Le combat des dieux

Chapitre 1: Levé de rideau

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Le ciel d'Élision venait de se rembrunir encore d'avantage, alors qu'une voix désespérée s'élevait partout alentours.

"Impossible... Comment puis-je finir par mourir? Je suis un dieu et je meurs dans le monde des morts...? Non... Je ne peux pas y croire... Mais si je disparais, tout ce que j'avais construit disparaîtra avec moi... L'enfer comme Élision, le paradis... Athéna... Vous aussi, vous serez emportés dans l'effondrement de ce monde... Tu vois, les humains ne peuvent connaître une victoire totale... La déesse que tu es s'en rendra compte un jour... L'amour n'est rien de plus qu'une chimère créée pour rassurer... Mais au fond, très peu de gens croient en cet amour invisible... Très peu de gens...

Le sol, les temples et tout ce qui se trouvait sur cette terre sacrée semblaient à cet instant vouer à disparaître dans un effondrement sans précèdent.

Et ce fut la voix disparaissante du dieu des morts qui fit reprendre connaissance à Hypnos. Du sang coulait le long du visage du dieu du Sommeil, et la douleur qu'il éprouvait dans tout son être aurait sans doute retenu son attention si il ne l'avait pas entièrement focaliser sur ce qui se déroulait tout autour de lui. Il se redressa avec peine sur ces jambes, des lambeaux de son surplis tombant tout autour de lui, alors qu'il tentait de réaliser ce à quoi il assistait.

Le royaume dans lequel il se trouvait depuis la nuit des temps, cet endroit mythique qui servait de refuge aux dieux qui vivaient dans les Enfers était sur le point de disparaître sans laisser de trace. Comme si tous ces siècles de règne d'Hadès n'avaient été qu'un rêve, qu'Athéna avait aujourd'hui effacé d'un coup de sceptre.

-C'est impossible... commença à murmurer le dieu du Sommeil alors qu'il comprenait que si il voulait s'en sortir en vie, il se devait de faire vite.

"Comment sa majesté Hadès a-t-il put être vaincu par de simples mortels et par Athéna? Comment sont-ils parvenus à détruire son corps sacré?

Il commença à faire quelques pas, afin de se diriger vers la sortie menant à la dimension que seuls les dieux avaient le pouvoir de franchir. Son corps lui semblait lourd et ne répondait plus à ces ordres, cependant sa volonté de survie était telle qu'il savait déjà qu'il s'en sortirait. Il avait eu de la chance de ne pas périr totalement sous les coups de Shiryu et de Hyoga qui l'avaient laissé en plan pour aller au secours de leurs frères. Hypnos les avait prévenu de ne pas forcer Hadès à sortir du caveau, et même si ils avaient gagné la guerre, il était évident qu'ils y avaient beaucoup perdu aussi, puisque le chevalier Pégase était mort, il pouvait le dire sans peur de se tromper, car il ne sentait plus son cosmos.

Soudain, alors qu'il avançait en observant les ruines des temples qui s'effondraient sans crier garde et qu'il évitait aussi bien que possible les projectiles que cela provoquait, son regard vint se poser sur le corps inanimé de son frère.

Il allait passer à côté sans s'arrêter, lorsqu'un étrange doute s'empara de lui. Il était bien encore en vie, alors pourquoi pas Thanatos?

Il se pencha avec rapidité, sentant tous les os de son corps près à craquer face à l'effort colossal que cela représentait pour lui, tourna le corps de son frère afin d'en apercevoir le visage et de prendre sa respiration. Non... Il n'y avait plus rien à faire. Son jumeau semblait définitivement mort. Il reposa avec douceur la tête de ce dernier sur l'herbe encore couverte de fleurs avec amertume. Le chevalier Pégase ne l'avait pas épargné, mais Thanatos avait été venger par Hadès lui-même. Et il était temps pour Hypnos de repartir en laissant derrière lui la dépouille de...

-Hypn...

Une voix terriblement faible mais qu'il identifiait immédiatement comme étant celle du dieu de la Mort lui parvint.

-Thanatos, tu étais encore en vie?!

Hypnos prit le corps de son frère dans ces bras alors que ce dernier tentait d'ouvrir un oeil pour le regarder. Mais rien que ce geste était décidément trop dur pour lui et il n'avait même plus la force de l'accomplir.

-Nous allons partir d'ici au plus vite! s'écria Hypnos qui d'ordinaire n'était pas enclin à hausser la voix. Mais là c'était différent car le bruit alentours était si fort qu'il aurait été impossible à quiconque de l'entendre à moins qu'il ne cria avec force. Il tenait son frère d'un bras, l'aidant à marcher et bientôt, il réalisa qu'ils ne pourraient pas atteindre la sortie si ils continuaient à marcher au rythme chancelant de Thanatos.

Des étoiles filantes passèrent au dessus de leur têtes, pour disparaître dans le trou de la dimension des dieux.

-Athéna et les siens... Ils viennent de s'enfuir. Si nous n'en faisons pas autant, nous allons mourir pour de bon. Accroche-toi à moi de toutes tes forces mon frère! ordonna Hypnos alors qu'il intensifiait à son tour son cosmos à son paroxysme. A ces côtés, Thanatos avait perdu connaissance et pesait lourd sur son épaule. Le dieu du Sommeil s'élança vers les cieux à une vitesse hallucinante que seule une divinité pouvait atteindre, et il se fondit dans l'espace en un instant, coursant ainsi involontairement Athéna et ses chevaliers qui lui montraient le chemin de la terre. Si il ne les avait pas suivi, affaibli comme il l'était, il n'était pas certain qu'il ne se serait pas perdu dans les dimensions qu'ils traversaient tous à une vitesse dépassant celle de la lumière.

