Entre Terre et Mer - The Golden Twins

Partie 4: La guerre d'Hermès

© 2000 by Anne-Laure

This page was last modified: 2000/10/31


Back to Stayka's Saint Seiya Index | FanFics | Site Index


L'heure de vérité...

Les jumeaux de Jamir apparurent soudain dans la pièce:

"Vite ! Il y en a partout !"

Les autres enfants, montés eux par le chemin normal, entrèrent dans la pièce presque en même temps que sortaient les chevaliers. Des cohortes entières de chevaliers entouraient le Sanctuaire... L'alerte maximale était sonnée...

Les chevaliers d'or avaient vite repris position devant leurs maisons, ainsi que Doko de la Balance, téléporté depuis la Chine à la première alerte. Mais certaines restaient vides... A la surprise de tous, les armures du Verseau, du Capricorne et du Sagittaire apparurent, et recouvrirent respectivement Hyoga, Shiryu et Seiya, que quittèrent leurs armures respectives. Celle des Poissons fut pour Shun, aussi surpris que le reste de l'assistance. Aphrodite, qu'il avait tué, l'approuvait comme son digne successeur. Mais la surprise la plus totale fut quand l'armure du Cancer vint recouvrir le chevalier Phénix. Les douze maisons avaient donc toutes à nouveau un protecteur. Ne restèrent que les petits dans la salle d'Athéna. Comprenant l'importance de l'enjeu, les enfants s'assirent, et les jumeaux unirent leurs forces avec Shaka pour faire un bouclier indestructible autour d'eux.

Les combats firent vite rage dans les douze maisons, et les jumeaux captaient les cosmos des chevaliers se battant pour Athéna. Celle-ci se concentrait au maximum, et son cosmos jaune la nimbait. Pourtant, deux chevaliers passèrent la porte de la salle d'Athéna. Leur armure était zébrée or-fumée, et ils dirent:

"Nous venons vous sommer de vous rendre, au nom d'Hermès ! Nous sommes deux de ses généraux, Kyllénios et Hippocratès... "

Les chevaliers de la garde personnelle d'Athéna gisaient là, neutralisés sans le moindre cri, Hermès avait tout prévu, deux généraux de plus... la déesse Athéna était sans défense, à part son propre cosmos, non offensif... Mais c'était sans compter les jumeaux... Ils poussèrent les autres petits dans un coin, et s'interposèrent devant le trône. La déesse s'écria:

"Mais vous êtes fous ! Vous allez vous faire tuer !"

Sion se retourna:

"Nous vous devons la vie, vous nous avez sauvés à notre naissance, notre vie vous appartient, et c'est bien le moins que nous vous défendions... "

Les généraux rirent à gorge déployée:

"Des enfants pour toute défense ? C'est plus simple que nous ne le pensions... "

Les jumeaux se concentrèrent, et leur aura particulière les nimba... Le sourire des généraux s'évanouit... Les jumeaux créèrent un bouclier devant le trône, mais il ne tint pas longtemps contre une attaque des généraux. Athéna vola en l'air, et retomba à côté de son jumeau...

Sion n'avait pas l'habitude de combattre, s'il refaisait la même chose que le matin il se viderait totalement de son énergie, sa vague en demandant un énorme volume. Mais il le fallait...

Il se concentra, et la vague apparut derrière lui, indiquant que son cosmos était à son paroxysme. Athéna lui donna tout ce qu'elle pouvait, et la boule d'énergie partit. Elle toucha les généraux, mais ne leur fit pas grand'chose. Sion écarquilla les yeux: Que faire maintenant ? Fallait-il épuiser son cosmos ? C'était un risque à prendre...

De la neige se mit alors à tomber, surprenant tout le monde, et de l'air glacé se mit à circuler... Camus s'écria:

"Allez-y !"

Les jumeaux attaquèrent, et produisirent un rayon d'énergie qui alla frapper Kyllénios en pleine poitrine. Il recula et chancela, mais ricana:

"Je dois admettre que vous êtes forts pour des gosses, d'ailleurs j'ai entendu parler de vous, vous aviez réussi à vaincre l'un des nôtres ce matin... Bel effort, mais vos tours ne me font rien... "

Shaka sortit alors de son abri, et lança sa balle d'énergie... elle toucha l'autre général, qui tomba... mais se releva tout de suite... Shaka se recula afin de pouvoir reconstituer son énergie...

Mais les généraux étaient en colère maintenant... Hippocratès leva un bras, lançant une attaque qu'il nomma 'la fureur du caducée' et les jumeaux volèrent en l'air pour aller atterrir contre le mur. Ils eurent l'impression d'entendre leurs os se briser... Ils se relevèrent tant bien que mal, et Athéna crut entendre la voix de sa mère:

"Tu sais ce qu'il faut faire... il faut faire exploser ton cosmos, ma fille, à son maximum... tu atteindras alors le septième sens... "

Malgré la douleur, elle réfléchissait clairement... mais elle sentait son sang couler hors de son corps, et la douleur revenir à la charge... Souvent, Canon lui avait dit que la vertu d'un véritable chevalier était de transcender la douleur, de se battre malgré tout jusqu'au bout pour sa cause. Elle ne ferait pas déshonneur à sa mère et à tous les autres chevaliers...

Derrière elle, Sion venait de lancer une attaque, que lui retourna Hippocratès. Il ferma les yeux, mais rien ne vint, sauf une lumière aveuglante... Devant lui se trouvait Doko, tout étonné, il tenait le bouclier de son père...

"Jamais je ne les laisserai se sacrifier pour nous !" s'était-il écrié avant de se jeter devant Sion...

Comment le bouclier du Dragon était-il arrivé jusque-là ? De sa propre initiative ? Il semblait, puisqu'au fond de la salle l'urne de l'armure du Dragon venait de s'ouvrir... Doko s'était mis devant Sion pour lui servir de protection, mais le bouclier en avait décidé autrement... Le garçon se concentra, se concentra pour maîtriser le bouclier, un des plus puissants de l'univers... et une aura bleu-vert le nimba. Un dragon rugissant apparut derrière lui...

Il ne dit rien, encore sous le choc, et Sion lui dit:

"Merci de m'avoir sauvé... Ton cosmos vient de se réveiller... Essaye de le contrôler... "

Un courant d'air glacé se fit, et un hurlement vint l'accompagner:

"Ca y est, j'y arrive ! Camus du Verseau et mon père sont avec moi ! "

C'était Camus, qui venait de déclencher une mini-tempête de neige. Shaka l'accompagna... Il forma un bouclier autour du trône...

Les enfants unirent leurs énergies cosmiques, et lancèrent un rayon qui atteignit les deux chevaliers. Ils tombèrent... mais l'attaque revint en partie, touchant les enfants de plein fouet. Seule Athéna resta debout...

Les généraux ricanèrent:

"Vous faites moins les fiers, hein ? Retournez donc à votre berceau boire vos biberons, minables !"

Sion se releva, outré, mais eut bien du mal à tenir sur ses jambes. Athéna savait ce qu'elle devait faire... Elle ferma les yeux, et intensifia son cosmos à l'extrême... Ce qu'elle allait faire ne serait sans doute pas très bien vu par sa mère, et ferait beaucoup de dégâts, mais c'était le seul moyen de venir à bout des deux généraux. Par contre, elle ne savait pas si son organisme d'enfant supporterait le choc, surtout sans armure...

Mais c'était le seul moyen de sauver Athéna. Déjà le bouclier de Shaka faiblissait... N'ayant vu l'attaque qu'elle voulait faire qu'une seule fois, elle n'avait pas droit à l'erreur. Sion n'avait plus la force de lui donner quoi que ce soit, mais il lui envoya un message télépathique:

"Tu es folle ! Tu n'y arriveras jamais... Je n'ai plus assez de forces pour t'aider, c'est sans filet ... Tu n'es pas assez puissante, notre mère est un chevalier d'or !!!!

-Je le sais, mais on n'a pas le choix... le sort d'Athéna dépend de nous, les autres chevaliers ne peuvent pas nous aider, tu le sais... La déesse nous a sauvé la vie, elle a aussi sauvé notre mère, je dois essayer au moins... "

Sion acquiesca, et se recula. Athéna se concentra encore plus, augmenta au maximum sa cosmoénergie en canalisant sa colère sur les deux généraux. Elle se rappella les gestes précis de sa mère, puis, quand son cosmos fut au maximum, elle commença son attaque... Une étoile puis un bélier d'or apparurent derrière elle, et elle cria:

"Stardust Revolution !!!!!"

Cela équivalait à utiliser de la poussière cosmique directement en provenance du cosmos... Les deux généraux furent balayés en un clin d'oeil et un incroyable déchaînement d'énergie eut lieu... Une partie du plafond vola en éclats, mais, grâce au bouclier de Shaka, la déesse ni les autres enfants n'eurent rien. Athéna, elle, tomba face contre terre, vidée de toute énergie. Sion se précipita, et dit:

"Athéna... non !"

Elle était encore vivante, mais ses vêtements en avaient pris un coup et son corps était couvert de plaies multiples, à ce qu'il pouvait en voir... Tous les petits étaient fatigués, voire épuisés. Doko s'était mis en méditation pour tenter de canaliser son cosmos naissant. La déesse se précipita:

"Athéna... !!!!"

Elle se retourna vers les petits, et leur dit:

"Vous n'avez pas hésité à risquer votre vie pour me défendre... vous êtes de vrais chevaliers dans l'âme... "

Ses yeux brillaient d'émotion. Mais les combats faisaient encore rage en bas. Sion sentait les cosmos des chevaliers d'Athéna affaiblis, y compris celui de sa mère. Mais il ne pouvait plus rien faire, son énergie était au plus bas. Athéna, elle, serait encore un moment dans l'inconscience.

