ibis Thot, permettait de comprendre tous les secrets de l'univers. Mais tous ceux qui l'avaient utilisés avaient eu un destin tragique, comme le prince Satni-Khaemouaset (et avant lui le prince Naneferkaptah), qui avait perdu toute sa famille et avait failli perdre son éternité...

Siamon sentit une sueur froide lui couler dans le dos. Il demanda:

« Qui ?

-Quelques guerriers... »

Soudain, un vent froid se leva, et le désert sembla s'animer...un rire affreux résonna...Siamon murmura:

« Sethnakht... »

Sethnakht était son frère, qui se trouvait à la tête des chevaliers de Seth...le rire continua, et une voix forte résonna:

« Dieux, tremblez ! Seth règnera, il deviendra le maître du monde !! »

Le soleil, déjà voilé par le sable, commença à s'obscurcir...c'était un des signes annonciateurs de la fin du monde selon les mythes égyptiens...Siamon comprit: Sethnakht s'était emparé du livre, et s'en servait au nom de son maître...

Dans la cour, c'était le branle-bas de combat, tous couraient enfiler leurs armures, tous ordes confondus. Ils avaient mis les chevaliers d'Athena en sécurité à l'intérieur du temple.

Le vent changea de forme, et devint des formes hurlantes, armées de cimeterres...Siamon rentra avec Sekhemrê à l'intérieur du temple...il allait demander à Amon son arme ultime...

Une fois de plus, le chaos menaçait de triompher...


Fin de la seconde partie.

To be continued


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