Et après ce qui lui sembla être une éternité, un immense rayonnement vint le frapper de plein fouet. La chute que lui et Thanatos firent en tombant des cieux fut spectaculaire, et leurs corps déjà meurtris firent un bruit sourd en touchant le sol.

Il fallut plusieurs minutes au dieu du Sommeil pour réaliser qu'il avait réussi à s'extirper de justesse du royaume d'Hadès. Et son frère? Il se trouvait à ses côtés, probablement évanoui pour l'instant.

Il s'assit avec lenteur, observant tout ce qui les entourait. Il ne faisait aucun doute qu'ils étaient sur la terre, cette planète qu'il n'avait plus foulée depuis des siècles et des siècles et qui lui apparaissait aujourd'hui comme étant le plus beau lieu du monde.

Bientôt, Thanatos se redressa avec peine à son tour, pour observer le paysage alentours.

-Nous... nous sommes sur la terre n'est-ce pas? demanda-t-il alors qu'il était agité d'une quinte de toux qui rendait sa voix rauque.

-Oui, déclara avec douceur Hypnos, qui avait retrouvé son calme légendaire.

Le paysage qui s'offrait à leur vue était celui d'une plage de sable blanc bordée par une mer dont le roulement des vagues semblait rythmer la nature alentour.

- C'est magnifique... lâcha Hypnos alors qu'il parcourait de son regard doré l'immensité bleue qui n'avait pas changé depuis la nuit des temps, et qui ne changerait probablement jamais.

-Tu trouves cela magnifique? interrogea Thanatos avec de l'ironie dans la voix. Nous sommes sur la terre des hommes, dans le domaine de cette maudite Athéna, notre seigneur a été vaincu et nous aussi, et toi, tout ce que tu trouves à dire c'est que 'c'est magnifique'?

Hypnos haussa les épaules en entendant la voix acide de son frère s'en prendre à lui.

-Tu sais, nous avons eu de la chance dans notre malheur. Et sans cette maudite Athéna, comme tu dis, nous ne saurions plus là.

-Et pourquoi?

-Parce que c'est elle qui a ouvert la brèche permettant d'atteindre la terre et que je n'ai fait que la suivre sans qu'elle s'en rende compte...

Thanatos hocha la tête avec perplexité alors que du sang coulait le long de son coup. Il ne devait pas avoir très fier allure, vêtu simplement d'une combinaison noire élimée en de multiples endroits et couvert de plaies toutes plus béantes les unes que les autres.

-Au fait Hypnos, je te remercie de m'avoir sauvé... dit le dieu de la Mort d'une voix plus douce qu'à l'ordinaire. Il se rendait compte à cet instant qu'il avait et pourrait toujours compté sur son frère, qui était après tout son compagnon depuis toujours.

Hypnos fit comme si il n'avait pas entendu les paroles que venaient de prononcer Thanatos, car ils n'avaient ni l'un ni l'autre pour habitude de montrer leurs sentiments réciproques et que cela les mettaient mal à l'aise.

-Et maintenant, que va-t-on faire? interrogea Hypnos alors que ces yeux ne quittait pas la Méditerranéenne.

-Nous allons venger sa majesté Hadès.

-Et comment? Nous ne sommes plus en état de nous battre.

-Sur ce point, je suis entièrement d'accord avec toi. Mais vois-tu, j'ai dans l'idée que ce sera un jeu d'enfant, maintenant que tous les chevaliers d'or et que Seiya sont morts...

Il allait poursuivre sa phrase lorsqu'un cosmos extrêmement puissant se fit ressentir et lui donna tord sur toute la ligne.

-Ce... Non... dis moi que je rêve... Mais ce n'est pas vrai... C'est un cauchemar... Tu as senti comme moi?

La voix de Thanatos était comme paralysée par ce qu'il venait de sentir et les mots venaient plus que difficilement dans sa gorge.

-C'était Zeus, dit simplement Hypnos alors que ces yeux s'écarquillaient de surprise.

"Il vient de ramener à la vie tous les chevaliers... C'est incroyable...

Thanatos eut un sourire carnassier.

-Et bien, il faut croire que cette chère Athéna n'en a pas encore finit avec les guerres saintes pour que les roi des dieux agissent de la sorte. Et tu sais, j'ai bien envie de lui en imposer une.

-Que veux-tu dire par là? questionna Hypnos qui devinait déjà que son frère était sur le point d'accoucher d'un plan des plus prometteur.

-Et bien, nous allons faire en sorte de ramener à la vie des adversaires de légendes pour Athéna et ses Saints. Oui, les adversaires les plus puissants que nous pourront trouver.

-Arès et ses Berserkers? interrogea Hypnos qui ne connaissait nul dieu plus puissant que celui de la Guerre et ces mythiques armées de barbares.

-Non. Tu sais bien que ce dernier travaille actuellement sur "La Saga d'Arès" de Saori, tempêta Thanatos. Par conséquent, il n'est pas disponible. Mais si nous ne pouvons pas avoir ce dieu, il nous faut des personnes ayant un pouvoir gigantesque également.

-Et à qui penses-tu?

-A Apollon et Artémis.

Hypnos eut un petit rire plein d'amertume à cette annonce.