Chacune des maisons était assaillie par un général d'Hermès, celui-ci avait tout prévu... Ils étaient puissants, et les chevaliers de bronze manquaient un peu d'entraînement. Bien sûr, ils avaient tous senti le réveil de la cosmoénergie de Doko et l'incroyable déchaînement d'énergie provoqué par le Stardust Revolution. Mû, elle, avait senti aussi le cosmos de sa fille s'enflammer énormément, puis s'éteindre... mais elle le sentait encore faiblement, Athéna devait être vivante, faible mais vivante. La déesse avait été défendue par les petits... Elle avait bien reconnu sa propre attaque, comment sa fille, seule et sans armure, avait-elle réussi à déclencher le Stardust Revolution ? Elle avait senti nettement que Sion ne l'avait que très peu aidé, drainé par ses attaques marines. De plus, elle n'avait vu cette attaque qu'une fois... Se pouvait-il qu'Athéna ait découvert, en forçant son cosmos pour protéger la déesse, le septième sens ?

Mais il lui fallut se concentrer sur son combat... en désespoir de cause, elle déclencha son attaque la plus puissante, la Star Light Extinction... Une partie de sa maison vola en éclats, mais le général fut vaincu. Aussi tenaillée par l'angoisse qu'elle fût, Mû devait rester devant sa maison, à la défendre, mais elle se retourna cependant. Ce qu'elle voyait tenait de l'apocalypse... Des éclairs sortaient de toutes les maisons, attestant des furieux combats qui y régnaient. En haut, la salle d'Athéna... Elle serra les poings, façon qu'elle avait de se rappeler à l'ordre, et attendit les bras croisés devant sa maison.

Le général que Mû avait vaincu se nommait Maïa de Crêta, mais il en restait encore onze... Aldébaran continuait de se battre contre le chevalier Nessos de Thaura, mais il avait toutes les peines du monde à le vaincre. Mais un coup de la Corne du Taureau l'envoya voler dans le mur...

A la maison des Gémeaux, Canon avait usé de la Galaxian Explosion contre son adversaire, le général Idas d'Aibieos, puis l'avait envoyé dans une autre dimension... mais vint alors dans le combat le frère jumeau d'Idas, Lyncée d'Aibieos... Avec une sueur froide, Canon jugea la situation un peu critique, mais il pensa que, portant l'armure héritée de son frère, il devait se montrer à la hauteur...

A la maison du Cancer, Ikki du Phénix était encore en train de se battre contre son adversaire, le général Hippodamos de Keidemos, qui disposait d'une arme redoutable: un fouet métaphasique, capable de tuer son adversaire par simple contact après lui avoir envoyé dans le corps une décharge de douleur prodigieuse...

A la maison du Lion, Aiolia luttait encore, blessé, contre le général Eole des Boréades, qui disposait entre autres chose du contrôle du vent du nord... l'issue du combat était indécise...

A la maison de la Vierge, Shaka avait déjà paralysé son adversaire, le général Iris de Xantheios, un mince jeune homme presque éthéré, en usant du Trésor du Ciel, son attaque favorite... Ce n'était plus qu'une question de temps... mais malheureusement pour Shaka, le Trésor du Ciel fut sans effet sur le général... Alors Shaka résolut de passer à une attaque plus forte... son cosmos doré nimba toute sa maison...

A la maison de la Balance, l'attaque des Cent Dragons de Rozan avait déjà fait son oeuvre, volatilisant une partie de la maison... l'issue était indécise là-bas aussi... Doko de la Balance faisait face au général Céléos des Danaïdes, un molosse hérissé de pointes... s'il n'y prenait pas garde, il serait comme un tigre face à un grizzly en colère, et même sa grande expérience ne le sauverait pas dans ce cas... Il pensa alors à son petit-fils, Doko, eut un petit sourire de fierté, et attaqua Céléos...

Milo, dans la maison du Scorpion, était en mauvaise posture face à son adversaire, le général Sineos du Psychopompe, qui l'avait emprisonné dans une maille si fine qu'il ne pouvait la voir, mais qui lui coupait la peau à chaque mouvement qu'il faisait ('les filets du psychopompe')... Il perdait son sang, et essayait par tous les moyens de se libérer...

A la maison du Sagittaire, la flèche du Sagittaire venait de ricocher une fois de plus sur le bouclier d'énergie du général d'Hermès Atylion du Cyllène... Il le générait à l'aide d'un bracelet adapté sur son armure et qui canalisait son énergie. Seiya était en mauvaise posture...

A la maison du Capricorne, Shiryu venait de déchaîner la fureur du Dragon contre son adversaire, le général Alexandros de Bactriane, à l'armure d'inspiration perse... le toit de la maison vola en éclats.

La maison du Verseau voyait un combat homérique, chaleur extrême contre zéro absolu... le chevalier opposé à Hyoga était un chevalier du désert, Amenhotep d'Hermopolis, et il était capable de générer des températures brûlantes, qui menacaient même l'Aurora Execution, pourtant basée sur le Zéro Absolu...

Dans la maison des Poissons, Shun combattait lui aussi avec courage son adversaire, le général Apollonios de Piéride, et venait de le mettre à terre une troisième fois...

Dans la salle d'Athéna, la petite Athéna avait repris conscience, mais elle referma les yeux presque aussitôt, épuisée. Sion s'appuyait à un mur pour ne pas tomber, Doko était en méditation profonde, ainsi que Shaka. Saori réfléchissait, son étincelle de cosmos s'était révélée... Quant à Camus, lui aussi fatigué car il avait réussi à atteindre -20, il fermait les yeux, et remerciait en pensée son père et Camus du Verseau... Tous essayaient de refaire leurs forces pour l'affrontement final...

La déesse se concentrait, aidant ses combattants de sa cosmoénergie. Elle sentait les cosmos des assaillants s'éteindre les uns après les autres... et au milieu de ce maelström d'énergie, une petite étincelle: l'inquiétude maternelle de Mû, et des autres chevaliers. Elle les apaisa, les petits étaient vivants...

Shiryu venait de vaincre son adversaire, et prit le temps, malgré ses blessures, de réfléchir quelques minutes... Il avait senti l'armure du Dragon s'activer, et, quelques instants plus tard, un cosmos se réveiller, qu'il avait identifié clairement comme venant de son fils aîné. Ainsi Doko venait de s'éveiller à son cosmos, à neuf ans seulement... Il faut dire que, vu ses ascendances, il avait tout pour être précoce... Mais il n'avait pas le temps de réfléchir à cela, il devait garder la maison du Capricorne... pour l'âme de Shura.

Hyoga, lui, était encore en train de se battre avec Amenhotep d'Hermopolis, et avait senti le surpassement de son fils aîné... il sentait aussi son épuisement, Camus avait poussé ses limites un peu loin... S'il continuait ainsi, son cosmos se réveillerait bientôt. La seconde génération de chevaliers serait donc plus précoce que la première.

Un rayon frappa Seiya dans sa cosmoénergie alors qu'il achevait son combat... Saori avait senti son étincelle de cosmos... Elle aurait besoin d'entraînement, mais elle ferait à terme un excellent chevalier, si d'aventure elle décidait de le devenir.

Mais le plus surpris était Ikki. Bien qu'il s'interdît tout sentiment pendant ses combats, il avait nettement senti les pouvoirs de son fils aîné. Shaka ne lui en avait jamais parlé, et il les lui avait bien caché... il faudrait qu'il ait une discussion avec Shaka de la Vierge... s'il sortait vivant de cette affaire !

L'écho des combats atteignit l'ensemble de pièces où vivaient les 'défunts' chevaliers d'or. Ils ressentaient profondément ce qui se passait au dessus... Saga dit:

Il faut que nous allions les aider... nous ne pouvons pas rester là, à rien faire !

Malgré les réserves de certains, la décision de rentrer dans la bataille fut prise... pour ça, il fallait faire les choses dans les règles: commencer par la première Maison.

Quand ils arrivèrent devant la Maison du Bélier, Mû écarquilla les yeux et se mit sur la défensive:

Ah non ! dites-moi que je rêve ! Vous êtes des spectres ! Pas encore ! Je ne me ferai pas avoir deux fois !

Saga sourit:

Oh non, pas du tout... nous sommes aussi vivants que toi... Nous venons vous aider, et nous expliquerons tout plus tard... il faut gagner au plus vite nos Maisons... Fais confiance à ton intuition, tu es celui qui l'a au niveau le plus dévellopé...

Il lui tendit la main, et elle le toucha en disant:

Mais c'est vrai, cette fois ce n'est pas un cauchemar... vite, vite, montez !

Aldébaran eut la même réaction, mais finit lui aussi par se faire convaincre...

Saga s'arrêta à la maison des Gémeaux... Il vit son frère Canon se battre avec son adversaire, qui avait résisté à la Galaxian Explosion... Puis il se manifesta, et dit:

Tu t'y prends mal, Canon... .

L'autre resta là, la mâchoire pendante, et dit:

Sa... Saga... Ce n'est pas possible !

-Si, ça l'est... je suis aussi vivant que toi. Je t'expliquerai... Unissons nos forces pour l'instant...

En tout cas, il remarqua que l'armure allait comme un gant à son frère.

Les deux jumeaux des Gémeaux se regardèrent, et dirent au même moment:

Galaxian Explosion !

Le toit de la maison des Gémeaux vola en éclat...

Masque-de-Mort entra dans sa maison, et interpella Ikki... Celui-ci vit les autres avec lui, et se mit en garde contre lui:

Bande de spectres ! vous ne passerez pas !

Masque-de-Mort fit alors une chose assez extraordinaire pour qui le connaissait: il s'entailla le bras pour lui prouver qu'il était vivant, alors que d'ordinaire il aurait tout bonnement expédié le gêneur dans l'autre monde. Alors ils partirent en avant, laissant le chevalier d'or du Cancer derrière eux...

Celui-ci regarda Ikki, et dit:

Tu es épuisé, laisse-moi faire...

Les Cercles d'Hadès eurent raison du général d'Hermès au Fouet métaphasique...

La première chose que virent les chevaliers d'or restants en entrant dans la maison du Lion fut Aiolia, couvert de sang, un genou à terre... Aioros se précipita :

Mon frère !

Aiolia releva la tête, et dit :

Non, ce n'est pas possible, tu es un fantôme !

Aioros sourit malgré la situation :

Non, je suis bien vivant, petit frère...

Les yeux d'Aiolia s'embuèrent à la révélation de la survie de son frère aîné, mais il dit :

Je dois me relever, je dois combattre... je dois rêver, c'est dû à la perte de sang !

