Le combat des dieux

Prologue: Le retour des chevaliers

© 2001 by Pandora

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Le ciel de l'Élision était devenu plus sombre d'instant en instant depuis que le seigneur du royaume des morts avait fait son apparition, brisant le sommeil millénaire de son corps pour vaincre les protecteurs d'Athéna grâce à sa véritable apparence.

Le combat avait fait rage avec une intensité extrême que les jeunes chevaliers de bronze n'avaient encore jamais connu auparavant, malgré la grande expérience des combats qu'ils avaient accumulé au cours de ces derniers mois. Hadès était encore plus puissant que tout ce qu'ils avaient pu s'imaginer dans leur cauchemars les plus effrayants, et ils avaient usé presque toutes leurs forces pour permettre à Athéna de revêtir sa kamui.

Et le combat avait atteint son apogée au moment même où Seiya, risquant sa vie pour celle qu'il aimait, s'était vu transpercer par la lame acérée du poignard d'Hadès.

Et il était mort, sous les yeux désespérés de ces frères, dans les bras de Saori qui tentait de le faire s'accrocher à la vie en lui rappelant que sa soeur se trouvait sur terre et qu'il avait enfin la possibilité de la revoir.

Mais cela n'avait pas suffi, et malgré toute la fois et la force qu'elle avait mi dans ces paroles porteuses d'espoir, le coeur de Seiya avait cessé de battre.

Elle s'était redressée, faisant désormais face à son pire ennemi, rassemblant toute ces forces et son courage. Et avec l'aide de ces quatre chevaliers encore en vie, elle était parvenue à transpercer le maître des morts avec le sceptre de la Victoire.

"C'est ça l'amour Hadès! Cette immense force que possède les hommes!! La force de l'amour qui jaillit de la source de la vie!! Et ça rien, non rien, ne peut la surpasser!!!"

Ensemble, une fois de plus, ils venaient d'accomplir un miracle pour sauver le monde.

Le ciel d'Élision était maintenant noir, et alentour, les temples, aussi bien que le caveau et tout ce qui existait semblait disposer à s'écrouler dans un fracas épouvantable. Ce royaume merveilleux qui se dressait fièrement debout depuis la nuit des temps et qui se trouvait être le paradis des dieux était voué à disparaître en même temps que celui qui l'avait créé à l'époque reculée de la mythologie.

Et Athéna avait pleinement conscience de cela, que sous ces yeux le domaine de l'un des quatre maître de l'univers partait en fumée, risquant de la tuée avec ces chevaliers.

Elle leur jeta un rapide coup d'oeil, observant leur corps brisés, leurs visages ravagés par la peine suite à tant de souffrance. Elle savait qu'ils n'arrivaient pas à accepter la mort de leur frère, et elle aussi en était bien incapable. Celui qui lui avait tant de fois porter secours n'était plus. De nouveaux, des larmes manquèrent d'affluer à ces yeux, mais elle savait que le moment n'était pas très bien choisi pour s'apitoyer, alors elle les ravala. Elle devait sortir de là Hyoga, Shun, Shiryu et Ikki qui étaient blessés à mort mais que des soins intensifs pourraient sans nul doute sauver. Et elle allait ramener avec elle le corps de son protecteur car il n'était pas question pour elle de l'abandonner dans un pareil endroit qui n'existerait plus dans seulement quelques instants.

-Je regrette tellement... murmura-t-elle simplement d'une voix à peine audible, je les ai tous perdu: Seiya, mais aussi mes chevaliers d'or et Kanon... Ils ont donné leur vie pour la justice. Quel massacre inutile.

De ces grands yeux bruns, elle balaya tout ce qui l'entourait, comme si elle avait pu les apercevoir tous auprès d'elle, la regardant avec fierté devant la Victoire qu'elle venait d'obtenir au prix de leur sang à tous.

-Je vous demande pardon, chevaliers. J'aurai tant voulu que les choses ne se terminent pas ainsi pour vous..."

Shun tomba à terre ne supportant plus l'effort incalculable que le fait de tenir sur ces jambes représentait encore pour lui. Ikki voulut lui porter secours, mais il était lui aussi dans l'incapacité de se servir de son corps comme il aurait aimé le faire en temps normal.

Le cosmos de Saori les entoura bientôt, leur apportant une bouffée de chaleur et de ce réconfort qui leur faisait particulièrement défaut à cet instant ou tout leur semblait perdu, où ils pensaient qu'ils ne pourraient plus jamais revoir la terre. Le cosmos d'Athéna, puissant et serein jusqu'à présent s'intensifia tout à coup, devenant plus fort, prouvant que rien n'était perdu et que grâce à ces incroyables pouvoirs divins, Saori allait les tirer du mauvais pas dans lequel ils se trouvaient.


A des millions de kilomètres de là, dans le Sanctuaire, tous les coeurs étaient à la liesse. Le soleil venait de réapparaître, et l'ombre de peur qui se dégageait de l'éclipse encore quelques minutes auparavant venait de se dissiper, prouvant que la bataille était gagnée pour ceux qui défendaient la Justice.

-Je savais qu'ils gagneraient!" s'exclama Jabu en serrant ces poings avec force, un sourire triomphant aux lèvres. Lui comme ces compagnons étaient couverts d'une multitudes de blessure infligées par le terrifiant Thanatos, mais la douleur que ces plaies auraient du provoquer leur importait peu à cet instant. La seule chose qui comptait, c'était que les chevaliers allaient regagné le Sanctuaire d'ici à quelques minutes.

-Il me tarde de le revoir..." murmura Seïka à l'intention de Marine qui se trouvait près d'elle. Les deux femmes échangèrent un regard complice en pensant au chevalier Pégase qui serait bientôt à leurs côtés.

Cela faisait plus de six ans que Seiya et Seïka avait été séparé, mais le destin allait leur donné la chance de rattraper le temps perdu.

De son côté, Marine s'était toujours sentie très proche de Seiya, et elle avait même cru pendant un temps que le jeune chevalier de bronze aurait pu être son jeune frère disparu. Oui, les liens qui existaient entre elle et le chevalier Pégase avait toujours été très fort, et il lui tardait de le revoir, afin de lui dire combien elle était fière que le chevalier qui était parvenu à vaincre Hadès ai été son disciple.

Quand à Shaina, elle aussi trépignait d'impatience à l'idée que celui qu'elle aimait plus que tout allait revenir et que peut-être, elle pourrait enfin lui parler de ces sentiments en toute tranquillité, parce qu'il lui semblait bien que désormais, ils avaient la vie devant eux...


Il était assis sur son trône, et observait Athéna depuis le début de la guerre sainte engagée face à Hadès. Elle s'était battue avec courage, à l'image de ces chevaliers qui avaient perdu la vie pour défendre les droits des hommes. Il eut un sourire pour lui-même en pensant à la jeune fille qui avait pour mission de garder la terre depuis des siècles et des siècles. C'était lui en personne qui la lui avait confié, et une fois de plus aujourd'hui, elle lui avait prouvé qu'elle était à la hauteur de sa mission divine.

Elle allait se sortir du royaume des morts d'ici quelques secondes, emportant avec elle ces chevaliers encore en vie, car pour elle comme pour lui, chaque vie comptait.

Il aurait aimé que pour une fois, elle ait la possibilité de vivre une vie tranquille, mais il savait que ce serait une fois de plus impossible. La réincarnation d'Athéna ne pouvait jamais avoir une vie semblable à celles de toutes les autres jeunes filles de son âge, qui passaient leur temps à profiter de l'existence dans l'insouciance de leur jeunesse. Elle ne pourrait pas avoir de repos, car déjà, une nouvelle guerre sainte se préparait. Et les dieux qui allaient revenir à la vie étaient si puissants qu'il en doutait presque que sa fille pourrait venir à bout d'eux.

De plus elle n'avait plus de chevalier pour la défendre, étant donné que ces quatre derniers serviteurs se trouvaient à l'article de la mort et qu'ils ne seraient jamais prêts en temps voulu. Il devait agir, pour la première fois de l'histoire, dans les querelles divines qui opposaient Athéna à ces éternels ennemis. Car il ne voulait pas voir la race humaine s'éteindre et la terre détruite.

Il ferma à demi-ces yeux, avec un air étonnant de majesté et de sérénité qui imposait le respect. Il savait ce qui lui restait à faire.


Les heures passaient sans qu'aucun de ceux qui étaient partis dans l'Hadès pour combattre ne daignent réapparaître. La nuit était sur le point de tomber sur le Sanctuaire et la joie qui était palpable dans l'air seulement quelques instants plus tôt avait fait place à une inquiétude extrême.

-Vous ne pensez tout de même pas qu'ils sont... enfin je veux dire, qu'ils sont tous morts...

Le chevalier de la Licorne avait dit cette phrase avec calme pour ne pas ajouter à l'inquiétude ambiante qui était déjà bien suffisante.

Shaina fit un geste de la main avec colère.

-Comment peux-tu dire cela?! Tu n'as pas le droit de douter d'eux! Ils sont revenus maintes fois des portes de la mort, et je sais qu'une fois de plus, ils reviendront!!!