-Les archers divins. C'est vrai que leur force est incroyable, et que les dieux qui les servent sont extraordinaires... Mais il y a un problème qui fait s'arrêter là ton joli plan, Thanatos: ils ne voudront jamais combattre Athéna.

-Et pourquoi, tu veux bien me le dire? Je sais qu'ils ne l'ont jamais affronté dans le passé, mais nous pourrons les embobiner facilement, car nous avons des atouts de taille avec nous.

-A oui, et lesquels? demanda Hypnos qui était de plus en plus intriguer par son jumeau qui semblait avoir tout prévu dans les moindres détails. Monter un plan n'avait jamais été un problème pour le dieu de la Mort, et son esprit de vengeance était si grand qu'il lui avait permis dans échafauder un en seulement quelques minutes.

-Ils n'ont jamais combattu Athéna parce que ces querelles qui l'opposait à d'autres dieux ne les touchaient ni de loin ni de prêt. Mais lorsqu'ils apprendront que l'Élision a été détruit, tout comme les Enfers, qu'Athéna à chacun de ces combats terrasse l'un des maîtres de l'univers et que si elle continue ainsi, elle finira par tuer tous les dieux et à mettre en danger la stabilité de l'Olympe et le règne de Zeus...

Hypnos rit en entendant les paroles de son frère.

-Je te reconnais bien là, Thanatos. Ne perdons pas de temps, et rendons nous sur l'île de Délos sans plus tarder et...

Le regard du dieu du Sommeil changea alors qu'il semblait apercevoir quelque chose s'approcher d'eux.

-Qu'est-ce que?... commença Thanatos alors qu'il suivait des yeux la chose qui semblait sidérer son frère.

"Oh, par Zeus! Des mortels! s'écria Thanatos alors qu'il retrouvait brusquement la force de se relever en apercevant un groupe de baigneurs qui s'approchait d'eux.

-Non... bredouilla le dieu de la Mort avec un sourire mi-moqueur, mi-horrifié au coins des lèvres.

"Non... ils ne vont quand même pas venir devant nous pour nous parler...

-Ce sont nos états déplorables qui ont du retenir leur attention alors qu'ils passaient sur la plage. Ils veulent sans doute nous porter secours...

Thanatos poussa un cri d'horreur à l'idée que des hommes pourraient lui venir en aide. Depuis la nuit des temps, il ne les portait pas vraiment dans son coeur, mais depuis qu'il avait été vaincu par un humain, la simple vision de l'un d'eux lui donnait la nausée.

La famille qui les avait vu s'approchait à présent en leur demandant si ils voulaient qu'on leur appel une ambulance.

-Laissez nous tranquille! s'exclama Thanatos qui sentait que ces nerfs allaient craqué si cette journée qui avait si mal commencer ne se finissait pas rapidement.

"Je suis un dieu vivant, et je refuse que des mortels s'approchent de moi!

Et sur ces paroles, lui et Hypnos disparurent derrière les dunes sous les yeux des touristes éberlués.


La température de fin d'après midi avait quelque chose de reposant dans un pays comme la Grèce, surtout en plein milieu de l'été. L'air devenait plus respirable et il semblait même que la nature reprenait vie, comme si les animaux se décidaient à sortir une fois que les plus grandes canicules journalières étaient passées.

Et c'était aussi à ce moment de la journée que l'astre du jour laissait dans le ciel les plus belles couleurs, celles qu'il tentait de capturer dans ces toiles depuis qu'il était en age de tenir un pinceau dans ces mains.

Il avait marché pendant longtemps pour trouver un coin tranquille, à l'abris de tout regard, un lieu très peu fréquenté par les hommes et qui laissait donc la nature prendre toutes les proportions grandioses qu'elle était capable de revêtir pour ceux qui avait le regard averti sur la beauté de la terre.

Il s'était toujours senti proche des forêts et des bois, de la mer, de tout ce qui lui permettait de créer des toiles chaque jour plus belles et qui ne cessaient d'accroître sa renommé mondial.

Il était aujourd'hui l'un des peintres les plus célèbres de la planète malgré son jeune age- il n'avait après tout que vingt ans- et l'exposition donné ce soir dans les salles du Musée National d'Athènes pour que les plus riches hommes du monde puissent venir y découvrir son travail en était la preuve la plus flagrante. Son talent était indéniable et ces succès était la pour le prouver.

Mais quand il se trouvait ainsi dans la nature, il n'avait plus l'impression d'être la même personne que dans toutes ces cérémonies où on l'invitait depuis maintenant plusieurs années. Il n'était plus celui qui expliquait avec fierté ce qu'il avait voulu rendre dans ces toiles à des personnes qui faisaient semblant de le comprendre, mais qui en fait s'intéressait juste à lui parce qu'on leur avait dit qu'il était un artiste d'avant garde, et qu'il ne serait pas mal pour eux de posséder une de ces toiles dans l'un des multiples salons de leurs palais. Il redevenait un esthète cherchant ce qu'il y avait de plus beau, et les toiles qu'il exécutait en si grand nombre, il les créait avant tout pour son propre plaisir et non pour celui des autres.

Il avait pris place sur un rocher bas qui se trouvait à l'orée du bois et qui lui permettait d'avoir une meilleure vue sur ce qui l'entourait.

Il peignait d'un trait vigoureux depuis plusieurs heures à présent, et sa nouvelle oeuvre commençait à prendre une bonne tournure. Il n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien être et comptait beaucoup sur sa chère Calliope ou l'une de ces soeurs pour le rappeler en temps et en heure afin qu'il soit prêt pour la réception de ce soir.