Alors Aioros dit :

Hades n'est plus, tu le sais... allons, rappelle-toi, quand nous étions petits, je te racontais souvent des histoires incroyables, mais tu les croyais toujours...

Alors Aiolia envisagea la possibilité que c'était vraiment son frère... Il dit :

Va, va, les combats continuent là-haut ! Essaie de survivre cette fois...

Aioros sourit à son jeune frère, et emboîta le pas à Shura, Camus et Aphrodite... Aiolia se releva, et, comme son adversaire se relevait lui aussi, lui décocha le coup final, aiguillonné par la révélation incroyable de la résurrection de son frère ... puis il se redressa, et rit en regardant les étoiles par un trou dans le toit de sa Maison...

La nouvelle de la survie des chevaliers d'or 'défunts' se répandit parmi les chevaliers d'or 'survivants', Shaka ne s'opposa pas à leur passage, Doko non plus, ces deux chevaliers n'ayant aucun doute sur la véracité de leurs dires, et Milo, bien qu'il fût lui aussi incrédule, les laissa passer. Il faut dire qu'il n'était plus en état de combattre, il gisait à terre quand ils arrivèrent, il avait usé ses dernières forces pour administrer Antarès à son adversaire. Camus le releva, lui posa la tête sur ses genoux et dit :

Mon vieil ami... ne meurs surtout pas, pas maintenant...

Milo ouvrit les yeux, et dit faiblement :

Je ne voulais pas le croire... mais tu n'es pas un spectre... je peux te toucher !

Camus reposa la tête de son ami au sol, et dit :

Je te vengerai, je te le jure... repose-toi maintenant, on est là...

Milo referma les yeux, et Shura, Camus, Aphrodite et Aioros reprirent leur route. La Maison suivante était celle du Sagittaire. Seiya y faisait toujours face à son adversaire, qui n'avait pas l'intention de mourir, il semblait. Il bandait son arc quand il entendit une voix lui dire :

Laisse-moi faire...

Il se retourna, et vit alors ce jeune homme qu'il n'avait jamais vu mais qu'il lui semblait vraiment bien connaître, ainsi que trois silhouettes, qui elles lui étaient connues, qui couraient vers la sortie de la Maison... la seule solution logique était qu'il s'agissait d'...

Aioros ! ce n'est pas possible !

Aioros sourit, de ce sourire doux qui était le sien, et dit :

Enchanté de te connaître, Seiya... même si nous nous connaissons depuis très longtemps en fait...

Seiya se reprit vite, et dit :

Comment se fait-il que tu sois vivant ?

-Je t'expliquerai plus tard, nous devons vaincre cet homme en face de nous... je ne suis pas un spectre, rassure-toi...

Il s'entailla le bout du doigt... alors Seiya le crut, il crut cet homme qui lui avait sauvé la vie tant de fois. Aioros prit l'arc dans sa main, et son cosmos doré le nimba, que Seiya reconnut immédiatement. Il banda l'arc, et dit à Atylion :

Que la flèche de la Justice te transperce, toi qui as osé t'attaquer à Athéna !

La flèche partit fermement, et, dans un éclat de lumière, Atylion du Cyllène disparut. Alors Seiya s'écroula sur ses genoux, et Aioros l'allongea en disant :

Repose-toi maintenant...

Seiya considéra ce jeune homme qui avait donc son âge bien qu'il fût mort vingt-sept ans auparavant, et sourit...

Shiryu se retourna à l'entrée de Shura :

Je ne voulais pas le croire... Mais tu es vivant...

-Oui... alors, tu n'en as pas encore fini ?

Comme d'habitude, Shura était un peu brusque avec lui... Mais Shiryu répondit :

Presque... encore quelques minutes et je suis à toi...

Il avait pris de l'assurance en quelques années... il avait mûri aussi. Son adversaire résista malheureusement à la Colère du Dragon... Alors Shura intervint, voyant que la prochaine fois lui serait fatale parce qu'il était trop affaibli, et, d'un coup de sa Jumping Stone, envoya l'adversaire à terre définitivement. Shiryu dit faiblement, en tombant assis :

Je m'en serais bien sorti tout seul...

-Voir ton sang répandu sur le sol de ma Maison... non merci, vraiment ! Je sais que ce serait arrivé la prochaine fois que tu aurais tenté ton attaque... c'est bien le moins que je te sauve la vie, non ? je te dois beaucoup...

Mais il ne s'étendit pas, il n'était pas expansif de nature...

Camus entra avec une drôle d'impression dans sa Maison, et, alors qu'Aphrodite continuait sur sa lancée, il se dirigea vers son disciple... une chaleur presque insoutenable régnait dans la Maison.

Hyoga se retourna, et manqua s'évanouir...

Maître Camus ! Ce... ce ... ce n'est pas possible !

Camus resta là, et dit :

Ce n'est pas le moment ! allons, ressaisis-toi... !

Et pour bien prouver qu'il était vivant, il lui assena une vigoureuse tape sur le bras. Puis il lui dit :

Je t'expliquerai tout plus tard...

Alors Hyoga reprit ses esprits, et se prépara à faire l'Aurora Execution. Camus fit de même, avec une petite pincée de fierté pour son élève... l'armure ne lui allait pas mal. Les deux attaques simultanées eurent raison du général du désert...

Puis Hyoga, épuisé et blessé, tomba à genoux, et Camus le récupéra. Il leva un doigt en disant :

Ah non, pas de larmes, hein ?

Mais il ne put non plus s'empêcher d'en laisser échapper une, qui glissa sur sa joue, et il en vit une couler des yeux bleu délavé de son ancien disciple...

Aphrodite entra dans sa Maison en se disant tout d'abord que l'entretien de ses roseraies n'avait pas dû être très bien fait, mais il se reprit vite en disant que ce n'était pas le moment de penser à de telles choses. Il courut vers le lieu du combat...

Shun l'entendit arriver, et se retourna :

Eh bien ça c'est une surprise... je ne voulais pas croire cette rumeur...

Shun saignait de la tête, une partie de son armure avait volé en éclats. Mais il tenait encore debout. Malgré la souffrance, ses yeux verts exprimaient encore un certain amusement à voir son ancien adversaire soudainement reparaître. Mais son adversaire se releva encore...

Shun, qui avait un genou à terre, se releva et chancela légèrement. Alors Aphrodite résolut d'agir...

Une pluie de roses vint s'abattre sur leur adversaire, qui finit par tomber. Shun tomba à genoux...

Aphrodite croisa les bras :

Assieds-toi quelques minutes...

Et il sourit. Puis il lui dit :

L'armure te va bien, en fait...

Shun sourit : il n'y avait pas de doutes, il s'agissait bien d'Aphrodite, toujours enclin à remarquer ce genre de détails...

* * *

Pendant tout ce temps, dans la salle d'Athéna...

Athéna la petite finit par ouvrir les yeux un peu plus longtemps, et vit son jumeau à côté d'elle. La déesse, quand elle le vit, vint et se pencha sur elle:

"C'était fou ce que tu as fait là... tu aurais pu mourir... "

La petite fille sembla se rappeler quelque chose, et demanda d'une voix faible:

"Les généraux ?

-Tu les as vaincus... Je me demande encore où tu as puisé la force de faire cette attaque... "

Athéna ne dit rien, mais des bribes de son combat lui revinrent soudain à l'esprit... Oui, c'était cela... c'était ce que sa mère avait appelé le septième sens... sa colère lui avait permis de le découvrir... elle s'était aussi souvenue d'une chose que lui avait dite Shaka autrefois, comme quoi se priver d'un sens concentrait et augmentait le cosmos. Sa sensibilité était affectée par les attaques des généraux, là était sans doute la clé.

Elle se tourna lentement vers son jumeau, et dit:

"Sion, j'ai la clé du septième sens... "

Il ouvrit des yeux ronds:

" Quoi ?

-Oui... Ma colère, plus la perte de sensibilité due à mes blessures... Cela a concentré et augmenté mon cosmos, comme me l'avait dit Shaka une fois quand j'étais petite... "

Sion resta rêveur:

"Tu as eu de la chance, tu aurais pu être broyée... Mais si c'est bien le septième sens, alors tu es aussi puissante que notre mère désormais... "

Les autres enfants avaient écouté la conversation, et restaient ébahis en entendant la conclusion de Sion. Mais la déesse intervint:

"Non, elle est loin d'être aussi puissante qu'un chevalier d'or... elle ne le contrôle pas encore, la situation a favorisé l'éclosion de son septième sens, mais elle mettra encore quelques années à le contrôler... Vous, les jumeaux, êtes encore au stade de l'entraînement, cela fait maintenant presque quatre ans que vous vous êtes éveillés à votre cosmos, et vous n'en contrôlez encore qu'une infime partie... Soyez patients... "

L'enfant était trop faible pour se lever, et Sion, trop faible lui aussi, ne pouvait la télékinéser ni la téléporter. Athéna referma les yeux, et la déesse, toujours nimbée de son aura, se rassit sur son trône. Elle se concentra sur les combats... Tous les anciens chevaliers d'or avaient repris place dans leurs Maisons, elle savait qu'ils ne resteraient pas sans rien faire face à une menace pareille... Tous leurs adversaires avaient perdu la vie, ou presque... Hermès avait perdu, du moins il semblait. Mais, à ce moment, vingt enfants nimbés de vert apparurent dans la salle. Ils portaient une armure couleur fumée...

Shaka, bien que ses forces n'aient pas eu le temps de se reconstituer, forma immédiatement un bouclier protecteur autour du trône de la déesse, elle l'aida de son énergie. Sion, avec ses dernières forces, y porta sa soeur inconsciente. Doko ouvrit les yeux, et dit:

"C'est à moi maintenant de vous défendre... "

Mais Sion s'interposa:

"Non, ne fais rien, ton cosmos est en éveil, il va graduellement augmenter, mais tu ne le contrôles pas... Athéna et moi avons mis trois ans à avoir un contrôle partiel... "

Personne ne faisait attention à Camus, assis derrière. Il se concentrait afin de pouvoir regagner ses forces. Il se souvenait des leçons de son père, qui lui expliquait le mécanisme de glaciation, qu'il fallait arrêter le mouvement des atomes... Il fallait qu'il parvienne à maîtriser cela, il le pouvait, il le savait...