Le visage de la femme chevalier n'était plus couvert de son masque depuis que celui-ci s'était brisé alors qu'elle tentait de protéger Seïka, et chacun pouvait voir la douleur se répandre sur ces traits.

-Allons Shaina, ne t'emporte pas ainsi. Jabu ne disait pas cela pour te blesser. Et je crois aussi que l'heure des interrogations est arrivée, commença Marine qui comprenait parfaitement la douleur que ressentait son ancienne adversaire à cet instant. Elle aussi craignait que son disciple et tous ces amis ne reparaissent jamais dans le Sanctuaire.

-Je crois qu'ils vont revenir. Ils sont juste un peu longs, voila tout" déclara le jeune Kiki avec un sourire encourageant pour tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Le disciple de Mu était encore jeune, chacun s'en rendait bien compte, et il ne comprenait pas que la situation était désespéré.

Jabu soupira bruyamment, regrettant à cet instant de ne plus avoir l'âme d'un enfant qui croit encore que tous ces rêves vont devenir réalité. Il avait toujours été très lucide, et ce n'était pas aujourd'hui que cela allait changer.

-Ils sont morts. Nous ne devons pas nous voiler la face en nous imaginant qu'ils vont réapparaître tout d'un coup. Si jusqu'à présent nous avons gardé l'espoir de les revoir, je crois que nous nous sommes vraiment leurrés.

Shaina porta sa main à sa bouche dans un geste qui trahissait toute sa tristesse. Elle sentait que les larmes lui montait aux yeux devant la véracité des paroles de Jabu.

Il était vrai que si les chevaliers s'en étaient vraiment sortis vivants, ils seraient immédiatement revenus ici avec Athéna.

-Ainsi ils ont tous péri... laissa échapper Marine en soupirant avec amertume. Vaincre le dieu des morts était sans doute l'épreuve la plus dure qu'il ne leur ai jamais été donné de rencontrer... Et on ne peut pas sortir d'un combat avec un dieu indemne, malheureusement pour nous qui ne les reverrons jamais...

Seïka ferma les yeux alors que des larmes commençaient à perler le longs de ces paupières. Elle n'arrivait pas à y croire, et pourtant, tous ceux qui l'entouraient été formels: son frère aussi bien que ces amis avaient perdu la vie. Le destin lui sembla soudainement bien cruel. D'ordinaire, elle aurait vu le bon côté des choses: la terre était sauvée et ne serait sans doute plus menacée avant au moins deux cents ans... mais là, c'était différent. Elle venait de réaliser qu'elle avait perdu sa seule famille, son frère qu'elle avait pour ainsi dire élever...

-Et les chevaliers d'or? se hasarda à demander Geki avec le regard comme perdu dans le vague.

-Ils sont morts également, je pense.

Chacun hocha la tête sans mot dire à l'annonce de cette nouvelle qui ne faisait que rajouter à la part de peine que chacun éprouvait déjà.

Ainsi, le Sanctuaire avait perdu dans cette guerre sainte sa gardienne, mais aussi tous ces protecteurs?... Le bilan était désastreux et chacun pouvait sans rendre compte à cet instant.


Le soleil venait à peine de se lever que déjà, les médecins de la Clinique de la Fondation semblaient travailler depuis des heures entières. Deux d'entre eux passaient dans le couloir d'une blancheur immaculé matinée d'une odeur de médicament, lorsqu'un éclair éblouissant de lumière dorée sembla les entourer de toute part.

-Mais que se passe-t-il? demanda celui qui avait une moustache touffu.

Son compagnon n'eut pas le temps de lui répondre qu'il aperçut six silhouettes à quelques mètres seulement de lui.

Parmi ces personnes, il reconnut immédiatement la propriétaire de l'établissement: mademoiselle Kido. Elle était vêtue d'une étrange armure qui semblait faite dans un métal aussi éblouissant que de l'or, et les cinq hommes qui se tenaient inconscients à ces pied étaient revêtus d'armures qui semblaient fabriquées dans le même matériau.

Tous semblaient grièvement blessés, pour ne pas dire... morts

Les deux médecins, même si ils n'en savaient guère plus, étaient au courrant de l'existence d'Athéna, des guerres saintes et des chevaliers pour avoir déjà soigné Seiya et ces compagnons après la bataille du Sanctuaire. Et même si ils ne comprenaient pas par quel miracle Saori Kido et ces amis venaient de faire irruption dans la clinique, leur petit doigt leur disait qu'il leur faudrait recommencer tous leur soins sur ceux qu'ils avaient déjà eu tant de mal à guérir une première fois.

-Docteur, faite vite, je vous en prie. Shun et ces trois compagnons ont besoin de soins intensifs de toute urgence! s'exclama Saori qui ne perdait pas son calme, malgré le fait qu'elle voit ses amis se vider de leur sang sur le sol carrelé de la clinique.

Le premier médecin partit en courrant et bientôt il revint accompagné d'infirmiers qui commencèrent à hisser tous les chevaliers de bronze sur des brancards.

-Mademoiselle Kido, écartez-vous si vous voulez que nous sauvions celui là! s'écria le docteur qui était resté alors qu'il s'approchait du corps de Seiya que la jeune fille tenait toujours fermement serré contre elle.

Elle lui lança un regard empli de tristesse, voilé par le déchirement qu'elle éprouvait à cet instant, et qui était de loin le plus grand qu'elle ai jamais ressenti.

-Ce ne sera pas la peine docteur. Seiya est déjà mort.

Le médecin soupira, alors qu'il ne pouvait adresser aucune parole réconfortante à Saori. Il se devait avant tout de porter secours aux quatre chevaliers qui étaient encore en vie- pour l'instant-, aurait-il été tenté de dire. Mais il ne voulait pas paraître défaitiste avant même d'avoir tenté quelque chose.

Bientôt, Saori se retrouva seule avec une infirmière dans le couloir. Le corps de Seiya avait été emmené depuis seulement quelques instants, et elle ne parvenait plus à savoir où elle en était. Elle se faisait mille reproches, regrettant d'avoir du entraîner tous ces vaillants guerriers dans ce tourbillon de mort et de souffrance. Elle aurait tant voulu alors que seule sa vie soit en jeu, mais ce n'était pas possible et...

Elle s'écroula soudain en pleure, sentant la tension de tout ce qu'elle gardait pour elle depuis maintenant plusieurs heures retombée sur ces frêles épaules, alors qu'elle savait que plus personne n'attendait rien d'elle et qu'elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver les chevaliers de bronze. Elle savait qu'elle avait eu raison de se téléporter directement dans la clinique qui lui appartenait, car c'était bien le seul endroit du monde où on soignerait ces amis avec efficacité et sans lui poser de questions dérangeantes auxquelles elle n'aurait pu trouver de réponse.

Ses cheveux mauves tombaient avec grâce devant son visage sur lequel des larmes roulaient, et elle n'arrivait plus à trouver au fond d'elle cette flamme qui lui avait toujours permis de se relever pour assumer ces actes et son destin. Mais c'était normal, cette étincelle qui la rendait si forte jusqu'alors était morte, et elle avait pour nom Seiya...

-Tu pleures Saori?

La jeune fille n'avait pas entendu que quelqu'un s'approchait d'elle tant elle était prisonnière de son chagrin. Une main se trouvait posé sur son épaule encore couverte de sa kamui. Et cette voix... Elle l'aurait reconnu entre mille... Non ce n'était pas possible...

Elle redressa la tête en chassant ces cheveux mauves de son visage pour mieux se rendre compte de ce à quoi elle n'osait croire.

Elle avait l'impression de rêver, et c'était peut-être cela d'ailleurs. Sans doute le fantôme qui se trouvait près d'elle et l'aidait à se remettre sur ces pieds allait disparaître de nouveau, et pour toujours cette fois ci.

-Seiya... Mais... mais comment... tu... tu

La jeune déesse ne parvenait plus à retrouver les mots juste, tant son incrédulité autant que sa joie lui faisait une boule dans la gorge.

Seiya se tenait à ses côtés, avec son habituel sourire confiant, la soutenant par les épaules et essuyant les larmes qui roulaient le long de ces joues avec ces doigts.

-Je croyais que tu étais mort, Seiya. Je ne comprends pas...

Seiya haussa les épaules avec une désinvolture pleine d'humour qui lui ressemblait bien et que chacun avait appris à apprécier.

-Bah, tu sais, moi non plus je n'y comprends pas grand chose. Je croyais aussi avoir perdu la vie face au terrible Hadès, et soudain je me suis réveillé sur un brancard, sans que je comprenne pourquoi. La seule chose que j'ai senti alors que je revenais à moi, c'était un cosmos d'une puissance extraordinaire. Son aura était si grande qu'elle en dépassait même la tienne ou celle du dieu des morts.

Saori regarda Seiya avec perplexité. Mais qu'elle était cette puissance qui lui était venue en aide et qui avait réalisé son souhait le plus cher en redonnant la vie au chevalier Pégase?

Soudain, Saori et Seiya échangèrent un regard de surprise.

-Tu as senti toi aussi? l'interrogea le jeune homme alors qu'il se précipitait jusqu'à la fenêtre pour scruter l'horizon de ces yeux noisettes.