Depuis qu'il était un enfant, il avait toujours été habité par une passion débordante pour les Arts, et il avait l'habitude de leur consacrer le plus clair de son temps. Dès son plus jeune age, il avait fait preuve d'une grande dextérité à jouer de n'importe quel instrument de musique, à sculpter des reproductions de ces statues antiques qui le séduisait tant et lui donnait parfois même la nostalgie d'une période qu'il n'avait pourtant jamais connu: l'Antiquité.

Il avait passé son enfance en Italie, aux côtés de sa soeur jumelle aujourd'hui disparue, et ses parents n'avaient de cesse de s'émerveiller devant son talent incroyable. Sa vie aurait pu se poursuivre sous les meilleurs hospices, car sa famille faisait partie de la grande bourgeoisie du pays et qu'il ne manquait jamais de rien...

Seulement il y avait eu ce tragique accident qui avait bouleversé sa vie à jamais, brisant son bonheur si bien établi en même temps que sa famille.

Tout avait basculé par une chaude soirée d'été, alors que lui et sa soeur n'étaient encore âgés que de douze ans, et qu'ils attendaient sagement le retour de leurs parents, partis dans une quelconque soirée mondaine, comme ces derniers en avaient souvent l'obligation, étant donné le nombre invraisemblable de personnes qu'ils connaissaient et qu'ils étaient obligés de rencontrer pour faire progresser leurs affaires.

Il se rappellerait toujours de l'expression de tristesse qui flottait sur le visage de la gouvernante alors que celle-ci pénétrait d'un pas rapide dans la pièce où tous deux se trouvaient en train de discuter gaiement pour leur annoncer la terrible nouvelle: leurs parents avaient péri dans un horrible accident de voiture et ils étaient désormais orphelins. Aujourd'hui encore, il lui suffisait de fermer les yeux pour de nouveau voir le visage de sa soeur se maculer de larmes, puis la revoir s'enfuir sans attendre son reste pour trouver refuge dans sa chambre, car elle était une enfant silencieuse et qui n'aimait pas à être vue, surtout lorsqu'elle avait du chagrin. Pour sa part, il n'avait que très peu pleurer, ou alors il ne s'en rappelait pas, car il n'en avait pas eu le temps. Il devait consoler sa jumelle comme il avait toujours pris l'habitude de le faire, et c'était alors précipité à sa suite afin de lui apporter un peu de réconfort. Il avait cru pendant plusieurs jours que l'enfant se remettrait de la perte de ces parents qu'elle adorait, qu'elle pourrait être de nouveau heureuse un jour, mais il s'était trompé. Tous deux n'avaient aucune famille proche ou lointaine, et c'était les meilleurs amis de leurs défunts parents qui les avaient pris à leur charge. Ces derniers n'habitaient pas en Italie mais à Athènes dans une luxueuse villa, entourés de leur neuf filles. Vivre ainsi entouré d'une nouvelle famille aimante l'avait pour le moins aidé à se refaire des repères mais Diane, sa soeur, ne l'avait pas supporter. Elle était une enfant sauvage qui n'aimait que très peu de personne, et le seul individu qu'elle tolérait en dehors de ces parents était son frère. Comprenant que rien ne serait plus comme avant et que la vie lui avait pris les personnes qu'elle aimait le plus, elle s'était enfuie de la maison par une brûlante nuit d'été et depuis ce jour, plus personne n'avait eu de nouvelles d'elle. On l'avait fait rechercher pendant de nombreux mois, mais au bout d'un certain temps, la police en était arrivée à la conclusion qu'elle était probablement morte.

Mais lui, il ne l'avait jamais cru et ne le croirait probablement jamais. Il avait toujours eu l'impression qu'elle était encore en vie quelque part, et qu'elle l'attendait. Surtout lorsqu'il se trouvait ainsi, si prêt de la nature. Tout ce qui était sauvage la lui rappelait et depuis qu'il était né, il avait dans l'idée qu'ils auraient un destin à part, unique à partager. Il n'aurait su dire pourquoi, mais il avait dans l'espoir qu'un jour prochain, le destin les réunirait de nouveau et que ce jour là, il ne se quitteraient plus.

Il allait mettre une couche supplémentaire de bleu dans un coin ou cette couleur lui semblait faire cruellement défaut lorsqu'un bruit venant du bois attira son attention. Il redressa sa tête avec vivacité pour tenter de voir ce dont il pouvait bien s'agir. Il scruta de ces persans yeux bleus le paysage d'arbre desséchés qui s'offrait à sa vue

sans apercevoir ce qui avait provoqué le bruit qui l'avait tiré de son travail. Sans doute s'était-il laissé distraire par un petit animal passant par là. Il se focalisa de nouveau sur la tache difficile qu'il s'était donné et qui était de terminer cette toile pour l'apporter lors de la soirée afin de l'offrir à un ami à lui qui la lui avait commandé pour l'anniversaire d'une riche jeune fille prénommée Saori Kido

Et il ne vit pas la jeune fille qui l'observait, tapie derrière un épais tronc d'arbre.