Il ouvrit les yeux, et interpella Sion:

"Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

-Moi rien, malheureusement... ou pas grand'chose... Shaka fait ce qu'il peut... "

Saori intervint:

"Unissons nos forces cosmiques... On parviendra bien à produire quelque chose, non ? En plus, toi, Sion, tu sais lancer l'énergie... "

Il n'était plus temps de se préoccuper de l'éveil du cosmos de Doko, il fallait faire quelque chose... Il se concentrèrent tous, et une aura les nimba, celle de Sion et celle de Doko.

Camus se concentra, visualisa ce que son père lui avait dit... et entendit une voix qu'il ne connaissait pas lui dire:

"Tu dois t'éveiller toi aussi, c'est le seul moyen de les vaincre... Tu as cette énergie en toi, je le sais, alors sois digne de ton père... "

Il prit une grande inspiration, et se concentra profondément, le plus profondément qu'il le put, pour trouver son étincelle de cosmos et l'allumer. Les autres dirent:

"Mais... qu'est-ce qu'il fait ?"

Sion hocha la tête:

"Je sais ce qu'il fait, il cherche à s'éveiller... Laissons-lui quelques minutes... "

Les enfants attaquaient, mais leurs coups ricochaient encore sur le bouclier de Shaka. Au bout des quelques minutes demandées, Camus n'était parvenu à aucun résultat... Il dit cependant, rouvrant les yeux:

"Faisons-le, maintenant... "

Mais la colère était en lui... il n'était pas digne de son père, il n'était pas capable de s'éveiller lui aussi ! Il ferma les yeux, et lança sa tempête de neige de toute la force de sa colère. Avec un hurlement de rage, il tendit sa main et chercha à l'envoyer sur les assaillants. Cela ne marcha pas, et il tenta une deuxième fois, rageusement, avec des larmes dans les yeux.

Soudain, quelque chose se déclencha en lui, et une aura blanche le nimba. Sion lui dit:

"Ca y est, ton cosmos est éveillé !"

Tous se concentrèrent, et envoyèrent par l'intermédiaire de Sion une vague d'énergie sur leurs assaillants. Un certain nombre allèrent voler en arrière... mais cela ne suffit pas. Alors Sion prit sa décision...

Sion se redressa, et dit aux autres:

"Reculez-vous... "

Les trois autres dirent:

"Pourquoi ?

-Le pouvoir de Poséidon, empereur des Sept Mers est en moi... Pas tout, une infime partie, mais j'y ai accès, il est indépendant de ma cosmoénergie... Sorrente m'a appris son existence et son contrôle partiel, et je crois que le moment est venu de m'en servir... "

Il ferma les yeux, et une aura différente, bleu clair, le nimba. Un trident apparut derrière lui... et il se rappella des paroles de Sorrente, il savait clairement qu'il risquait sa vie en le faisant sans vraiment le maîtriser... Il se retourna vers le trône:

"Déesse Athéna, je vais utiliser dans votre temple la force de votre plus mortel ennemi... je vous demande de me pardonner... C'est de ça que vous aviez peur quand je suis né, et vous aviez raison, je l'avais en moi... "

La déesse lui répondit:

"Non, Sion, ne fais pas ça... tu n'y survivras pas ! Tu es trop faible...

-Si, justement... Je suis né avec, il fait partie de moi, ce qui me protège de ses effets... "

Une petite aura bleue nimba Athéna, toujours inconsciente... une part de Poséidon était en elle aussi...

Un raz de marée se forma derrière Sion, et celui-ci le libéra avec un hurlement. Une masse d'énergie énorme s'abattit sur les assaillants, les dispersant comme un fétu de paille... Sion chancela, mais resta debout... Il se retourna vers la déesse:

"Je suis désolé... vous aviez confiance en moi, et je ne vous ai jamais parlé de cela... "

Et il baissa la tête... La déesse lui dit:

"Cela devait arriver... mais tu l'as utilisé pour défendre une juste cause... "

Comme si cela le rassurait, il tomba à terre... Camus se précipita, et dit:

"Il est inconscient... vivant mais drainé de toute énergie !"

Shaka cessa sa protection, épuisé, et chancela lui aussi avant de tomber... Ne restaient que Camus, Doko et Saori. Elle dit:

"Je ne peux pas m'éveiller, je n'ai pas d'entraînement... mais vous, vous pouvez vaincre... je vous soutiendrai... "

Certains des assaillants se relevaient, et Shaka ne pouvait plus assurer aucune protection, comme les jumeaux non plus... Les deux enfants restants ne savaient pas utiliser leurs cosmos... celui-ci irradiait d'eux sans contrôle...

Doko se tourna vers Camus:

"Mon père m'a dit une fois que le cosmos pouvait exploser, et fournir une énergie énorme... il faut essayer... "

Camus lui répondit:

"Mon oncle Alexer m'en a parlé... .mais nos corps ne résisteront pas... S'ils nous attaquent une fois, nous ne résisterons pas non plus... "

Ils savaient ce qu'ils risquaient, mais il décidèrent de le faire tout de même... Ils se concentrèrent pour augmenter leur cosmos et le faire exploser, même s'ils n'en avaient pas le contrôle. Une aide inattendue vint alors... les armures du Cygne et du Dragon sortirent de leurs urnes, et vinrent se placer, la première devant Camus, et l'autre devant Doko. Les enfants se regardèrent, et dirent:

"Elles veulent nous protéger... nos pères veulent nous protéger... "

Mais les chevaliers, occupés à garder leurs maisons, n'y étaient pour rien. Ils étaient occupés à lutter contre les hordes d'Hermès, qu'il avait envoyées après l'échec de ses généraux. Les armures agissaient de leur propre initiative... Les servants d'Hermès à aura vertes lancèrent leur attaque... les petits ne pouvaient pas l'éviter, et n'avaient pas les moyens de l'esquiver. Doko suivit son instinct, mit son bras

devant lui... et le bouclier du Dragon vint le recouvrir. Il se retrouva vêtu de l'armure de son père... Celle-ci était adaptable à la taille de son propriétaire, elle lui allait parfaitement.

Doko se recula, et concentra son cosmos... le rayon qu'il lança alla frapper l'un des assaillants...

Au moment où Camus allait tomber, il fit un cercle de glace autour de lui, mais cela ne le protégea pas... Le bouclier du Cygne recouvrit alors son bras, et dévia l'attaque. A son grand étonnement, il découvrit que l'armure du Cygne le recouvrait. Il lança un rayon de glace, c'était tout ce qu'il savait faire instinctivement...

Les deux se réunirent, et allèrent frapper leurs adversaires de plein fouet... Ceux-ci leur dirent en ricanant:

"Ce n'est que ça, la force des chevaliers d'Athéna ? Sans votre camarade à la force de Poséidon, vous n'êtes rien !... "

Les deux enfants se redressèrent, et résolurent de faire un petit mensonge afin de gagner du temps... Camus dit d'une voix forte:

"Je suis Camus du Cygne, Camus du signe du Verseau me protège ! je vous vaincrai !"

Il poussa son cosmos à l'extrême, et projeta des aiguilles de glace meurtrières... Plusieurs de ses adversaires furent transpercés de part en part.

Doko se redressa lui aussi, et dit:

"Je suis Doko du Dragon, et vous allez connaître ma fureur ! Doko du signe de la Balance me protège !"

Il canalisa sa colère, et lança un gros rayon d'énergie qui vint heurter de plein fouet ses assaillants. Il n'en restait plus, ils étaient tous morts...

Les deux apprentis chevaliers étaient épuisés, mais les armures ne les quittèrent pas... Souriant, ils se tournèrent vers la déesse Athéna, et celle-ci leur dit:

"Les armures vous ont protégés, elles vous ont reconnu... "

C'est à ce moment-là que Sion reprit conscience, et vit ses deux congénères revêtus des armures. Il sourit:

"Eh bien, je tourne le dos deux minutes et vous n'en faites qu'à votre tête !"

Saori, elle, soignait Shaka et Athéna, toujours inconscients. Mais le dieu Hermès lui-même apparut face à eux... Athéna lui dit:

"Tu as perdu, Hermès... Vois, mes chevaliers me défendront jusqu'à la mort !"

Hermès rit doucement:

"Regarde-les, ils ne tiennent plus debout... ce sont des enfants, même avec la puissance de Poséidon dont dispose l'un d'entre eux tu ne pourras me vaincre... Ils viennent juste de s'éveiller, ils ne se contrôlent pas... "

Hermès était un dieu, après tout... Un rayon se forma au bout de son doigt, visant Athéna, mais... ricocha sur le bouclier du Dragon tenu par Doko... Le recul le fit buter sur les marches du trône. Il dit:

"Nous la défendrons, comme nos parents le font et l'ont toujours fait... "

Camus le rejoignit, et s'interposa lui aussi. Leur cosmos irradiait hors d'eux, formant une barrière. Saori s'interposa elle aussi... Sion se leva, chancelant:

"Je ne te laisserai pas toucher à Athéna... S'il le faut je déchaînerai la fureur des océans !"

Hermès rit:

"Tu ne disposes pas de ce pouvoir, et tu le sais... Poséidon était affaibli quand il t'a conçu... De toute façon, tu es trop faible pour faire quoi que ce soit... "

Hermès visa Sion, sans protection... mais retint son coup en voyant que l'armure de Poséidon venait de s'interposer. Elle revêtit Sion pour le protéger.

La plus grande confusion se mit à règner dans la grande salle, les urnes des armures s'ouvrirent et prirent vie toutes seules. Celle du Phénix recouvrit Shaka, celle de Pégase Saori... Athéna, quant à elle, reçut une armure que seule la déesse reconnut: elle avait appartenu à Canon autrefois, alors qu'il nourissait de sombres rêves de domination mondiale par l'intermédiaire de Poséidon, et c'était celle du Dragon des Mers. Poséidon, ou Canon, on ne sut, voulait protéger la petite fille inconsciente.

Tous les enfants avaient donc une protection. Sion tint son trident à bout de bras, suivant son instinct, mais, comme il ne disposait pas du pouvoir de destruction illimité de Poséidon, rien n'en sortit.