-Oui. Ca venait du Sanctuaire.


Désormais c'était le silence le plus absolu qui régnait entre toutes les personnes qui se trouvaient encore au pied des douze maisons. De toute manière, il n'y avait plus rien à dire. La victoire que venait de prendre Athéna sur Hadès était une véritable tragédie, et personne n'y pouvait rien. C'était le destin qui avait voulu que les choses se termine ainsi.

Bientôt, Marine fit un signe pour montrer à ces compagnons que chacun pouvait se disperser et retourner d'où il venait. Pour le chevalier de l'Aigle, il ne servait à rien de rester emprisonner dans sa peine sans parler n'y bouger, car cela ne pouvait qu'aggraver la situation dans laquelle chacun se trouvait. Il allait falloir faire face à l'adversité, et elle savait que toutes les personnes qui l'entourait en serait capable, car il s'agissait de chevaliers d'Athéna.

Et pour Seïka? Marine ne savait pas comment faire pour aider la jeune fille qui avait perdu avec Seiya sa principale raison de vivre. Pourtant, la femme chevalier savait qu'elle allait la garder auprès d'elle afin que la soeur de son disciple ne soit pas seule avec sa souffrance.

Shaina commençait à s'éloigner avec un regard des plus embrumé lorsque soudain, un cosmos d'une puissance divine sembla s'abattre sur les douze maisons du Zodiaque, déposant dans chacune d'elles une étoile filante.

-Mais qu'est-ce que c'est? s'écria Nachi en pointant son index dans la direction de la maison du Bélier.

Il n'obtint aucune réponse de la part de ces compagnons, mais chacun s'élança sur les marches de marbre qui menaient à la première maison.


Mu soupira alors qu'il ouvrait juste un oeil pour réalisé qu'il ne rêvait pas et scruter ce qui l'entourait. Brusquement, il ouvrit le second, reconnaissant avec étonnement et joie l'endroit dans lequel il se trouvait. C'était son temple.

Les colonnes qui se dressaient fièrement autour de lui ne pouvait le tromper, il les aurait reconnu entre mille!

-Mais comment est-ce possible? parvint-il à chuchoter alors qu'il se remettait sur ces jambes, réalisant qu'il était bien en vie et que toutes ces blessures avaient disparu.

Un cri de joie le fit sortir de l'ébahissement dans lequel il était plongé depuis qu'il avait repris connaissance.

Son disciple Kiki, ainsi que bons nombres de chevaliers de bronze qu'il n'avait que très peu connu mais dont il se remémorait quand même les visages se trouvaient postés dans l'entrée de sa demeure.

Le petit garçon qu'il entraînait depuis maintenant plusieurs années dans les montagnes de Jamir se précipita vers lui avec une joie mal contenue, en poussant des cris de bonheur.

Mu aurait pu jurer que si il n'avait pas été un maître si froid, l'enfant se serrait jeter dans ces bras. Mais Kiki savait ou étaient ces limites, c'est pourquoi il s'arrêta à quelques pas de celui qui lui avait appris tant de chose.

-Maître! Je savais que je vous reverrais. Je l'avais bien dit aux autres que vous n'étiez pas mort, mais personne ne voulait me croire!!

Mu adressa un sourire à l'enfant avant de scruter du regard Marine et les autres. Les enfants détenaient bien souvent la vérité sur des choses que les adultes eux-mêmes sont bien incapable de comprendre, songea-t-il.

-Mu? Mais comment est-ce possible. Alors vous n'étiez pas mort?

Le chevalier du Bélier se focalisa sur Shaina qui se tenait à une distance respectable de lui, car comme tous les chevaliers d'or, il inspirait le respect aux autres membres de la garde d'Athéna.

-Pour tout vous dire, j'ai bien perdu la vie dans l'Hadès. Mais je ne saurai vous expliquer par quel prodige, une cosmo-énergie d'une extraordinaire puissance m'a ramené parmi vous.

-Nous l'avons senti! répondit Jabu qui commençait à espérer avec vigueur que peut-être les étoiles filantes qu'ils avaient vu se poser dans les douze maisons ai été en réalité les chevaliers d'or en personne.

Dans la maison du Taureau, Aldébaran venait lui aussi de se réveiller. Il regardait avec des yeux des plus étonnés ce qui l'entourait. La dernière chose dont il parvenait à se rappeler était que lui et les autres chevaliers d'or s'étaient unis pour accomplir l'exploit de faire exploser le mur indestructible des Lamentations. Alors par quel miracle se trouvait-il encore en vie, sur cette terre qu'il affectionnait tant?

Dans le temple des Gémeaux, Saga se remettait avec difficulté sur ces jambes. Non pas qu'il eusse été blessé, mais le spectacle qui s'offrait à ces yeux lui semblait tellement irréel et magique qu'il en agissait au ralenti. Soudain, une respiration se fit entendre à ces côtés. Il tourna sur lui-même avant de découvrir quelque chose qu'il n'aurait jamais espéré revoir: le corps de son jumeau étendu sur le sol. Le chevalier d'or se précipita et administra une petite claque sur la joue de son cadet, afin de l'aider à revenir à lui.

-Allons Kanon, tu ne vas pas dormir alors que la vie est si belle! s'exclama-t-il, dans une attitude toute fraternelle qu'il n'avait pas pu avoir depuis maintenant trop longtemps.

Kanon ouvrit les yeux avec effarement alors qu'il reconnaissait le son de la voix de celui qui s'adressait à lui. Ce n'était pas possible, ça ne pouvait être son aîné. Et pourtant, il devait bien se rendre à l'évidence. L'homme qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau et qui se tenait debout devant lui de toute son imposante stature ne pouvait être que celui qu'il avait tant haïe, puis de nouveau aimé en réalisant ces erreurs.

Saga posa une main sur l'épaule de son frère, comprenant que l'heure des excuses et du pardon était enfin arrivée pour eux. Chacun avait bien cru qu'elle ne viendrait jamais.

-Saga, pardonne moi d'avoir trahit tous les idéaux de la chevalerie... et pardonne moi de t'avoir pousser à bout en te forçant à m'enfermer dans le Cap Sounion.

La voix de Kanon n'avait pas vacillé alors qu'il disait ces mots touchants, pourtant on pouvait lire au fond de ces yeux une émotion bouleversée. Il regrettait sincèrement d'avoir blessé son frère, d'avoir trahit Athéna et tout ce en quoi on lui avait appris à croire tout au long de son entraînement dans le Sanctuaire.

-Pardonne moi aussi mon frère, pour t'avoir enfermer dans cette prison. J'aurai du te venir en aide d'une autre manière, mais j'en étais alors incapable, car le mal s'emparait de mon esprit.

Kanon sourit à son aîné pour lui montrer que le passé était le passé et que désormais, une nouvelle vie s'offrait à eux. Une vie au court de laquelle il pourrait réapprendre à s'aimer. Mais qui la leur avait accordé, et surtout, pour quelle raison?

Dans la maison du Cancer, Masque de Mort errait depuis un bon quart d'heure sans en croire ces yeux. Il était bien en vie, et qui plus est dans cette demeure qu'il avait autrefois souillé de crimes atroces, y déposant ses trophées macabres comme autant d'ornements synonyme de sa folie. Mais il avait changé alors qu'il se trouvait en Enfer, réalisant où se trouvait le bien et le mal. Et c'était Hadès, le dieu du mal en personne qui lui avait offert la chance de se racheter en venant en aide aux autres chevaliers d'or. Il aurait aimé alors revoir Athéna pour lui présenter ces excuses, mais cela n'avait pas été possible... Et maintenant, quand allait-il la revoir pour lui parler? Il n'en savait rien et eut un mouvement impétueux du bras alors qu'il traversait sa maison pour en trouver la sortie. Il aurait aimé savoir qui l'avait tiré du royaume des morts une nouvelle fois sans laisser sa carte de visite. Ne pas avoir de réponse l'agaçait au plus au point, mais peut-être l'un de ces confrère aurait-il une réponse satisfaisante à lui proposer?

Aiolia se tenait fièrement sur le parvis de la maison du Lion, scrutant la nuit qui semblait recouvrir toute chose à cette heure tardive. L'air de la Grèce avait quelque chose de vivifiant, même lorsque le soleil n'était pas là, et il permettait au chevalier du Lion de réaliser qu'il était bien de retour dans le monde des vivants, en plein coeur du domaine d'Athéna. Son coeur battait de plus en plus vite lorsqu'il pensait que ces autres compagnons aussi avaient du s'en sortir comme lui. C'était incroyable, tellement merveilleux de penser qu'ils étaient sans nul doute et pour la première fois dans cette ère, tous réunis dans les temples sacrés qu'Athéna avait fait ériger à ces douze meilleurs protecteurs au temps de la mythologie.