Il venait ici très souvent, elle le savait bien car elle l'observait à chaque fois qu'elle en avait l'occasion. Elle qui vivait comme une sauvage dans la nature depuis si longtemps maintenant, elle qui détestait tout contacte avec les humains ne parvenait pas à s'expliquer quel était l'étrange fascination qui l'attirait sans cesse chez cette personne. Elle n'aurait pu expliquer pourquoi, mais il lui rappelait quelqu'un qu'elle avait du connaître dans son passé. Elle était de toute manière bien incapable de mettre un nom sur ce visage car elle était amnésique depuis ce qui lui semblait être une éternité. Elle s'était un jour réveillée dans les bois du nord de la Grèce, après s'être heurté violemment à quelque chose et depuis cet instant, elle n'avait plus quitter la nature qui l'avait si généreusement accueilli. Puisqu'elle ne connaissait personne, elle n'avait jamais tenu à retourner à la civilisation, et les années lui avait donné raison. Elle avait vu à de multiples reprises les hommes qui détruisaient cette nature qu'elle aimait tant, sans pouvoir rien faire. Et elle s'était jurée qu'un jour, elle vengerait tout ce qu'on avait fait aux terres sauvages dont elle avait l'impression d'être la gardienne. Son rapport avec la nature dans laquelle elle avait passé la seule partie de sa vie dont elle était capable de se remémorer était pour elle quelque chose de viscérale, d'inexplicable.

Elle posa son regard bleu myosotis sur l'homme qui avait bien failli la voir tout à l'heure. Les traits de son visage étaient si purs, si parfaits et le bleu de ces yeux était si intense qu'elle n'avait pas l'impression qu'il soit un humain comme les autres. Oui, sa beauté avait quelque chose de... divin. C'était le seul mot qui lui venait à l'esprit alors qu'elle observait cet homme ressemblant tellement à une statue tant sa beauté était parfaite en tout point. Et il semblait aimer la nature également, vu le nombre d'heures par jour qu'il passait à en faire le tour. Elle aurait aimé s'approcher juste une fois pour voir ce qu'il peignait, si il rendait bien ce qu'il voyait ou si, au contraire, il était l'un de ces hommes qui ne comprenait rien à ce qui l'entourait. Mais la seconde solution l'aurait étonné.

Elle regarda le ciel, et réalisant à vue de nez l'heure qu'il pouvait bien être décida de repartir vers les profondeurs de la forêt.

Et alors qu'elle s'éloignait aussi silencieusement que si elle avait été un chat, pour la première fois, elle fit un bruit en marchant sur du bois mort, et l'homme releva les yeux en l'entendant. Pendant un court instant, leurs regards se croisèrent, et elle eut l'impression que ce qui était en train de se produire n'était pas le simple fait du hasard, comme si un lien invisible qui les reliait l'un à l'autre depuis toujours venait de se révéler à eux. Cependant, elle ne tenait pas à être interpellée, car elle ressentait une sorte de peur panique à l'idée d'être confrontée à un être humain, alors elle s'élança en courrant vers les profondeurs des bois qu'elle connaissait si bien. Elle courrait avec une agilité et une souplesse incroyable et elle savait que l'homme, si la folle envie de la poursuivre le prenait n'aurait aucune...

Elle entendit un bruit derrière elle qui lui fit tourner la tête, réalisant avec stupéfaction que le peintre l'appelait tout en lui courrant après à une vitesse hallucinante. Aucun humain, aussi rapide soit-il n'avait pu ne serait-ce que l'approcher, et là...

-Mademoiselle! Attendez! Je vous en prie, revenez!

Il ne savait pas la raison que le poussait à courir derrière cette jeune file si rapide, pourtant il avait l'impression que la rattraper était quelque chose de vital pour lui. Et nul doute ne se faisait qu'il y parviendrait, car il était beaucoup plus grand et que malgré l'agilité dont elle faisait preuve, il était de loin le plus rapide des deux.

Il arriva bientôt à sa hauteur, sautant par dessus des branchages séchés par la canicule et la saisit par le bras. La jeune fille manqua alors de tomber mais il la retint de justesse.

Elle leva vers lui de grands yeux inquiets, car elle n'avait aucune idée de ce qu'il lui voulait. Il était encore plus grand qu'elle ne l'avait soupçonné alors qu'elle le voyait assis chaque jour, et sa taille devait dépasser les deux mètres.

-Mademoiselle, je ne voulais pas vous faire peur... commença-t-il d'une voix douce et calme pour ne pas l'effrayer d'avantage car il sentait qu'elle tremblait comme une feuille.

Ils s'observèrent quelques instants dans le silence le plus complet.

Elle était mince et fine, avec un visage aux traits réguliers et d'immenses cheveux d'un châtain clair proche du blond qui encadraient son visage aux yeux si profonds.

Il ferma ses paupières quelques instants, ne parvenant pas à réaliser en présence de qui il se trouvait. Il aurait pu jurer qu'il la connaissait. Ce visage... Pourtant il avait l'impression de le connaître... Il sursauta en se rappelant qu'il avait peint une multitudes de toiles représentant une jeune fille qui lui ressemblait traits pour traits et qu'il croyait alors avoir imaginé.

-Venez avec moi s'il vous plait, dit-il alors qu'il la prenait par la main pour la faire revenir là où il avait laissé ces affaires.

Il voulait lui montrer les quelques toiles qu'il avait emmené avec lui en même temps que sa toile vierge pour peindre ce qui lui passerait par la tête. Il aimait beaucoup se promener avec certaines de ces oeuvres récentes avec lui, car il y puisait parfois une certaine inspiration.

Il s'approcha du rocher sur lequel il était assis il y avait de cela quelques minutes à peine et se saisit d'une oeuvre de petit format pour la montrer à la jeune fille qui ne semblait plus avoir peur, mais qui avait désormais l'air intrigué par ce qu'il lui présentait.

-Tenez, regardez.