Hermès lança alors une boule de feu sur la déesse Athéna, privée de toute protection... Sion, qui disposait de la protection la plus couvrante, sauta et l'intercepta. Il vola en l'air, et retomba lourdement. Mais il se releva. Hermès lui dit:

"Tu n'es qu'un enfant, je peux te tuer facilement...

Sion resta debout, le trident en main, fièrement... Il ne céderait pas, même drainé il combattrait.

* * *

Les Maisons, au même moment...

Ikki sentit son armure s'activer... et les pouvoirs de son fils décroître. Masque-de-Mort le regarda, tout en finissant de battre les derniers soldats d'Hermès :

Tu ne te concentre pas... un souci ?

-Pas vraiment... mon fils est là-haut, avec la déesse, et mon armure vient de s'activer... elle l'a recouvert...

Masque-de-Mort éclata franchement de rire :

Tu as un fils, toi ? le solitaire coupé du monde ?

-Eh bien oui, je me suis marié, il n'y a rien d'étonnant à ça... mon fils, Shaka, a sept ans maintenant...

-Shaka, en plus ? Shaka de la vierge est son parrain ?

-Oui, et je viens de m'apercevoir que mon fils a un potentiel énorme et qu'il a commencé à lui apprendre des choses...

Masque-de-Mort rit plus fort... Alors Ikki, vexé, lui dit :

C'est ça, ris...

Mais Masque-de-Mort s'arrêta :

Je comprends ton angoisse... mais je ne m'en fais pas, si Shaka lui a appris des choses, il s'en sortira... fais-moi confiance, je connais Shaka depuis très longtemps, plus longtemps que toi...

Et Ikki acquiesca...

Seiya, en train de terminer sa bataille en compagnie d'Aioros, sentit lui aussi son armure s'activer et l'étincelle de sa fille aînée... Aioros se retourna :

Tu as l'air ailleurs...

-J'ai senti mon armure s'activer... Ma fille est là-haut...

-Avec Athéna ?

-Oui...

-Tu as une fille ?

-Tu sais, je me suis marié, et j'ai deux enfants, Saori, l'aînée, est là-haut, son frère plus jeune, qui porte ton nom d'ailleurs, est avec mon épouse...

Aioros sourit :

Je suis flatté... Mais rassure-toi, si la déesse est avec elle, elle ne risque rien... avec un peu de chance, elle s'éveillera elle aussi, comme ses camarades

Il tentait lui aussi de se convaincre de ça...

Shiryu s'arrêta... et sentit que son armure s'était une fois de plus activée. Le cosmos de son fils était encore là... il comprit ce que cela signifiait, Doko devait actuellement porter son armure...

Malgré la situation critique, il sourit... et mit à terre son adversaire. Shura frappa lui aussi, et dit :

Qu'est-ce qui te fait sourire ?

Il ne restait plus de membres des hordes d'Hermès dans la Maison, et Shiryu se redressa en disant :

Tu n'as pas senti ?

-Quoi ?

-Mon armure s'activer...

-Toute seule ? je sais qu'elle le peut, mais...

Shura ne comprenait pas. Alors Shiryu, rempli de fierté paternelle, lui dit :

Mon fils aîné est là-haut... son cosmos vient de se réveiller, et mon armure le recouvre.

Shura ouvrit de grands yeux :

Tu es père, toi ?

-Tu sais, dix ans ont passé... je me suis retiré de la chevalerie, et je me suis marié, en fait... J'ai deux enfants, Doko, qui a presque neuf ans, et Shura, qui a trois ans...

Shura sourit :

Eh bien, tu n'as pas perdu ton temps, hein ? je suis flatté... ton fils est là-haut, avec la déesse... et tu n'es pas inquiet ?

-Oh si, mais la déesse est avec lui... je sais qu'elle les défendra...

Shura acquiesca fortement...

Hyoga se retourna, et frappa son dernier adversaire... Son armure s'était activée, et il sentait le cosmos de son fils aîné... Lui aussi était éveillé maintenant. Mais il le sentait quelque peu perdre pied..

Camus retomba sur ses jambes, et vit le pli de souci de son ancien élève :

Tu t'inquiètes pour Athéna ?

-Non... enfin si, mais mon fils aîné est là-haut, avec elle... il vient de s'éveiller, et mon armure l'a recouvert...

Camus acquiesca... il avait senti les doutes de ce petit garçon qui lui avait paru proche, et l'avait aidé... alors il était le fils de Hyoga ?

Il demanda :

Tu as un fils ?

-Oui, je suis marié maintenant... mon fils aîné porte votre nom... il a huit ans...

Camus sourit : ce petit garçon lui semblait vraiment proche, maintenant il savait pourquoi... Hyoga reprit :

J'ai un second fils, Isaak, qui a quatre ans...

Alors Camus sourit plus franchement, et ses yeux bleus brillèrent. Il dit à son ancien disciple:

Je te félicite... en fait, ton fils aîné avait des doutes, il n'arrivait pas à s'éveiller... je ne sais pourquoi, je l'ai senti et je l'ai plus ou moins aidé...

Hyoga sourit lui aussi:

Alors lui aussi aura bénéficié de votre enseignement... Camus est un garçon courageux lui aussi, je suis sûr qu'il va s'en sortir...

Camus vit tout de suite l'inquiétude de son disciple, et acquiesca fermement...

Les deux jumeaux Gémeaux, eux, sentaient avec un peu moins de précision ce qui se passait en haut. Canon dit:

Il se passa vraiment de drôle de choses, là-haut...

Il sentait encore le cosmos des jumeaux, mais celui d'Athena était très faible... Par contre, celui de Sion avait changé de nature, sublimé par quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Saga lui dit:

Tu as l'air inquiet...

-J'ai... des personnes chères... là-haut... c'est leur premier combat...

Alors Saga comprit, et dit:

Les jumeaux de Mû sont là-haut ?

Canon ouvrit de grands yeux:

Mais... tu es au courant ?

-Ils ont découvert notre retraite il y a quelques jours... ils sont absolument phénoménaux...

-C'est vrai... tu sais, je connais Athena, l'aînée, depuis sa naissance, Sion à partir de ses six ans, et je peux te dire qu'ils feront de grandes choses...

Saga sourit en imaginant son frère, toujours consumé d'ambition, penché au dessus d'un berceau en train de faire des mines à un bébé... mais Canon semblait vraiment changé, plus calme. Etait-ce le port de l'armure des Gémeaux qui l'avait changé à ce point ? De plus, lui qui n'avait jamais eu aucune attache, il semblait vraiment tenir à ces enfants. Saga regarda mieux les yeux bleus de son frère, il n'y avait plus aucune haine, seulement un peu d'inquiétude...

Canon était inquiet pour les jumeaux, c'était leur premier combat, et ils n'avaient étudié que peu de techniques de combats, l'effort s'étant porté jusque là plutôt sur le contrôle de leur cosmos et de leurs pouvoirs. Mais, vu qu'ils étaient dotés du fort caractère et de la ténacité de leur mère, il ne se faisait pas trop de souci pour eux. Il sentait aussi tous les changements, les éveils de cosmos et les armures qui s'activaient. Sortirait de cette bataille une nouvelle génération de chevaliers, sans aucun doute...

Sion serra fortement le trident de l'armure, et interpella directement Hermès:

Comme tu le vois, mon père veut me protéger... le temps de la guerre avec Athéna est terminé...

Athéna reprit conscience à ce moment-là, regarda son armure et dit:

Je crois que mon père est intervenu...

Saori l'aida à se relever. Athena ne sentait presque pas le poids des écailles sur elle, et en déduit que le peu de capacités marines qu'elle avait l'aidait à la supporter. Elle se tint debout, et regarda elle aussi fièrement Hermès:

Je ne suis pas battue non plus, Hermès...

Hermès lui rit au nez:

Et que veux-tu faire dans l'extrême faiblesse où tu te trouves ? tu tiens à peine debout...

Les autres qui portaient une armure se rapprochèrent, mais Athena leur barra la route:

Non, ne faites rien... même votre armure ne pourrait pas vous protéger...

Sion se tourna vers sa soeur... la situation était très serrée. La déesse ne pouvait rien faire, son cosmos étant non offensif. Et Hermès avait vraiment envie d'en finir avec Athena...

L'irruption d'Hermès dans la salle d'Athena fut ressentie par tous, et surtout les chevaliers d'or. Les 'défunts' coururent alors vers la salle d'Athena, laissant les 'survivants' et les nouveaux garder leurs Maisons.

Le chemin n'avait pas changé, et ils grimpèrent le plus vite possible vers la salle...

Sion serra plus fort le trident de l'armure dans sa main, et réfléchit à grande vitesse... Ni sa soeur ni lui-même ne pouvaient plus rien faire, Shaka non plus, qui venait lui aussi péniblement de reprendre conscience. L'armure de son père le recouvrait, et il resta à genoux un petit moment, le temps de mieux en appréhender le poids. Quant aux deux autres, casqués et armurés, ils commençaient à donner des signes de fatigue certains, et leur cosmos fusait encore...

C'est alors que les chevaliers d'or 'défunts' firent irruption dans la pièce. Ce qu'ils virent les surprit... presque. Des enfants en armure de bronze... et Sion avec les écailles de Poséidon... puis ils virent Athena, elle aussi revêtue d'une écaille de mer.

Ce qu'ils ressentirent en rentrant dans la pièce, c'est une énorme lassitude. Sion, malgré la magnificence de son armure, était très pâle, il semblait même que c'était son trident qui l'aidait à tenir debout, et deux de ces enfants étaient en train d'être totalement drainés par le cosmos qui fusait hors d'eux. Il y avait donc urgence...

Masque-de-Mort serra les poings, et dit:

A nous maintenant...

Saga acquiesca... suivi par tous les autres. Ils coururent se mettre devant la déesse, et devant les enfants. Sion voulut protester, mais Shura le repoussa:

Reste-là, tu n'es plus en état de combattre... ni toi ni les autres d'ailleurs...

Il fit un sourire à Doko, qui ne comprit pas pourquoi... il n'y avait pas à dire, il ressemblait à son père... il en avait le courage également...