Shaka regardait les ruines de Twin Sal en se remémorant que c'était dans ce lieu sacré qu'il avait vécu ces derniers instants sur cette terre, à combattre Saga, Camus et Shura. A cet instant où sa vie s'était éteinte, il aurait été bien incapable de dire qu'un jour, il pourrait de nouveau fouler le sol de ce lieu divin. Il adressa un sourire serein au vent qui caressait son visage, pensant à tout ce qu'il avait vécu au court de la première partie de sa vie, la deuxième venait à peine de commencer. En tout cas, il espérait pouvoir faire dans cette vie autant de choses incroyables que dans la première, car peut d'homme avait la chance de revenir de l'au-delà. Et son petit doigt lui disait que la seconde partie de son existence serait toute aussi stupéfiante que la première.

Dohko n'avait eu que deux pensées depuis qu'il avait repris connaissance: la première était qu'Athéna était parvenue à vaincre Hadès, et la seconde était une interrogation des plus importante: est-ce que son disciple Shiryu était encore en vie. Mais son expérience lui soufflait déjà la réponse: bien sur, et il serait sans doute amener à la revoir très bientôt. Il se sentait fier de celui qu'il avait passé six années à éduquer dans le cadre resplendissant et mystique des Cinq Pics. Il avait fait de ce jeune garçon un chevalier de premier ordre et cette pensée le remplissait d'allégresse.

Milo guettait lui aussi la nuit qui s'offrait à sa vue. Et il croyait pouvoir dire avec certitude que sur les dernières marches menant à la cinquième maison, son ami Aiolia en faisait autant. Et il était aussi à peu près certain d'avoir aperçu une ombre qui se dirigeait vers la maison du Lion- il devait s'agir de Masque de Mort, à n'en point douter - ainsi que plusieurs personnes pénétrées dans la maison du Bélier, puis prendre ensuite la direction de la maison du Taureau. Le chevalier du Scorpion avait toujours eu une vue perçante, et il ne pouvait que s'en féliciter. Il se sentit heureux comme il ne l'avait encore jamais été de toute sa vie, mais cela lui paraissait normal: quand on avait touché de si près à la mort, tout ce qui suit quand on revient à la vie paraissait merveilleux. Si il ne s'était pas contenu, il aurait pu hurler sa joie d'être de nouveau parmi les vivants, après tant de souffrances. Mais il était un chevalier d'or, et savait qu'il ne devait pas s'emporter si facilement.

Dans la maison du Sagittaire, Aioros ne parvenait pas à y croire. Lui qui était mort voici de cela quatorze ans aujourd'hui se retrouvait de nouveau dans cette maison dont il avait été le gardien fantôme pendant de si longues années. Il sourit avec bonheur en se regardant avancer. Oui, même si il ne le réalisait pas encore tout à fait, il était bel et bien en vie, tout comme les autres chevaliers d'or. Il s'arrêta devant le socle sur lequel l'armure du Sagittaire reposait alors qu'il n'était plus la pour la revêtir et défendre la justice. Bien sur, l'emplacement qui lui était réserver était vide, mais il ne pouvait s'empêcher de penser aux nombres de fois où il était venu en aide aux chevaliers de bronze grâce à la protection qu'il avait gagné après ces dures années d'entraînement. Il aurait souhaité féliciter les cinq jeunes chevaliers pour tout ce qu'ils avaient accompli, mais il savait qu'il aurait l'occasion de les rencontrer plus tard...

Shura regardait avec perplexité son temple désert. Autrefois, il savait qu'en son milieu s'élevait la représentation divine de la déesse Athéna remettant l'épée Excalibur au meilleur de ces chevalier. Mais elle avait été détruite alors que Shura voyait sa vie s'éteindre à cause de l'Ultime Dragon invoqué par Shiryu. Il avait perdu la vie à de multiples reprises pour ses idéaux, et lorsqu'il était mort en s'unissant aux autres chevaliers d'or pour permettre aux chevaliers de bronze d'atteindre Élision, il avait été certain que c'était là la dernière fois qu'il perdait son existence. Mais le destin était plein de surprises et de rebondissements pour les chevaliers, et il s'en rendait une nouvelle fois compte. Il s'agenouilla, posant sa main gauche sur l'endroit où sa statue chérie s'était trouvée, et il se promit que dès qu'il en aurait l'occasion, il s'en procurerait une semblable, dont il tacherait de se montrer encore plus digne que de la précédente, ne se laissant plus berner par des mensonges cette fois.

Camus n'avait pas la moindre idée sur la personne à qui appartenait le cosmos qui l'avait tiré des Enfers pour le faire venir jusqu'ici. Mais qui que fut cette personne, il lui rendait grâce. Et il se doutait qu'il ne tarderait pas à apprendre son identité. Ses yeux bleus saphirs commencèrent à balayer l'immense salle ovale aux colonnes impeccablement blanches qui l'entourait. Il était chez lui. C'était ici que son disciple l'avait vaincu lors des terribles affrontements qui avaient eu pour cadre le Sanctuaire. Il ferma les yeux en repensant à tout cela. Il n'avait pas pu lui dire au revoir comme il l'aurait souhaité dans le château d'Hadès, alors que sa vie s'en allait aussi vite que le jour se profilait à l'horizon. Mais il allait bientôt le revoir et cette fois-ci, ils pourraient se dire toutes ces paroles qu'ils n'avaient pas pu prononcer.

Dans la maison des Poissons, Aphrodite louait les cieux à voix haute pour les remercier de leurs accorder une nouvelle vie, à lui et ses compagnons. Il savait que cette fois-ci, il en ferait bon usage, et que rien ne pourrait plus jamais l'écarter de la voix de la Justice dont il s'était éloigné pendant trop longtemps. Il savait que chacun avait droit à une seconde chance, et il comptait bien l'exploiter au maximum.

En quelques minutes, tous les chevaliers d'or ainsi que Marine, Shaina et tous les autres avaient fini par se regrouper sur le devant du temple des Poissons.

Chacun se dévisageait, on se serrait les mains avec affection, certains chevaliers échangeaient même des accolades amicales pour saluer le fait qu'ils aient tous réussi à regagner le Sanctuaire. Une impression étrange commençait à les gagner: ils étaient tous là, ceux qui avaient trahi Athéna, ceux qui avaient suivi aveuglément les ordres du grand Pope et aussi ceux qui avaient toujours su qui était vraiment Saori. Pour la première fois depuis des années, ils étaient tous réunis dans la paix et l'amour et ils savouraient tous cet instant unique qu'on leur permettait de vivre.

Cependant, une ombre planait au dessus de ce tableau idyllique: personne n'était en mesure de dire à qui appartenait le cosmos qui les avaient sauvé...


Le couloir de la clinique était à présent désert, hormis Seiya et Saori qui restaient silencieusement l'un près de l'autre. La jeune fille avait pris place dans l'un des sièges qui était mis à la disposition des personnes attendant le médecin, alors que le chevalier Pégase s'était adossé contre le mur à la triste peinture beige.

Hyoga et Shun se trouvait toujours en salle d'opération, alors que Shiryu et Ikki avaient quitté le bloc depuis maintenant plus d'une trentaine de minute et se trouvaient dans une chambre, entourés de machines les maintenant dans un sommeil forcé. Le docteur qui les avait opéré avait dit qu'il n'avait jamais vu de personne dans un état aussi déplorable et que même après la bataille du Sanctuaire qui avait pourtant été catastrophique pour leur santé, les chevaliers allaient mieux.

La lumière qui montrait que l'opération était toujours en train de s'effectuer de l'autre côté des portes s'éteignit bientôt, et Saori se leva pour aller au devant du docteur, alors que Seiya s'approchait aussi.

Le bruit des chariots à roulettes ne se fit pas attendre et bientôt le chirurgien parut, accompagné par deux infirmiers qui l'aidait à conduire les patients vers leur chambre.

-Docteur, comment vont-ils? interrogea Saori d'une voix inquiète alors qu'elle observait les visages endormis et couverts de plaies de ces amis. Ils avaient l'air épuisé et toutes leurs blessures, bien qu'aillant été bandé pouvaient se deviner tant elles étaient grave.

-Je ne peux pas encore me prononcer pour l'instant, mademoiselle. Tout ce que je peux vous dire, c'est que si ils passent la nuit, alors ce sera bien.

-Vous voulez dire qu'il y a de grands risques pour qu'ils ne meurent cette nuit? s'écria Seiya, alors que Saori l'empoignait par le bras pour chercher un soutien face à cette nouvelle qui la retournait.

-En effet. Mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Vos frères reçoivent ici les meilleurs soins, et les plus grandes technologies sont mises à notre service pour les guérir. Si il est un endroit dans le monde où ils ont plus de chance qu'ailleurs de rester en vie, c'est bien ici.

Seiya n'ajouta rien, laissant les brancardiers passés et emporter les corps de Hyoga et de Shun vers la chambre où se trouvait déjà Ikki et Shiryu.

-Je sais qu'ils vont s'en sortir... avança Seiya qui pouvait lire dans les yeux de Saori une profonde angoisse.

Le chevalier Pégase avait toujours été quelqu'un de très optimiste, et il savait que ces frères étaient des battants depuis toujours, et que rien ni personne ne pourrait venir à bout de leur volonté. Ils avaient traversé tant de choses ensemble depuis qu'ils étaient des enfants, que cela ne pouvait pas se terminer comme cela. Si il était revenu à la vie, c'était pour pouvoir vivre avec ces frères et partager un bonheur bien mérité dans cette paix qu'ils avaient tous si chèrement gagné.