Elle posa son regard sur ce qu'il lui montrait, heureuse de découvrir à quoi pouvait bien ressembler ces peintures qu'il exécutait à longueur de temps et quel avait tant de fois imaginé.

-Mais... mais c'est moi... bredouilla-t-elle alors qu'elle posait ces yeux sur le dessin qui la figurait en train de chasser sous la bienveillance de la lune, un arc à la main.

Le jeune homme allait ajouter quelque chose lorsqu'une voix retentit dans le lointain, brisant le charme de cet instant.

-Phoenix, mon amour, où es-tu?

Il aurait pu reconnaître entre mille la voix harmonieuse qui s'élevait dans les airs avec grâce pour prononcer son nom. Pourtant il ne réagit pas, comme bloquer dans un silence inquiétant car il ne savait pas si l'arrivée de sa fiancée allait où non faire fuir cette jeune inconnue qui avait l'air d'être effrayer par les êtres humains. Et puis, peut-être que si il ne répondait pas, Calliope passerait à côté de l'endroit où ils se trouvaient sans les apercevoir... Il devait à tout prix découvrir qui était la jeune sauvage qui se trouvait avec lui et dont le visage ne marquait plus désormais qu'une expression d'inquiétude ayant fait place à celle de joie qu'il figurait pourtant encore quelques instants plus tôt.

Ces espérances furent bien vite déçu lorsqu'il vit apparaître de derrière quelque buisson desséché la silhouette gracieuse de la jeune fille qui continuait de l'appeler. Elle ne l'avait pas encore vue mais cela ne saurait tardé.

L'inconnue qui se trouvait à ces côtés profita de l'attention qu'il reportait vers la jeune femme qui semblait arriver pour partir à toute allure vers les profondeurs des bois, où elle ne mit cette fois-ci que quelques secondes à se fondre dedans.

-Non! Revenez, vous ne m'avez même pas donné votre nom!!!...

La voix de Phoebus était déçue alors qu'il réalisait que cette fois-ci elle l'avait prise de vitesse, et qu'il ne pourrait guère la rejoindre si l'envie lui en prenait.

-A qui parlais-tu? questionna Calliope alors qu'elle venait de le rejoindre, ne comprenant pas ce qui arrivait au peintre qui regardait la lisière du bois avec des yeux chargé d'émotion.

-Tu... tu crois que Diane est vivante? interrogea-t-il alors qu'il n'arrivait plus à baisser son regard sur autre chose que sur les arbres qui semblait avoir englouti la jeune inconnue quelques secondes plus tôt.

Calliope passa une main dans ces immenses cheveux bleu pale qu'elle portait bas dans le dos avec une grâce toute naturelle alors qu'elle réfléchissait à la réponse qu'elle allait lui fournir. Elle savait depuis toujours que l'un des rêves de Phoebus était de revoir un jour sa soeur trop tôt disparue, mais elle ne voulait pas non plus lui mentir en lui faisant une fausse joie. Elle était l'une des filles de ceux qui l'avait recueilli avec Diane après la mort de leurs parents, et elle et ces soeurs s'étaient beaucoup attaché au jeune homme, tentant longtemps de le consoler et de remplacer la famille qu'il avait perdu enfant. Cependant, au fur et à mesure que les mois étaient passés et que les recherches pour la retrouver s'étaient succédé en vain, elle avait compris comme chacune de ces cadettes et de ces aimées que rien ne la ramènerait jamais.

-Non Phoebus. Je crois qu'elle est... enfin, elle ne reviendra pas, tu ne dois pas te bercé d'illusions maintenant. Ca fait trop longtemps et... mais pourquoi me poses-tu cette question, et qu'est-ce que tu as à parler tout seul et à regarder de cette façon ces pauvres arbres qui ne t'on rien fait? Tu devrais plutôt revenir à la maison avec moi pour te préparer... Tu sais quelle heure il est au moins?

Les paroles de Calliope semblèrent tiré le peintre de sa rêverie et il lui entoura bientôt la taille de son bras libre, alors qu'il tenait sous l'autre ces précieuses toiles. La jeune fille lui souriait avec gentillesse comme à l'habitude et il remercia le ciel de la connaître. Elle avait toujours été d'un grand secours pour lui dans les moments ou la vie lui semblait un peu dur, même si la plupart du temps, il tentait de le cacher. Elle était la seule personne à laquelle il n'ait jamais parlé ouvertement de ce qu'il ressentait pour sa soeur et ces parents disparus et il était tout naturellement tombé amoureux d'elle.

Et il avait dans l'idée qu'elle aussi ferait parti de ce destin mystérieux dont il n'entrevoyait pour l'instant pas même les contours mais qu'il savait pourtant approché à grands pas.


Cela faisait à peine quelques jours que la terrible bataille dans l'Hadès avait pris fin, laissant les chevaliers de bronze hors d'état de combattre au Japon et les chevaliers d'or dans le Sanctuaire, prêts à faire face à la nouvelle guerre sainte qui s'annonçait imminente.

Chacun avait regagné son temple et tentait de s'occuper tant bien que mal, alors que tous se demandaient si la bataille qui se préparait serait la dernière où non.

D'ordinaire, ils auraient tous trouvé mille chose à faire pour aider la déesse à remettre en état le domaine sacré, mais l'attente dans laquelle on les avait plongé était bien trop oppressante pour qu'ils ne commencent quoi que ce soit. Ils attendait les ordres de Dohko, qui assumait merveilleusement son rôle de nouveau grand Pope.