Camus poussa Athena la petite, qui protesta, mais pour la forme puisqu'elle tenait à peine debout. Il en profita pour jeter un regard à son homonyme, revêtu de l'armure du Cygne. Lui aussi chancelait sur ses jambes, mais il ne renonçait pas... il ressemblait lui aussi à son père, et il avait environ le même âge que lorsqu'il l'avait connu...

Les anciens chevaliers d'or formèrent un cordon autour du trône, et Hermès dit:

Mais... vous êtes tous morts !

Aioros lui répondit:

Je crois que la nouvelle de notre mort était quelque peu exagérée...

Hermès rit plus franchement:

Que comptez-vous faire ?

L'attitude des chevaliers d'or était une réponse en elle-même. Alors la déesse se leva, et son cosmos, se liant à celui de ses chevaliers d'or, irisa toute la pièce. Sion s'avança légèrement, toujours revêtu de l'armure de son père. Malgré sa petite taille, elle lui donnait une prestance supplémentaire. Mais il attendit de voir. Athena se plaça à son côté, et la lumière se refléta sur son armure...

A ce moment-là, tout le Sanctuaire fut baigné de cette lumière dorée, tous les autres chevaliers se concentrant autour d'Athéna. Le cosmos doré de Kiki, l'apprenti de Mû, se réveilla lui aussi, c'était la première fois que cela lui arrivait... Jusque-là, il n'avait que le cosmos induit par sa constellation, la Chevelure de Bérenice.

Les enfants de la salle d'Athéna ne furent pas sensibles à cela, sauf les jumeaux. Ce qu'il restait de son aura fusa hors de Sion, et Athena se retrouva vite environnée de son aura dorée-bleue.

Alors Hermès commença à hurler et à disparaître... au bout de quelques minutes, il ne fut plus qu'une traînée de lumière verte. Il réussit tout de même à dire avant de disparaître:

Je reviendrai !

Sion chancela, mais se retint à son trident. Quant aux autres, ils tombèrent face contre terre, complètement épuisés. Athena la petite, elle, tomba à genoux, une main au sol.

Sion leva la tête, dit seulement:

Merci, père...

Et tomba à genoux.

Ce qui suivit fut très flou. Les hordes d'Hermès vaincues, les autres chevaliers firent irruption dans la salle d'Athena, du moins ceux qui pouvaient marcher. Ils s'assurèrent de la santé de la déesse, puis chacun s'occupa de ses enfants...

Mû ouvrit de grands yeux en voyant ses jumeaux ainsi vêtus:

Il semblerait que votre père ait voulu vous venir en aide, mes petits...

Sion, un genou à terre, essaya de s'appuyer à son trident pour se relever:

Oui...

Et il tomba lui aussi à terre, suivi par sa soeur...

Les équipes médicales entrèrent à ce moment-là, et prirent en charge les blessés. Mû saignait de la tête, son casque avait volé dans la bataille, et partit donc avec les autres. Les armures présentes, à part des armures d'or, se reformèrent, et celles de Poséidon et du Dragon des Mers disparurent.

* * *

Bilans

Sion reprit conscience quelques heures plus tard... installé sur un lit dans l'infirmerie du Sanctuaire. Sa soeur était à côté de lui, elle dormait encore...

Un peu plus loin, Doko était installé lui aussi dans un lit, le dos appuyé contre deux oreillers, entre conscience et inconscience. Ses bras et son torse étaient bandés. Sa mère Shunrei était assise à côté de lui... Elle avait l'air triste, ce qui pouvait aisément se comprendre vu la situation. Elle avait espéré jusqu'au bout que son aîné ne prendrait pas le chemin de son père, qu'il aurait une vie normale... elle ne voulait pas revivre ses heures de peur, attendant que Shiryu revienne de ses combats... .s'il revenait. Elle avait tant prié pour lui ! Et maintenant il faudrait recommencer, pour son fils cette fois, pour la chair de sa chair...

Elle baissa les yeux sur sa petite fille assise sur ses genoux. Insouciante, Shura jouait avec sa natte... non, celle-ci ne serait pas une machine de guerre, elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour la préserver...

Un pas claudiquant se fit entendre dans le couloir, et Shiryu entra dans la pièce, appuyé sur une paire de béquilles. L'armure d'or l'avait bien protégé, il n'avait qu'une jambe cassée, et la marque d'anciennes cicatrices se voyait encore sur son torse. Shunrei le vit arriver, se leva, et lui dit:

Voilà, ça recommence... je ne voulais pas que tu l'entraînes, rappelle-toi ! et le voilà blessé, éveillé maintenant...

Elle était au bord des larmes, et en colère. Shiryu prit Shura dans sur un de ses bras, et dit à son épouse:

Tu sais bien que ce genre de chose ne se décide pas... je comprends ce que tu ressens, tu crois que je n'ai pas eu peur pendant la bataille, moi qui ressentais tout ? Il décidera lui-même...

Shunrei se calma un peu, et dit:

Je ne veux pas avoir à revivre ça, toutes ces heures d'attente, à prier pour toi, à ne pas savoir si tu reviendrais, je ne le supporterais pas à nouveau... je ne veux pas non plus perdre mon fils...

-Je te comprends plus que tu ne le penses... pendant que je combattais, tu étais toujours avec moi... tu seras avec Doko quand il combattras, tu l'aideras lui aussi comme tu m'as aidé autrefois...

Shura tira sur une mèche de cheveux de son père, qui lui sourit et lui ébourriffa les cheveux. Il la posa à terre, prit Shunrei dans ses bras et lui dit:

Doko sera un combattant de valeur, il l'a déjà prouvé... et puis tu es sa mère, non ?

Et il déposa un baiser sur son front...

A ce moment-là, Shura du Capricorne entra dans la chambre, et dit:

Je venais voir comment se portait le petit... mais je vois que tu n'as pas changé, Shiryu, et que tu ne peux pas tenir en place...

Shiryu sourit, et dit:

Toi non plus tu n'as pas changé, tu sais...

Shura salua poliment Shunrei... et Shiryu lui dit:

Je te présente mon épouse, Shunrei, et ma fille, Shura...

Shura observa avec un certain amusement la petite fille qui portait son nom... elle ressemblait à sa mère, même air décidé et même beauté fragile. Shura désigna Doko:

Comment va-t-il ?

-Il se repose, mais il s'en remettra...

Shura regarda l'enfant endormi... il serait lui aussi un excellent chevalier s'il avait le tiers de la volonté de son père, il avait déjà pu en juger. De toute façon il lui ressemblait déjà physiquement...

Dans la chambre d'à côté, le petit Camus était dans le même état, veillé lui aussi par sa mère Natassia. Il était conscient, et jouait avec son petit frère. A ce moment, Hyoga entra, suivi de Camus... Son bras gauche était en écharpe, et son torse était bandé, mais il pouvait marcher.

Le petit Camus jeta un regard au grand Camus, et son père dit:

Maître, voici mon fils Camus, ainsi que mon épouse Natassia et mon fils cadet Isaak...

Natassia sourit et le salua chaleureusement, et Isaak esquissa un timide bonjour. Mais Camus le petit objecta:

Mais... je ne comprends pas, tu m'avais dit qu'il était mort...

Camus sourit et dit à l'enfant:

En fait, oui et non... .mais je suis vivant maintenant, c'est ce qui compte, je crois...

Camus regarda l'enfant qui portait son nom, et lui fit un sourire. Déjà cet enfant blond lui était cher... il lui rappelait cet autre enfant blond qui avait lui avait été confié autrefois...

Il regarda le petit Isaak, et eut une pensée pour cet autre Isaak qui avait été son élève autrefois... si cet enfant avait autant de courage que lui, alors il deviendrait quelqu'un...

Dans la chambre suivante, Ikki, Esméralda et Shun étaient auprès du petit Shaka. Les deux chevaliers avaient tous deux beaucoup de bandages sur le torse et les bras, mais étaient vivants. Par contre, le petit Shaka était dans un état proche du coma...

Ikki disait à son frère:

J'étais loin de me douter des capacités du petit... ah, Shaka va m'entendre !

Justement, Shaka entrait... Vêtu à l'indienne, il ne portait aucune blessure apparente. Ikki le prit tout de suite à parti:

Quand tu apprends des choses à mon fils, tu es prié de me le dire !

Shaka laissa passer l'orage, salua Esmeralda très poliment, et demanda des nouvelles de la santé de Shun. Puis il regarda à nouveau Ikki avant de dire:

Ton fils a des capacités certaines... je compte en faire mon apprenti...

Ikki se calma et dit:

Alors... il sera chevalier de la Vierge après toi ?

-Oui, c'est ça... il en a le potentiel...

Esmeralda ne répondit rien, et se contenta de regarder son fils... Shaka sentit son appréhension, et il dit:

Vous n'avez aucune crainte à avoir, je veillerai sur lui... .

Il ouvrit les yeux, et Esméralda lut son engagement dans ses yeux bleu clair. Il continua:

Shaka a un potentiel énorme, il faut qu'il le dévellope...

Elle sourit, et dit:

Je te fais confiance... c'est sans arrière-pensée que je te confie mon fils...

Alors Shaka sourit franchement, et regarda l'enfant:

Il va s'en remettre, il m'a vraiment étonné...

La salle suivante était celle où se trouvait la petite Saori, accompagnée de son frère. Se trouvaient avec elle sa mère, son père assis dans un fauteuil et couvert de bandages, son petit frère Aioros... ainsi que Aioros lui-même. La petite fille était éveillée, et disait de façon bougonne:

Mais je me sens bien, moi, je n'ai pas combattu...

Et sa mère Miho lui répondait:

Mais tu as été blessée, Saori, tu le sais... tu dois te reposer...

La petite baissa la tête:

Mais je ne me suis pas éveillée...

Son père dit alors:

Tu as bien le temps, tu n'avais pas encore reçu d'entraînement...

Mais Miho n'était pas de cet avis, et dit d'un ton acide:

Tu es si pressée de te faire blesser ou même pire ?

Alors Seiya se leva, et prit son épouse par les épaules:

Je sais ce que tu en penses... mais Saori n'est pas encore éveillée, il se peut même qu'elle ne le fasse jamais... alors cesse de t'inquiéter...