Saori passa une main sur son front, comme pour faire disparaître les traces de peur qui marquait son visage et offrir au chevalier de bronze un regard plus confiant qu'il lui connaissait bien.

-Nous devrions rentrer Saori. Nous repasserons les voir dès la première heure, demain matin. Pour l'instant, il ne nous sera pas permis de les voir je pense. Et puis tu as besoin de repos toi aussi, n'est-ce pas?

La jeune fille ne répondit rien. Elle se sentait épuisé, mais pas tant physiquement que mentalement. Elle se contenta donc de suivre son ami au travers des couloirs avant de prendre à ces côtés la direction de la sortie. Sa maison se trouvait à quelques centaines de mètres, il leur suffisait de traverser l'allée que des bosquets de fleurs printanières entouraient pour l'atteindre. L'air de la nuit été tiède, et là haut dans le ciel, les étoiles brillaient avec douceur, entourant une lune au rayonnement étrangement puissant. Ces rayons froid et opalescents semblaient recouvrir toute chose, donnant à la nature une beauté digne d'un tableau des plus grand maître.

-Saori, il faudrait que je te parle. Je ne sais pas si le moment est très bien choisi pour te dire cela, mais après tout, cela fait trop longtemps que je garde cela sur mon coeur, et si je n'ose pas maintenant, je ne suis plus sur d'oser jamais.

Seiya sourit à la jeune fille qui cessa d'observer le paysage nocturne qui la fascinait quelques secondes auparavant. La voix de son ami se voulait assurer et rassurante, comme à l'habitude, pourtant il y avait autre chose. Que voulait-il lui dire? Elle en avait déjà une vague idée, mais n'était pas certaine de vouloir entendre ces mots, pour une obscure raison qu'elle n'arrivait pas à s'expliquer à elle-même.

Les yeux marrons de Seiya regardait Saori avec un sourire plein de tendresse. Ce qu'il avait à lui dire n'était pas aisé, mais après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble, il lui semblait que tout cela était l'évidence même.

-Saori, cela fait longtemps que je ne te considère plus que comme la déesse Athéna ou une simple amie. Ce que j'éprouve pour toi va bien au delà de ces sentiments. Je ne pourrai pas vivre sans toi... Seiya s'approcha d'avantage de Saori, jusqu'à sentir les battements de son coeur contre sa poitrine. Le coeur de la jeune fille s'affolait, alors que ces yeux bruns le regardait avec intensité.

"Saori, je t'ai..."

Un cosmos d'une puissance incalculable envahit l'espace dans lequel ils se trouvaient tout deux, illuminant le parc d'éclairs dorés.

-Mais qu'est-ce que c'est?! s'écria Seiya alors qu'il tentait de voir quelque chose à ce qui l'entourait, la lumière que dégageait cette cosmo-énergie l'ayant presque aveuglé, tout comme Saori qui clignait des yeux avec affolement.

-Ce cosmos est si puissant, c'est incroya...

Soudain, une voix s'éleva, résonnant partout, emplissant l'espace:

-Athéna, gardienne de la Terre, je dois te féliciter pour tout ce que tu as accompli avec tes chevaliers lors de cette réincarnation, comme lors des précédentes. Tu m'as prouvé une nouvelle fois que tu étais bien l'un des quatre maîtres de l'univers et que pour toi, l'intérêt des hommes passe avant ton propre intérêt.

Saori ne dit rien. Il lui semblait connaître cette voix. Elle était si majestueuse, elle inspirait un tel respect...

-Si j'ai ramené tes guerriers à la vie aujourd'hui, c'est pour la simple raison qu'une nouvelle guerre sainte va de nouveau éclater dans les jours à venir.

-Comment? De nouveaux combats!!? s'exclama Seiya, s'indignant presque en apprenant cette nouvelle. Il sortait juste de la clinique où ses frères se trouvaient dans le coma, et il était évident qu'ils ne pourraient plus livrer bataille avant de nombreux mois. Alors si une nouvelle guerre sainte venait à éclater dans les prochains jours comme le prétendait cette voix venue des cieux...

-Je comprends ton indignation, chevalier Pégase. Cependant, je ne suis nullement responsable des actions maléfiques des autres dieux de l'Olympe. D'ordinaire, je n'interviens jamais dans les affaires qui concernent la terre, et je me contente de regarder depuis l'Olympe ce qui se passe, mais pour cette fois, je me devais à tout prix d'intervenir, car sans cela, le bonheur de l'humanité toute entière aurait été menacer. Il fallait ramener tes guerriers à la vie, déesse Athéna, afin qu'ils t'aident dans ta prochaine guerre sainte face à deux des plus terribles dieux qui soient et à leur terrifiants alliés.

Saori leva les yeux vers le ciel, et à cet instant son regard se posa sur la lune dont l'étrange clarté l'avait intrigué.

-Deux dieux?! Deux des douze maître de l'Olympe, mais enfin, c'est de la folie!! s'écria Seiya alors qu'il attendait une réaction de la part de Saori.

Cette dernière semblait attendre la suite des instructions de la mystérieuse personne qui avait ramené à la vie les chevaliers.

-Saori, mais qui est-ce? interrogea Seiya à voix basse.

-C'est mon père, le roi des dieux: Zeus.

-Zeus?

Seiya n'arrivait pas à y croire. C'était le roi des dieux qui l'avait ramené à la vie...

Et maintenant, il ordonnait à Saori de mener une autre guerre sainte pour défendre la terre face à de nouveaux ennemis. Seiya comprenait ce raisonnement: puisque Saori était la gardienne de la Terre, elle se devait de la protéger, mais contre deux dieux à la fois... Déjà qu'il n'avait pas été facile de faire face à Hadès seul... ou encore à Poséidon, alors là...

-Chevalier Pégase, je devine tes pensées... reprit la voix de Zeus, qui se faisait compréhensive. Vaincre deux des maîtres de l'Olympe alors qu'Athéna est seule pour en venir à bout doit vous sembler être une épreuve infranchissable, même pour vous à qui le courage n'a jamais fait défaut. C'est pourquoi ma fille, je vais te demander de faire renaître l'âme de Poséidon que tu as scellé dans ton urne sacrée.

-Le réveiller? Père, vous voulez dire qu'il nous aiderait à vaincre nos nouveaux ennemis?! Mais c'est impossible, Poséidon a toujours été l'un de mes principaux opposants...

Saori ne savait pas comment réagir face à tant de nouvelles qui lui tombaient du ciel d'un seul coup. Elle se rappelait parfaitement du mal qu'elle avait eu à vaincre le dieu des mers, et même si c'était là un ordre de son propre père de le réveiller, elle hésitait à accomplir la volonté du maître des dieux.

-Athéna, aurais-tu déjà oublié qu'il est venu en aide à tes chevaliers pendant la bataille d'Élision?

Seiya se figea à ces paroles. Il se rappelait parfaitement que c'était grâce à l'âme du dieu des mers que les armures d'or avaient pu faire route jusqu'à Élision où ils livraient tous une lutte acharnée face à Thanatos.

Saori aussi semblait être au courrant de cela, car l'inquiétude se dissipa des traits de son visage. Elle était la seule capable de briser son propre scellé, et elle savait que si elle si prenait bien, elle pourrait faire en sorte que le jeune Julian Solo ait un entier contrôle sur l'esprit vengeur du dieu des mers. Et même si elle ne parvenait pas à rendre Julian totalement maître de Poséidon, elle savait que ce dernier lui viendrait en aide pour ne pas voir la terre lui échapper à cause d'autres ennemis. Et que pourrait-il faire, seul face à tous les chevaliers d'or et elle-même si l'envie de reprendre le pouvoir le tenaillait trop?

-Bien majesté... Je vais réveiller Poséidon afin qu'il m'assiste moi et mes chevaliers dans ma nouvelle guerre. Je vous remercie d'avoir fait revenir à la vie tous ceux qui m'ont tant aidé durant la bataille d'Hadès.

-Athéna, je suis sûr qu'avec les chevaliers d'or à tes côtés, tu remporteras une nouvelle fois la victoire, quel que soit la puissance dont feront preuve tes adversaires. Mais une dernière chose avant que je ne cesse d'intervenir ainsi dans le destin de ton domaine: méfie toi des ombres de ceux qui vont t'attaquer.

Saori fronça les sourcils. Elle aurait voulu en demander plus à Zeus sur ce qu'il voulait dire lorsqu'il parlait des "ombres" de ces futurs adversaires, mais elle n'en eu pas le temps car déjà le cosmos du roi des dieux disparaissait et les laissait baigné dans une étrange atmosphère nocturne elle et Seiya.