De tous les chevaliers d'or, il était celui qui était le plus apte à mener à bien la tache de diriger le Sanctuaire, de part la sagesse que lui conférait ces deux cents quarante trois ans d'expérience et qui faisait de lui le plus sage de la confrérie.

Le soleil commençait à décliner à l'horizon, sous les regards de Camus, Shura et Aphrodite, qui s'était tous rejoints pour bavarder un peu sur le parvis de la maison du Verseau.

Ils avaient encore du mal à croire qu'ils étaient tous vivants après tant d'épreuves, et surtout que la justice les réunissaient tous pour la toute première fois dans cette ère depuis la destruction du mur des Lamentations.

Le chevalier du Capricorne se tenait debout à regarder les couleurs flamboyantes que produisait l'astre du jour alors qu'il entamait lentement une descente vers la Méditerranée que l'on pouvait apercevoir d'ici. Ces deux compagnons s'étaient assis sur la dernière marche et semblait chacun se perdre dans leurs pensées secrètes et profondes.

Camus fronça les sourcils, alors qu'une l'image de son disciple ne cessait de lui traverser l'esprit depuis qu'il l'avait revue, allongé sur un lit d'hôpital.

Cet air sombre ne passa pas inaperçu auprès d'Aphrodite qui lui demanda à quoi il pensait.

-A Hyoga.

D'ordinaire, le chevalier du Verseau n'aurait pas répondit à cette question ou l'aurait éluder afin de n'avoir pas à se livrer, mais pour une fois, il savait qu'il pouvait faire exception. après tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, ces compagnons avaient bien le droit à une petite confidence où deux.

-Je me demandais si j'aurais un jour la chance de le revoir pour pouvoir parler avec lui de tout ce qui s'est passé dans nos vies. Je le pensais sincèrement lorsque nous sommes tous réapparus dans nos temples, mais à présent que je sais qu'une nouvelle bataille va s'engager et qu'elle serait sans doute tout aussi terrible que celle que nous avions du mené dans l'Hadès... Pour être franc, j'ai bien l'impression que je l'ai vu pour la dernière fois lors de mon voyage au Japon pour aller à la rencontre d'Athéna...

-Allons bon! s'exclama Aioros qui, voyant plusieurs de ces compagnons ainsi réuni sur les marches de marbre dans l'air du soir avait éprouvé l'envie de les rejoindre à son tour pour discuter un peu avec eux. Et il n'était pas seul, puisque Milo, Shaka et Mu l'accompagnait.

Les chevaliers d'or sentaient tous qu'il y avait quelque chose de bizarre dans l'air du soir, que l'imminence des combats à venir se faisait de plus en plus oppressante, et que cette soirée qui s'annonçait était sans nul doute la dernière qu'ils pourraient passé ensemble avant le début de la nouvelle guerre sainte.

-Je te trouve bien pessimiste Camus, commença Shaka, dont les yeux éternellement clos ne laissait transparaître aucune émotion. Tu ne devrais pas parler comme cela, car rien n'est joué pour l'instant. Nous savons juste une chose: quel que soit notre adversaire, nous devons gagné et revenir dans le Sanctuaire de notre déesse en vainqueurs pour le bien de tous les hommes.

Milo hocha vivement la tête face aux sages paroles du chevalier de la Vierge, avant d'ajouter de sa voix ironique:

-Et puis, tu ne penses tout de même pas que nous sommes revenus à la vie pour mourir! Le roi des dieux lui-même compte sur nous pour emporter la victoire, tout comme notre déesse. Personnellement, non seulement je compte gagné tous les combats, mais en plus revenir ici la tête haute pour pouvoir poursuivre ma vie là où je l'avais laissé.

-Je suis entièrement d'accord avec toi! s'exclama Aphrodite qui n'entendait pas mourir non plus.

Cependant, chacun gardait bien en tête que la bataille à venir serait sans doute extrêmement difficile à gagner et qu'ils leur faudrait sans doute verser beaucoup de sang avant de pouvoir l'emporter. Mais, en acceptant le destin incroyable de chevaliers, d'or, ils avaient pris connaissance de tous ces risques et étaient tous prêts à les encourir si c'était pour accomplir la volonté de leur déesse.

-Pour la première fois, les chevaliers de bronze ne seront pas là pour combattre... fit remarquer Aioros.

-C'est vrai, et sans doute leur puissance nous fera-t-elle cruellement défaut. Mais ils en ont bien assez fait et ils ont désormais droit à une vie tranquille. Et puis qui sait, sans doute nous rejoindront-ils après la guerre pour nous aider à faire repartir le Sanctuaire et à nous en occuper, déclara Mu alors qu'il revoyait dans sa tête sa première rencontre avec Shiryu alors qu'il venait dans les montagnes de Jamir pour venir faire réparer son armure et celle de Pégase. Cela ne s'était produit qu'il y avait de cela quelques mois, pourtant il lui semblait à cet instant que ce moment avait eu lieu dans un passé extrêmement lointain.

Camus passa une main sur son visage alors qu'il réalisait que tous ces compagnons étaient au mieux de leur forme. Il pouvait aisément dire que lui aussi ne s'était jamais senti en meilleur état pour combattre, cependant, il avait dans l'intuition que certains d'entre eux ne reviendraient probablement jamais. Personnellement, il n'avait jamais eu peur de la mort et il savait qu'il en allait de même pour ces confrères, mais pour la première fois, il éprouvait des regrets. Des regrets vis à vis de la chance que l'on avait failli lui offrir en lui permettant presque de pouvoir enfin se confronté à Hyoga sans que rien ne puisse intervenir. Il aurait pas mal de choses à lui dire, mais peut-être que le destin en avait décidé autrement. Ou peut-être pas. Il lui arrivait parfois d'être un peu trop fataliste. Il redressa la tête, décident de chasser de son esprit toutes ces sombres pensées qui l'habitait pour se laisser gagner par l'enthousiasme dont faisait preuve les chevaliers qui l'entouraient à cet instant.