Mais Miho pensait à tous ces combats où elle avait attendu, prié aussi... supporterait-elle encore de voir sa fille, devenue une fière amazone combattante, risquer sa vie dans des combats identiques ?

Elle baissa les yeux vers son dernier-né, Aioros, qui jouait tranquillement avec ses jouets, assis par terre. Deviendrait-il lui aussi un chevalier sacré, dans la lignée de son père et de son homonyme ?

Justement, Aioros n'avait encore rien dit, il regarda la petite fille, puis l'autre enfant et dit:

Devenir chevalier sacré nécessite une grande force mais surtout une grande abnégation... tu es au service de la déesse mais surtout au service de tes semblables... tu comprendras plus tard je pense, mais tu as fait preuve d'un grand courage là-haut... je te félicite...

Seiya regardait cet homme qu'il ne connaissait pas mais dont l'intervention avait de maintes et maintes fois décidé de la victoire... mais il avait si souvent porté son armure qu'il lui semblait le connaître très bien...

Pour l'instant, seuls les chevaliers d'or 'défunts' étaient valides, les autres étaient tous en train de se faire soigner. Mû avait un traumatisme crânien, et elle était tombée dans le coma peu après son arrivée à l'hôpital... on avait dû l'opérer en urgence, mais elle survivrait, grâce aux instruments à la pointe de la technique dont la déesse, alias Saori Kido, avait doté l'infirmerie du Sanctuaire. Les plus atteints étaient Aiolia et surtout Milo, qui avaient perdu beaucoup de sang et avaient dû être transfusés et, dans le cas de Milo, opérés...

Tous les autres présentaient des blessures plus ou moins graves, mais les armures d'or avaient bien fait leur travail... Pourtant, malgré cela, les chevaliers d'or étaient couverts de bandages, essentiellement aux bras et aux jambes, même Shaka, qui ordinairement ne se faisait jamais toucher, avait trouvé forte partie en face de lui... ses vêtements larges cachaient ses bandages...

Les autres chevaliers, qu'ils soient de bronze ou d'argent, avaient aussi payé de leur personne pour ce combat gigantesque. D'autres salles avaient été réquisitionnées et servaient de salles de soins pour eux...

La petite Athena reprit conscience presque trois heures après son frère. Tout son corps était couvert de bandages, et il lui semblait que tous ses os avaient été brisés. Sion, éveillé, sourit à sa soeur:

Eh bien, j'ai cru que tu ne te réveillerais jamais...

-Combien de temps depuis la fin du combat ?

-Bientôt une journée...

Des images du combat revinrent à l'esprit d'Athena, et elle demanda:

Maman ? et les autres ?

-Je ne sais pas, je n'ai pas de nouvelles...

Sion avait lui aussi du mal à parler. Comme sa soeur, il était relié à plusieurs transfusions, et serrait dans son poing gauche sa boucle de ceinture au trident... personne n'avait pu la lui faire lâcher.

Il avait encore l'impression de cette sensation de puissance illimitée ressentie lorsqu'il tenait le trident en main et qu'il portait l'armure de son père n'était qu'un rêve... mais ses blessures, elles, étaient bien réelles, ce qui l'inclinait plutôt vers la réalité. Il se souvenait de tout, y compris du moment où il avait fait appel à son pouvoir particulier hérité de son père sans le maîtriser... C'était suicidaire, mais il avait réussi. Protéger la déesse était son but, et il avait réussi à le faire, c'était ce qui comptait. Sorrente allait peut-être crier, mais il ne pourrait nier l'approbation de Poséidon lui-même, puisque l'armure était venue pour le protéger. Cela obligeait Sion à se remettre en cause... Etait-il alors destiné à règner sur les Sept Mers ?

Athena reflechissait elle aussi. Elle avait réussi à faire une des attaques de sa mère, mais l'armure du Dragon des Mers était venue après la protéger pendant son inconscience, alors qu'elle n'avait qu'un faible pouvoir marin... Que signifiait cela ? Etait-ce son père qui avait voulu la protéger ? L'armure elle-même ? Elle se perdait en conjectures.

Dans la nuit qui suivit, Mû reprit conscience... Elle avait très mal à la tête, et un gros bandage se trouvait sur le côté droit de son crâne. Aldébaran se trouvait à son chevet, le bras en écharpe:

Ah, te revoici enfin parmi nous !

Mû se redressa péniblement, et demanda:

Les jumeaux ?

-Ils vont mieux maintenant, ne t'inquiète pas... pense plutôt à te reposer, tu as subi une opération assez lourde...

Elle jeta un regard par la fenêtre:

Il fait nuit déjà...

-Il est presque trois heures du matin, tu sais...

-Et ton bras ?

-Il va mieux...

Le silence règnait dans le dispensaire... mais Shiryu ne dormait pas. Shunrei était partie se coucher avec Shura depuis longtemps, mais lui n'arrivait pas à dormir. Se levant, il prit ses béquilles et se rendit à la chambre de son fils aîné. Doko dormait tranquillement, et il s'installa auprès de son lit. Il se souvint de la naissance de Doko, de l'instant où la sage-femme, sortant de la maison, lui avait mis ce petit paquet de linges blancs où dormait son fils dans les bras... Maintenant ce bébé était devenu un garçon courageux, qui n'avait pas hésité à risquer sa vie pour sauver Athéna et ses condisciples... Il sourit: Doko ferait un excellent chevalier une fois qu'il aurait réussi à maîtriser son cosmos...

C'était justement ce que se disait Hyoga dans la pièce jouxtante. Il ne pouvait pas dormir non plus, et veillait Camus endormi. Camus était un enfant des glaces, comme lui, et il ne pouvait douter qu'il devienne chevalier du Cygne après lui. Il sourit: son fils hériterait lui aussi du savoir de son maître Camus, et il deviendrait un chevalier courageux.

Tout le Sanctuaire devait penser ses plaies maintenant, et la déesse se posait des questions. Depuis des siècles, Hermès avait été son allié, elle avait du mal à imaginer pourquoi il se retournait contre elle maintenant. Mais pour l'instant elle ne pouvait rien faire tant que ses chevaliers ne seraient pas remis.

Le jour d'après la fin de la bataille, Sion, qui ne se remettait pas bien, glissa progressivement dans un coma profond. Les médecins décidèrent alors de prévenir sa mère... Ils allèrent voir Mû et lui dirent:

Votre fils Sion, au lieu de se remettre, décline lentement... il est dans une sorte de coma...

Mû se redressa:

Et sa soeur ?

-Elle cicatrise très bien...

Mû réfléchit: pour une fois, les deux n'étaient pas liés... Vers la fin de la journée, Sion ne réagissait plus, il était dans un coma profond. Athena essayait de le faire réagir, mais c'était peine perdue.

Alors Mû décida de faire appeler Sorrente, il aurait peut-être une explication à cet état de choses... elle devait tout faire pour sauver son fils. Elle fit appeler la déesse, et lui demanda la permission spéciale de faire entrer Sorrente au Sanctuaire. Voyant que la vie de Sion était en jeu, elle la lui accorda. Sorrente vint aussitôt qu'elle l'appela, et examina Sion avant de rendre son verdict:

Je sais ce qu'il a... il faut le faire transférer le plus rapidement possible près de la mer, sinon il va mourir...

Mais la petite Athena demanda:

Pourquoi est-ce que je ne suis pas dans le coma aussi ?

-Sion a plus de pouvoirs marins que toi... et il est complètement drainé...

Mû donna son accord, et on se mit à la recherche d'une maison de toile destinée à abriter les jumeaux, Athena ne voulant pas quitter son frère. Pendant ce temps, Sorrente choisit une plage à côté du Cap Sounion, autant mettre toutes les chances du côté de Sion, et alla frapper à une petite maison non loin de là. Lui ouvrit Thétis la sirène... elle non plus ne pouvait pas s'éloigner de la mer...

Général de la Sirène ! Quelle surprise ! entrez...

Sorrente entra, s'assit et accepta la tasse de thé qu'elle lui tendit. Puis elle demanda:

Quel bon vent vous amène ? Cela faisait très longtemps...

-Je sais... j'ai une mission pour toi... comme tu le sais, lorsque je suis là je dois servir de garde du corps à Julian Solo... mais j'ai une urgence, dont j'aimerais que tu t'acquittes pour moi...

Thétis inclina seulement la tête, et dit:

De quoi s'agit-il ?

-Tu as sans doute entendu parler de la 'légende' du rayon ?

-Oui...

-Eh bien ce n'était pas une légende, deux enfants ont été conçus et ils sont nés au Sanctuaire d'Athena... ils ont dix ans maintenant, et viennent de vivre leur premier combat... j'aimerais que tu veilles sur eux pour moi...

Thétis acquiesca immédiatement. Sorrente continua:

Athena, l'aînée des deux jumeaux, est blessée, mais Sion, le cadet, est drainé, il est aux portes de la mort... c'est ton devoir de veiller sur eux, ils sont les enfants de notre maître...

Puis il lui en dit plus sur les enfants, sans toutefois donner le nom de leur mère...

Avant le lendemain, Sion et Athena étaient installés sur la plage jouxtant le cap Sounion. Sion fut installé près des vagues, dans une chaise longue, et Thétis prit officiellement son rôle de garde-malade divin. Elle s'entendit très vite avec les enfants...

De temps en temps, Sorrente venait aux nouvelles, et les portait à Mû, encore incapable de se lever... La déesse aussi entendait les nouvelles, et se rassurait: Sion ne mourrait pas, du moins pas encore, mais elle devrait encore plus garder l'oeil sur lui depuis qu'elle savait qu'il possédait la force de Poséidon en lui...

Une plage à côté du Cap Sounion, deux semaines plus tard...

La mer, à perte de vue... une chaise longue sur une plage.

Sion y est allongé, amorphe, un bras pendant de chaque côté, un parasol lui fait de l'ombre... Sa soeur jumelle, Athena, est assise à côté de lui, et lui demande de temps à autre :

Tu ne veux rien, Sion ?

Il fait non de la tête, et Athena poursuit sa contemplation de la mer. Son frère jumeau regagne lentement ses forces, il remonte des portes de la mort...

Sorrente arrive, gai comme à son habitude, et il demande :

Comment ça va, aujourd'hui ?