Tout ce qu'ils allaient se dire quelques instants plus tôt avait été comme oublier, ou plutôt mis de côté car l'heure se faisait plus grave que jamais. Alors que Saori reprenait la route de sa luxueuse demeure et pénétrait à l'intérieur, Tatsumi lui ouvrant grand la porte, elle sut qu'elle était la meilleure décision à prendre. Elle demanda à l'un de ces serviteurs de contacter le Sanctuaire de toute urgence. Elle n'allait pas en parler ce soir à Seiya qui avait lui aussi fort à penser et préférerait attendre demain matin pour lui dire ce qu'elle avait décidé de faire. Elle parlerait lorsque la soeur du chevalier Pégase serait à ces côtés, car elle savait qu'ainsi, elle parviendrait peut-être à tempérer Seiya.


Cela faisait des semaines que Julian Solo parcourrait le monde aux côtés de son ami Sorrente pour venir en aide aux personnes les plus touchées par les catastrophes terribles qui avaient eu lieu ces derniers mois et qui avaient fait un nombre incalculable de victimes. Une bonne partie de sa fortune était passée dans des associations d'aide aux enfants orphelins, mais il savait que cela ne suffirait jamais à leur rendre tout ce qu'ils avaient perdu au cour de ces dix jours de tragédie. Pour une raison qui le dépassait toujours, il se sentait coupable vis à vis de toutes les personnes ayant soufferts lors de ces évènements. C'était pour lui un grand mystère, une question qui n'obtenait aucune réponse, pourtant il savait que de près ou de loin, il avait joué un rôle dans toute cette sinistre affaire. Personne n'avait été en mesure de lui dire ce qu'il avait fait pendant toute la semaine où ces drames avaient eu lieu, et lui même ne pouvait pas apporter de réponse à ces interrogations puisqu'il était amnésique sur ce court lapse de temps. Il se rappelait simplement du jour où on l'avait découvert inanimé sur une plage de la mer Égée.

Peu de temps après, alors qu'il venait de décider de parcourir le monde pour aider les gens qui en avaient besoin, il avait fait connaissance avec un jeune homme de son âge du nom de Sorrente. Ce dernier se trouvait être étudiant en musique, et il tenait à l'accompagner dans son voyage. Julian s'était tout de suite prit d'amitié avec ce garçon dont il se sentait aujourd'hui extrêmes proche et qu'il pouvait qualifier sans peur de se tromper comme étant son meilleur ami.

Pourtant, avec Sorrente aussi il y avait quelque chose de bizarre: il avait l'impression de le connaître depuis très longtemps, que leur destin s'était déjà croisé une fois au moins dans cette vie. Et son intuition lui disait que le jeune flûtiste avait sans nul doute un lien étroit avec son amnésie. A une ou deux reprises déjà, il avait essayé de lui en parler, de lui demander si il n'en savait pas plus qu'il ne voulait bien le dire, mais Sorrente avait toujours eu des réponses évasives, prouvant qu'il n'avait- soi disant- aucun lien avec ce dont on lui parlait, soit qu'il ne voulait nullement approfondir ce sujet épineux.

De plus, Julian faisait des rêves de plus en plus étrange au fur et à mesure que les semaines passaient. Il voyait une sorte de royaume dont il ne connaissait pas la nature et qu'il aurait été bien incapable de situer sur une quelconque carte du monde, un royaume antique dont la grandeur semblait sans égal et dont il paraissait qu'il se dégagea une impression de majesté.

Sept hommes, dont il ne parvenaient jamais à distinguer les visages clairement se trouvaient près de lui, couverts de vêtements métallique étranges, auxquels il n'aurait pas su donner de nom non plus. Et il savait que l'un d'eux jouait de la flûte. Une musique ensorcelante s'échappait sans cesse de son instrument, envoûtant tous ceux qui l'écoutait. C'était d'ailleurs ce dernier détail qui lui avait donné l'impression que Sorrente ne pouvait pas être étranger à toute cette histoire.

Et lui, il se trouvait debout devant une foule l'acclamant comme si il avait été...un dieu. Oui, c'était exactement cela, comme si il avait été un dieu vivant, adoré par son peuple.

Il ne trouvait aucune signification précise à tout cela, mais il avait comme dans l'idée que le jour où il comprendrait tout cela se rapprochait à grands pas.

Pour l'heure, il se trouvait dans l'une de ces propriétés luxueuses, celle-là même où il avait donné une réception gigantesque en l'honneur de son seizième anniversaire. Il avait décidé de s'accorder deux jours de repos, avant de repartir dans sa quête humanitaire. Il ne savait pas encore pourquoi, mais il avait senti comme une nécessité de se rapprocher de la mer pendant quelques jours, comme si c'était là sa place.

Sorrente logeait également dans sa villa, et il n'avait qu'à tendre un peu l'oreille pour entendre le son de sa flûte qui semblait s'unir avec l'océan environnant, pour bercer tous ceux qui auraient bien voulu les écouter.


Saori se tenait immobile dans son salon, les yeux fermés pour se permettre de mieux concentrer l'énergie dont elle avait besoin et les mains serrées l'une contre l'autre, dans une attitude de prière qui lui ressemblait bien. Sa douce aura dégageait une puissance impressionnante alors qu'elle accomplissait la mission que Zeus lui avait confié. Dans sa tête, elle voyait l'urne du dieu des mers, posée au beau milieu des ruines du Sanctuaire sous marin. Son scellé si trouvait encore et elle savait qu'elle devait le retirer sans plus attendre.

Seiya se trouvait juste derrière elle, l'observant avec anxiété. Il savait que les ordres de Zeus devaient être respectés à la lettre et dans les plus brefs délais, même si il conservait une méfiance à l'égard de celui que sa déesse devait sauver. Il se rappelait encore de la douleur et de la souffrance que chacun avait ressenti pour venir à bout de lui, pour briser le pilier central de l'empire et pour permettre à la Justice de triompher. Mais si le roi des dieux avait dit que son frère Poséidon viendrait en aide à Athéna, c'était sans nul doute qu'il devait avoir ces raisons, et personne n'avait le droit de remettre sa parole en doute, car il n'agissait que pour le bien des hommes, à l'image de sa fille en ce moment même.

Bientôt, son cosmos s'intensifia d'avantage et l'aura de clarté qui l'entourait s'agrandit encore, baignant toute la pièce dans une lumière dorée.

Elle fronça les sourcils, pour accroître sa concentration et se permettre d'accomplir un miracle dont elle seule se savait capable. Le sceau qu'elle avait elle-même apposé commença lentement à se retirer de l'urne aux motifs compliqués et bientôt, elle put voir des rayons d'énergie bleue en jaillir et illuminés toutes les ruines du Sanctuaire sous marin. Et elle sut qu'elle avait réussi: elle venait de ramener à la vie l'âme de l'empereur des mers.


Julian Solo sursauta, alors que brusquement, il se retrouvait entouré d'une énergie incalculable et que toutes les brides de sa mémoire disparut le submergeaient de nouveau. Il fit un pas en avant, et au même moment, Sorrente, alarmé par cette étrange aura qu'il aurait pu reconnaître entre mille, ouvrit la porte qui menait à la pièce où Julian se trouvait.

Le jeune musicien l'observa avec de grands yeux écarquillés par la surprise. Il devinait ce qui s'était produit, même si il ne comprenait pas comment une telle chose était possible. Il aurait voulu parler avec clarté, que les mots viennent à sa bouche avec facilité, mais la situation dans laquelle il se trouvait l'abasourdissait tant qu'il put à peine chuchoter ces quelques mots:

-Julian, mais que vous...?

Le jeune homme aux longs cheveux bleus se retourna avec un sourire plein d'assurance. Il avait changé, c'était évident. L'aura qui se dégageait de lui était pleine d'un charisme qui forçait le respect, un charisme qu'aucun humain ne pouvait dégager. Il était redevenu le dieu des mers, et savait ce qui lui restait à faire. Il devait à tout prix rencontrer Athéna, et parvenir à faire en sorte de faire renaître le Sanctuaire sous-marin et tout le domaine qu'il avait créer lors de l'époque de la mythologie. On avait détruit ce qui lui appartenait, et il n'entendait pas que les choses continues à se passer de la sorte. Son retour était une chance inopinée pour lui de refaire valoir ses droits...


L'avion privé de la Fondation venait tout juste d'atterrir à l'aéroport de Tokyo, et déjà, les passagers qui se trouvait à l'intérieur en sortait.

Il y avait là Seïka, qui se mourrait d'envie à l'idée de revoir Seiya, Camus, qui lui aussi désirait ardemment revoir son disciple, et le vieux maître qui souhaitait revoir Shiryu. Sans doute Shunreï aussi allait-elle venir des Cinq Pics pour rendre visite au garçon qu'elle aimait.

Pour leur part, les autres chevaliers d'or avaient tenu à rester dans le Sanctuaire, car ils avaient reçu le dernier message de Saori Kido et se doutaient déjà qu'une nouvelle guerre sainte approchait à grand pas et qu'il leur fallait pour l'heure garder le Sanctuaire en attendant d'en savoir plus. L'inquiétude avait fait place à la liesse dans le domaine de la déesse de la Guerre, et Camus comme Dohko avait dans l'idée que leur voyage au Japon serait de très courte durée et qu'ils ne repartiraient pas seul vers la Grèce.