Sion répond :

Ca va...

mais rien de plus... Athena répond elle aussi :

Il a l'air d'aller mieux, tu sais...

Sorrente voit les blessures qui zèbrent les bras d'Athena... elle aussi est encore sévèrement blessée, et il doit user de diplomatie pour qu'elle se repose aussi, sans se consacrer exclusivement à son frère. Il lui tend un petit coffret :

Ta mère me l'a donné pour toi... elle a pensé que cela t'égaierait un peu...

Athena sourit en reconnaissant sa flûte, offerte par Sorrente pour ses dix ans. Mais elle ne dit rien. Alors Sorrente s'assied, et regarde lui aussi la mer. Ces deux enfants lui sont aussi précieux que s'ils étaient les siens, et il souffre de les voir dans cet état... Leur premier combat les a profondément meurtris, essentiellement dans leur chair mais aussi dans leurs âmes.

Une voix ô combien connue l'appelle alors :

Sorrente ! C'est toi ?

Il se retourne, et voit alors avec une sueur froide son ami Julian Solo arriver. Oh... Oh, les ennuis commençaient. Il se releva, et lui demanda :

Vous ne devriez pas être en Autriche ?

-Le colloque a été annulé...

Athena se retourna elle aussi, et là se produisit quelque chose que même Sorrente n'avait pas prévu. Une aura bleu clair se mit à fuser de Julian Solo, et celle des jumeaux s'alluma toute seule en réponse. Sion, trop faible encore, gémit doucement, et Athena se précipita vers son frère. Elle posa la main sur son épaule, et se concentra... son aura disparut...

Sans prendre garde à la sienne qui fusait librement, elle se tourna vers Sorrente et lui demanda :

Qu'est-ce que ça signifie ?

Puis elle observa mieux l'homme qui se trouvait là. Grand, aux vêtements soignés, il devait avoir presque la trentaine, et ce qui la marqua la plus était qu'il avait des cheveux de la même couleur que ceux de Sion. Certains de ses traits non plus ne lui étaient pas inconnus... et comment cela se faisait-il qu'il ait cette aura bleue ?

La seule clé à tout ça était Sorrente...

Justement, il venait aussi de se tourner vers lui. Sorrente était pris entre deux feux : que pouvait-il dire ? Ce qu'il avait craint venait de se produire : il restait bien quelque chose de Poséidon en Julian Solo, il en avait la preuve. Pendant des années, il s'était souvenu bribe par bribe de la bataille du sanctuaire sous-marin, mais aucune manifestation de pouvoir quelconque ne s'était produite. Et que pouvait bien signifier cette manifestation, à part que cette partie-là reconnaissait l'aura des jumeaux, du moins la partie marine qu'ils avaient en eux ?

Athéna eut l'impression que cette puissance-là lui était très familière... mais elle ne pouvait mettre un nom dessus. Et Sorrente qui ne répondait rien...

Julian Solo observa les enfants... et quelque chose lui revint en tête :

Le rayon...

Mais il ne sut pas ce que ça voulait dire... Il interrogea alors Sorrente :

Aide-moi... tu dois savoir de quoi il s'agit...

Alors Sorrente prit sa décision : il dirait tout, quoi qu'en fussent les conséquences. Il dit à Athena :

Ce monsieur se nomme Julian Solo... il fut le dernier réceptacle de l'âme de votre père... au moment de la bataille du sanctuaire sous-marin

Athena regarda alors son frère... puis Sorrente. Elle continua :

Mais je croyais que notre père avait été enfermé dans l'urne d'Athena...

-C'est vrai... Mais il reste forcément quelque chose, tu sais...

-Il a dit 'le rayon'... nous sommes nés d'un rayon...

Elle s'effondra à genoux... elle comprenait. Julian Solo intervint :

Ce que tu veux dire, Sorrente... c'est que ce rayon... les a conçus ? ce n'est pas possible, enfin...

-Si... Poséidon les a conçus, mais c'est vous, biologiquement s'entend, qui êtes leur père... le rayon transportait un peu de votre ADN...

Alors Julian Solo prit le temps de regarder mieux les enfants... La couleur des cheveux de Sion lui rappela vraiment la sienne... Quelques traits, également...

Athena reprit ses esprits, et regarda l'homme en face d'elle... elle avait toujours vu son père sous la forme d'un homme d'âge mûr, barbu, avec un trident, selon les représentations traditionnelles transmises depuis la Grèce antique... comment cela se pouvait-il qu'il se soit incarné dans ce jeune homme, car à l'époque il devait être très jeune ? Il s'adressa alors à elle:

Quel est ton nom ?

-Je m'appelle Athena, et mon frère Sion...

Il regarda alors Sorrente, et celui-ci confirma:

Oui, ce sont bien des jumeaux...

Entretemps, Athena avait pris soin de cesser la manifestation de son cosmos. Sion, lui, peut-être encore sous le choc, n'avait encore rien dit. Julian se tourna vers Sorrente:

Tu le savais, et tu ne m'as rien dit ?

-Je ne le pouvais pas... comment dire ce genre de chose ?

-Qui est leur mère, car je suppose que tu la connais ?

Sorrente s'entêta dans son mutisme, et le ton de Julian monta un peu:

Sorrente, je te l'ordonne, dis-moi qui est leur mère !

Alors Athena prit la parole, énervée:

Notre mère est un chevalier sacré d'Athena, ça vous suffit ? Laissez-la en paix !

Alors Julian se calma, et se tourna vers Athena:

Je ne lui veux aucun mal, rassure-toi...

Il était impressionné par cette fillette qui se tenait devant lui, les mains le long du corps, calme extérieurement... et qui, d'après ce qu'il avait vu, possédait également une force hors du commun, et le contrôle de cette force. Il regarda ensuite Sion, et eut l'intuition qu'il était complètement drainé... L'enfant le regardait, et il eut également le sentiment, venu d'on ne sait où, qu'il règnerait un jour sur les Sept Mers... espoir paternel résiduel de Poséidon, sans doute.

Sorrente mit la main sur l'épaule d'Athena:

Allons, calme-toi... je sais que c'est dur à accepter...

Elle se tourna vers lui, et lui dit:

Tu te serais bien gardé de nous le dire, hein ?

Et elle lui tourna le dos. Athena n'avait pas un caractère facile, et en situation de crise cela empirait généralement. C'est alors qu'arriva Thétis, que Sorrente avait chargé de 'garder' les deux jumeaux pendant leur convalescence, le temps que leur mère se remette de ses blessures, parce que lui n'avait pas le temps de le faire. Elle comprit la scène d'un seul coup d'oeil... cela devait arriver un jour ou l'autre. Mais elle se garda d'intervenir, cela se passait à un niveau bien supérieur au sien...

Sorrente força alors Athena à se retourner:

Bien, maintenant que les pendules sont à l'heure je vais t'expliquer une chose: Julian n'a pas choisi d'abriter Poséidon en lui, tu sais, comme votre mère n'a pas choisi non plus... mais ce qui a fait de vous ce que vous êtes maintenant, ce n'est pas cette alchimie génétique mais bien votre personnalité propre...

Athena regarda mieux Julian... .et alors Sion intervint:

Il a raison, Athena... le temps n'est pas de dire quelle est la faute de l'un ou de l'autre... le seul qui était parfaitement conscient de ce qu'il faisait, du moins je le pense, était Poséidon lui-même... Notre mère n'est pas responsable, ni monsieur Solo non plus...

Sion avait toujours été plus réfléchi que sa soeur, et il tenta de se lever pour mieux se joindre à la scène, mais sa soeur l'en empêcha:

Non, reste couché, tu ne peux pas te lever...

Alors Julian Solo s'approcha de Sion:

Tu as raison, mon garçon... je n'ai pas été conscient de ce rayon, mais je suis prêt à faire ce qu'il faut pour prendre mes responsabilités... biologiquement vous êtes mes enfants...

Athena se plaça alors à côté de son frère:

Moi j'avais une aura terrestre en naissant... Mais Sion aura besoin de vous je pense...

Sorrente sourit: finalement Athena se rendait à la raison. Julian demanda à Sion:

De quoi souffres-tu ?

-J'ai combattu pour la première fois il y a peu de temps, et je suis drainé... je serais mort si Sorrente n'avait pas trouvé le remède: la proximité de la mer...

Julian sourit, mais une chose lui revint à l'esprit: la mère des enfants. Qui était-elle ? Que lui était-il arrivé au Sanctuaire à la nouvelle de la naissance de ces deux enfants si particuliers ? Car ils l'étaient, sans aucun doute. Tout ce qu'il pouvait dire pour l'instant, c'est que leur mère n'était pas grecque, ça se voyait... et ces deux points sur le front ? Beaucoup de questions restaient à éclaircir.

Julian dit:

Je dois partir maintenant, mais je reviendrai... je veux mieux vous connaître...

Il salua toutes les personnes présentes, et partit. Athena resta là, à regarder la mer, appuyée contre le dossier de la chaise longue de son jumeau. Puis elle dit à Sorrente:

Il est bien sympathique, finalement... il est vrai que j'avais toujours rêvé, petite fille, de rencontrer mon père... comme quoi le destin vous exauce parfois de bien étrange façon... j'ai rencontré mon père, mais à travers son réceptacle...

Finalement, elle pouvait raisonner quand elle le voulait... Sorrente sourit et dit:

Tu verras, Julian est un homme formidable... je le connais depuis onze ans, et il ne m'a jamais déçu.

Mais Athena ne répondit rien, et leva la tête vers le cap, juste sur le côté... Ce lieu immémorial contenait encore beaucoup de mystères, mais elle se faisait fort, avec l'aide de son frère jumeau, de les éclaircir... et trouver le mystère de ses origines par la même occasion...

Le soleil se refléta sur la mer, qui sembla sourire...


Fin de la quatrième partie.

Partie 5: Révélations...


Back to Stayka's Saint Seiya Index | FanFics | Site Index


Disclaimer: Saint Seiya is the property of Kurumada Masami, Shueisha and Toei Animation.


This page belongs to Stayka's Saint Seiya Archive at http://www.saint-seiya.de

© by Anne-Laure - Email: shura91@hotmail.com