Il ne leur fallut qu'une dizaine de minutes pour atteindre la clinique de repos où les chevaliers de bronze se trouvaient, et les deux chevaliers échangèrent plus d'un regard entendu alors qu'ils réalisaient avec bonheur qu'ils étaient bel et bien en vie, en train de parcourir une autoroute dans un taxi, comme les personnes les plus normales qui soient. Et même si ils se doutaient que ce calme dans lequel ils baignaient ne serait que de courte durée, ils tenaient à en profiter au maximum.

Ce fut Seïka qui la première pénétra dans le hall d'entrée de l'établissement, un air des plus enjoué sur son visage. Depuis qu'elle était montée dans l'avion, elle se mourrait d'impatience de revoir son jeune frère, et plus l'instant des retrouvailles approchaient, moins elle tenait en place. Alors que la jeune fille aux cheveux rouges s'adressait à la secrétaire qui se trouvait là pour aider les visiteurs, le vieux maître eut la surprise de voir arriver quelqu'un qu'il connaissait bien. Il s'agissait de Shunreï, qui s'avançait avec sa timidité habituelle sur l'allée menant à l'entrée par laquelle ils venaient tous trois de pénétrer.

Dohko fit signe à Camus qu'il allait au devant de la jeune fille, ce à quoi le chevalier du Verseau répondit par un calme signe de la tête qui lui ressemblait bien.

La jeune fille sursauta presque alors qu'un homme de grande taille, brun et qui ne semblait pas âgé de plus d'une vingtaine d'années tout au plus sembla s'approcher d'elle. Elle se retourna à plusieurs reprises pour voir si c'était bien à elle qu'il adressait ces grands signes de main mais il n'y avait personne d'autre qu'elle dans les parages et elle dut se rendre à l'évidence: soit la personne qui s'approchait d'elle la connaissait et elle ne se rappelait plus de qui il s'agissait, soit il s'agissait là d'un fou qui la prenait pour quelqu'un d'autre.

Shunreï n'aimait pas du tout l'ambiance des grandes villes comme Tokyo, elle qui avait vécu toute sa vie dans l'une des provinces chinoises les plus retirée de la civilisation moderne, et l'idée d'être confronter à des inconnus ne la rassurait pas.

-Shunreï! Tu es venue très rapidement dis moi! s'exclama l'homme qui ne se trouvait plus maintenant qu'à quelques mètres d'elle.

-Qui.. qui êtes vous? demanda-t-elle d'une voix qu'elle aurait voulu assurer mais qui trahissait sa peur.

-Tu ne me reconnais donc pas? questionna le garçon en posant ces poings sur ces hanches comme en un signe de réprobation.

-Non... elle réfléchit un court instant avant de se dire que la voix de cette personne ne lui était pas inconnue.

"Vieux maître, c'est bien vous? Mais comment est-ce possible?

Dohko haussa les épaules avec désinvolture:

-Va, je t'expliquerais la manière dont j'ai rajeuni plus tard. Pour l'instant, nous devons nous rendre auprès de Shiryu qui est malade.

La jeune fille lui emboîta le pas. Il lui tardait déjà de revoir le visage du chevalier du Dragon.

Dans la clinique, Seïka était déjà montée dans la chambre où se trouvait les quatre chevaliers de bronze, tout comme Camus.

Au moment même où elle ouvrait la porte et que ces yeux commencèrent à balayer l'intérieur de la pièce, elle eut la surprise d'apercevoir celui pour qui elle avait fait tout ce déplacement.

-Seiya! s'écria-t-elle, les yeux emplis de larmes, alors qu'elle se précipitait dans ces bras.

-Seïka?! C'est bien toi? Mais c'est merveilleux!

Le chevalier Pégase n'arrivait pas à croire à la scène qu'il vivait. Après tant d'années d'attente et de recherche, il se trouvait enfin devant celle qu'il aimait tant. alors qu'il la serrait de toute ces forces dans ces bras de peur de la voir s'envoler en fumée, il réalisa que c'était grâce à elle qu'il en était arrivé là. Si Saori ne lui avait pas promis de faire des recherches pour l'aider à la retrouver, il n'aurait jamais participé au tournoi Intergalactique, et il n'aurait jamais pu lié une si forte amitié avec ces frères. Et tout au long de ces combats, c'était elle qui avait été sa source d'espoir, le rattachant bien souvent à la vie alors que tout semblait perdu. Il s'était toujours promis de ne pas mourir avant de l'avoir revu, et grâce à Zeus, il avait tenu sa promesse.

Saori, qui se tenait assise sur une chaise au chevet de ces amis s'était levée alors qu'elle sentait des larmes lui monter aux yeux à elle aussi. Elle était heureuse pour son ami que son rêve le plus cher devienne réalité. Et puis la présence de Seïka allait grandement lui faciliter la tache.

Le chevalier du Verseau, s'approcha d'elle et la salua avec une voix lourde d'émotion, même si il se gardait bien de montrer ce qu'il ressentait à cet instant sur les traits de son visage.

-Athéna, je suis très heureux de vous revoir.

-Moi aussi Camus.

Elle se recula un peu pour laisser passage à son chevalier d'or afin que ce dernier puisse accéder au lit de Hyoga.

Le chevalier du Cygne était couvert de cicatrices terribles, et son teint était plus blanc que la neige de Sibérie. Les machines qui le maintenait en vie étaient visiblement plus que nécessaire et Camus devait se rendre à l'évidence: son disciple était dans un état déplorable, et il ne pourrait pas lui parler cette fois-ci. Tant pis, avec un peu de chance, leurs retrouvailles seraient pour plus tard.

Dohko et Shunreï pénétrèrent à leur tour dans la pièce.

-Au mon dieu, Shiryu! s'écria Shunreï en apercevant son ami qui se trouvait dans un état similaire de celui de Hyoga.

"Ce n'est pas possible. Mais qu'est-ce qu'on t'a fait?

Dohko ne dit rien alors qu'il réalisait à son tour le dramatique de la situation. La guerre contre Hadès avait été terrible pour les jeunes chevaliers de bronze.

Saori s'approcha lentement du Vieux maître, demanda en même temps à Camus de la suivre quelques instants à l'extérieur de la pièce pour leur parler plus librement.

Une fois qu'ils se retrouvèrent tous trois dans le couloir, Athéna commença à s'adresser à eux d'une voix calme.

-Chevaliers, laissez moi d'abord vous dire combien je suis heureuse que vous et les autres gardiens des douze maisons soyez en vie. Je suis désolée d'être aussi brusque cependant, mais je crois que l'heure est grave et ne prête pas aux retrouvailles.

Les deux hommes hochèrent la tête pour montrer qu'ils s'accordaient avec les idées de la jeune fille.

-Comme je vous l'ai laissé supposer dans le second message que je vous ai fait parvenir, une nouvelle guerre sainte va commencer. Je ne sais pas encore qui seront nos adversaires, mais leur puissance est si redoutable que le grand Zeus lui-même semble s'en inquiéter. Je vais donc rejoindre le Sanctuaire aujourd'hui même afin que nous soyons près le plus tôt possible.

La jeune fille se tut, comme si elle cherchait ces mots, car ce qui allait suivre ne lui était pas aisé.

-Pour la première fois, je ne veux pas que mes chevaliers de bronze participent à cette bataille. Lors de la guerre d'Hadès déjà, je leur avait interdit l'entrée du Sanctuaire, mais cela ne les avait pourtant pas empêcher de me rejoindre, mais cette fois-ci c'est différent. Ils ont été tellement affecté par la guerre qui vient juste de se terminer et leur état de santé est tellement déplorable qu'ils sont dans l'incapacité de faire quoi que ce soit. Et je vais vous confier une chose: je suis presque heureuse de les voir allonger comme cela sur des lits d'hôpitaux, car je sais qu'ainsi, ils ne pourront pas tenter d'intervenir dans cette nouvelle bataille. Ils ont trop de fois risqué leur vie. Maintenant, il est temps pour eux de se reposer et d'avoir une vie normale.

Camus n'ajouta rien à ces phrases qu'il trouvait parfaitement juste.

-Je suis d'accord avec vous princesse. Cependant, pensez-vous vraiment que le jeune Seiya ne tentera rien pour vous suivre? interrogea Dohko.

Saori eut un soupir à peine audible.

-Pour lui aussi l'heure du repos est arrivé. Il a retrouvé sa soeur et ne doit pas prendre le risque de la perdre après seulement quelques heures passées ensemble. Cette guerre est pour nous autres, chevaliers d'or.


Le chaud soleil de la Grèce brûlait la peau de Saori depuis maintenant près de deux jours. Elle avait regagné la chambre Sacrée, et attendait calmement un signe de ces adversaires, mais aussi et surtout de Poséidon qu'elle savait être à Athènes tout comme elle. Elle se demandait pourquoi est-ce qu'il n'était toujours pas venu la rencontrer, pour lui demander la raison de son réveil. Sans doute ne tarderait-il plus à le faire.

Les chevaliers d'or se trouvaient tous réunis sur le sol de son domaine, et leur aura respectives étaient toutes plus puissantes les unes que les autres. Chacun semblait prêt à affronter les nouveaux adversaires, et comme ils ne se manifestaient pas encore, tous vaquaient à leurs occupations respectives.

Shaka logeait pour l'heure dans le temple du Bélier auprès de son ami Mu, car sa maison avait été entièrement détruite après le combat terrifiant de Twin Sal et que la reconstruction d'un tel édifice promettait d'être longue. Le chevalier de la Vierge passait ses journées à méditer comme à son habitude, alors que de son côté le chevalier d'or du Bélier se devait de réparer les cinq armures d'or que Thanatos avait mise en pièce à Élision.

Dès son retour, Athéna avait fait en sorte de ramener de l'Hadès les douze armures d'or, et toutes se trouvaient intactes, sauf celle du Lion, de la Vierge, du Sagittaire, du Verseau et de la Balance, car c'était celles-ci que les saints de bronze avaient revêtu au court de leur combat.

Il fallait qu'elles soient prêtes dans les plus brefs délais, ce qui forçait Mu à faire l'impossible. Il passait toute ces journées à y travailler, au côté de son disciple Kiki.

Quand aux autres chevaliers, certains d'entre eux entraînaient des disciples dans les arènes, afin de former de nouveau chevaliers d'argent dans les années à venir, cet ordre étant actuellement le plus pauvre en chevalier, de nombreuse armure restant sans propriétaire depuis la mort de ces derniers face aux chevaliers de bronze.

Saori se tenait pour la majeure partie de son temps sur le balcon qui surplombait le Sanctuaire, afin de surveiller que tout se passait pour le mieux. Elle avait demandé à Dohko de devenir le nouveau Grand Pope, et comme chacun s'y attendait, il avait accepté.

Depuis qu'elle avait quitté le Japon, elle ne cessait de s'enquérir de l'état de santé des chevaliers de bronze, mais celui-ci stagnait et ne semblait pas prêt de s'améliorer. Quand à Seiya, il avait eu beaucoup de mal à admettre que Saori ne voulait pas de lui pour la prochaine bataille, mais la jeune fille s'était montrée si obstinée qu'elle avait fini par la convaincre à contre coeur. Elle supposait que le chevalier devait lui en vouloir et la trouver injuste, mais elle savait bien qu'elle n'avait pas eu tord d'agir de la sorte. Et Seïka l'en avait d'ailleurs vivement remercié du regard, avant d'emmener son frère pour tenter de lui faire comprendre que ce que lui avait dit la réincarnation d'Athéna était pour son bien. Si Seïka n'avait pas été à ses côtés pour s'occuper de lui, il y avait fort à parier qu'il serait en ce moment même en train de forcer les portes du Sanctuaire pour la rejoindre.

Et qu'avait-il voulu lui dire, le soir de leur retour sur terre? Saori passa ses mains fines sur sa robe d'une blancheur immaculé afin d'en lisser les pans pour se donner une contenance. Elle savait très bien quels étaient les mots que le chevalier Pégase n'avait pu prononcer à cause de l'intervention de Zeus, et il valait mieux que les choses se soient passées ainsi, car cela n'aurait fait que de lui alourdir le coeur lors de ces futurs combats, mais aussi cela l'aurait forcé à autoriser Seiya à combattre à ses côtés.

Et puis, elle même n'aurait su que répondre à ces mots. Elle savait bien que les sentiments de Seiya avait toujours été très ardents à son égard, et cela la troublait profondément...

Elle prit une profonde inspiration avant de retourner s'asseoir sur son trône. L'atmosphère de la salle du Pope était fraîche grâce aux immenses colonnes et aux dalles de marbre qui empêchaient l'étouffante chaleur de l'extérieur de pénétrer jusqu'ici.

Alors qu'elle allait se replonger dans ces pensées, elle entendit frapper contre les battants des grandes portes de bronze.

-Entrez! ordonna-t-elle de sa voix calme.

L'un des gardes du palais apparut, portant à la main deux lettres. Elle avait demandé à Tatsumi de faire envoyer tout son courrier qui arriverait au Japon dans le Sanctuaire, et comme chaque matin, on lui apportait les dernières lettres arrivées. Bien souvent, il ne s'agissait que de lettres d'affaire, strictement professionnelles, et elle ne doutait pas qu'aujourd'hui encore, il en irait de même.

Elle remercia le garde alors qu'il s'éloignait déjà en la saluant, et sursauta en voyant les noms des expéditeurs des deux lettres. La première venait de Julian Solo, et la seconde venait de son amie Hilda de Polaris.

Dans son empressement, elle ouvrit d'abord celle de la réincarnation de Poséidon. Julian Solo l'invitait à venir la voir au Cap Sounion afin qu'ils puissent mettre les " choses au clair" sur un terrain neutre. Visiblement, l'empereur des mers conservait une grande méfiance à son égard, et elle allait sans doute devoir faire des pieds et des mains pour le convaincre que son réveil n'était pas un piège qu'elle lui tendait.

Quand à la seconde lettre, il s'agissait simplement de félicitations que lui adressait la grande prêtresse d'Odin pour le miracle qu'elle et ses chevaliers avait accompli dans l'Hadès. Saori était très heureuse de savoir que son amie Hilda allait bien, et elle se promit de lui répondre dans les plus bref délais.

Mais pour l'heure elle avait plus important à faire, elle devait aller à la rencontre de Poséidon.


Le soleil tapait très fort alors que le début d'après midi s'annonçait aussi caniculaire que les précédents. Saori n'avait pas tenu à être accompagné par l'un de ces chevaliers pour remplir son devoir, mais le Grand Pope avait beaucoup insister pour qu'elle ne s'y rende pas seule, et c'est ainsi qu'elle se retrouvait à marcher sur les chemins poussiéreux qui menaient au abord du Cap Sounion en compagnie d'Aiolia, comme si tous deux n'avaient été que de simples touristes. Au milieu des ruines, on pouvait apercevoir une multitude de personnes en train de se presser autour d'un guide, et Saori remercia le ciel que Julian Solo lui ai donner rendez-vous à l'écart de tout ce petit monde qui aurait pu entendre leur conversation.

Elle l'aperçut de loin, debout, regardant la mer depuis le sommet d'une falaise. A ces côtés se trouvait Sorrente qui avait visiblement lui aussi tenu à accompagner le dieu qu'il servait tout comme le chevalier du Lion.

-Te voila Saori... s'exclama-t-il d'une voix posée qui ne laissait nullement transparaître ces émotions.

Saori le salua discrètement, attendant ensuite qu'il ne commence à lui parler.

-Saori, j'aimerai savoir quelle est la raison qui t'a fait me ramener à la vie, alors que tu m'avais toi-même emprisonné lors de notre dernière bataille?

Athéna eut un sourire à l'adresse d'Aiolia qui se tenait sur ces gardes, ne sachant si il était en présence d'un ennemi ou non.

-Je vais avoir besoin de ton aide, Poséidon, et ce dans un futur très proche.

Elle marqua une minute de silence afin de trouver les mots justes qui toucheraient Julian Solo, puis lui raconta sa conversation avec Zeus dans les moindres détails.

-Je vois, reprit le jeune homme. Je m'étais attendu à quelque chose comme cela. C'était très malin de ta part, Athéna, de me faire revenir à la vie car tu te doutais que je t'aiderai, étant donner que je ne veux pas voir la terre m'échapper au profit d'autres dieux. Tu sais que tu peux compter sur mon appui dans ton nouveau combat car je ne peux pas faire autrement. Mais je ne voudrais tout de même pas que tu me prennes pour l'un de tes alliés. Alors regarde bien.

Le jeune homme pointa son index vers l'horizon, vers la mer.

-C'est mon domaine, et ce depuis la nuit des temps. Tu l'as détruit, et en faisant cela, tu as été contre les règles même de l'univers. En réduisant à néant deux des principaux domaines qui permettent de maintenir ce monde tel qu'il ait, tu mets en danger l'univers tout entier. Alors vois-tu, je vais te faciliter la tâche en réparant ton erreur.

Un cosmos d'une puissance terrifiante entoura bientôt Julian Solo, et de l'océan, une lumière aveuglante jaillit.

-Mais... que... que fais-tu? s'écria Saori, n'osa comprendre ce qui était en train de se passer sous ces yeux. Aiolia l'avait fait reculer de quelques pas par prudence, et le chevalier d'or scrutait lui aussi la Méditerranéenne avec anxiété.

-Tu le vois Athéna.

Alors qu'il continuait de parler, son cosmos se faisait de plus en plus puissant, et des gouttes de sueur vinrent bientôt perler sur son front, prouvant qu'il était en train d'accomplir un effort surhumain.

"Je suis en train de faire renaître mon royaume. J'avais mi des siècles à le bâtir, et il n'est pas question pour moi qu'aujourd'hui il n'en reste que des ruines.

Saori ne répondit rien à cela. Elle ne pouvait pas l'empêcher de faire renaître le royaume des mers, et elle comprenait ce que voulait dire Poséidon. Mais pour quelle raison -hormis sa fierté- faisait-il cela? Elle n'en avait aucune idée pour l'instant. La seule chose qui comptait pour elle était qu'il lui vienne en aide, et nul doute qu'il allait le faire très prochainement.


Fin de la Prologue

Chapitre 1


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