Bientôt, les chevaliers d'or restant arrivèrent à leur tour pour entamer une conversation passionnée sur leurs futurs adversaires, mais aussi sur ce que chacun comptait faire dans l'avenir.

Shura ferma les yeux quelques instants, réalisant qu'ils avaient déjà tous vécu un moment semblable à celui là, la veille de la bataille du Sanctuaire.

-Et Athéna. On m'a dit qu'elle sortait ce soir, dit Aiolia qui ne voyait pas là une très bonne idée.

-Oui. Elle se rend à une soirée avec Julian Solo, répondit Aldébaran qui en avait justement parlé avec le vieux maître l'après-midi même.

-Mais vous ne pensez pas qu'elle pourrait être en danger là-bas? interrogea Masque de Mort.

-Je ne crois pas, commença Shaka. Elle ne sort que quelques heures, et sera vite de retour ici. De plus elle sera en compagnie de Poséidon. Et quoi que nous pensions sur lui, pour l'instant, il est bien obligé de faire équipe avec nous, qu'il le veuille ou non. donc même si il devait y avoir un problème, elle ne serait pas en danger.

-De toute manière, le grand Pope a donné son approbation. Il pense que sortir un peu de cette tension ne peut pas lui faire de mal, et en cela je suis d'accord avec lui. Vous avez vu l'état de stresse dans lequel elle semble être plongée? fit remarqué à juste titre Aphrodite qui avait eu l'occasion de s'entretenir avec la jeune fille à plusieurs reprises depuis son retour dans la Chambre Sacrée qu'elle ne semblait plus vouloir quitter.

-C'est normal. A peine en a-t-elle finit avec la bataille du Sanctuaire qu'elle a dut faire face aux batailles successives d'Asgard et de Poséidon, sans même compter Hadès. Et tout cela dans un lapse de temps très restreint. Même si elle est notre déesse, elle n'en reste pas moins une jeune fille qui n'a que quatorze ans. La responsabilité qui pèse sur ces épaules est extrêmement lourde et je trouve qu'elle assume ce rôle à merveille, déclara Saga qui éprouvait une grande admiration vis à vis de sa déesse, tout comme les autres chevaliers.

-Et bien, nous n'avons plus à souhaiter qu'elle se change un peu les idées ce soir! lâcha Masque de mort avec une certaine bonne humeur.


Elle se trouvait encore aux côtés de Julian Solo dans la voiture de sport que ce dernier conduisait pour se rendre à la fête que déjà elle souhaitait regagner le Sanctuaire.

Il avait mi près d'une heure à la convaincre de sortir de son domaine et elle n'avait accepté que par lassitude de devoir discuter de tout cela.

Cependant, à présent qu'ils approchaient du musée National de la capital, elle souhaitait ardemment qu'il la reconduise chez elle afin qu'elle puisse de nouveau se replonger dans ces pensées de guerre qui ne cessait de l'habiter depuis son retour sur terre.

Et elle ne savait toujours pas comment réagir vis à vis de lui. En cet instant, devait-elle le considérer comme Poséidon, celui là même qui avait fait renaître sous ces yeux son Sanctuaire sous-marin à peine quelques jours auparavant et qui lui avait laisser nettement sous entendre qu'il n'était son allié que pour un temps... ou devait-elle voir en lui, Julian Solo le riche et plaisant milliardaire qui lui avait demandé de l'accompagné à cette soirée pour se changer les idées.

Sans doute y avait-il un peu des deux dans le jeune homme vêtu d'un élégant costume de soirée qui conduisait à ces côtés tout en lui parlant avec désinvolture de mille et une chose sans importance afin de la distraire.

Bientôt, la voiture ralentit et Saori vit un portier lui ouvrir pour qu'elle descende du véhicule sans même qu'elle ait eut le temps de s'apercevoir qu'ils étaient arrivés.

Julian lui proposa de prendre son bras avant qu'ils ne pénètrent dans cette soirée consacré à un jeune peintre italien dont elle avait sans doute déjà entendu parler mais qu'elle n'avait encore jamais rencontré. Visiblement Julian devait le connaître d'après les quelques brides de phrases qu'elle avait entendu alors qu'ils se trouvaient encore dans la voiture.

Les vastes salles voyaient leurs murs couverts d'une multitudes d'oeuvre d'arts toutes plus magnifiques les unes que les autres et la foule qui se trouvaient essentiellement composé de critiques d'art et de riches industriels n'avait de cesse de s'émerveiller sur le travail incroyable qu'avait réalisé cet artiste doté d'un talent incroyable.

Saori posait les yeux sur tout ce qui l'entourait, éprouvant une étrange impression de déjà-vu alors qu'elle observait les scènes que dépeignait toutes ces toiles. toutes dénotaient un caractère mystique, voir même mythologique. Et ce talent, cette façon de rendre presque vie à ces oeuvres ne lui était pas inconnu. Elle avait soudainement l'impression d'avoir déjà vu cet art exceptionnel, et l'aura qui se dégelait de chaque oeuvre lui rappelait tant de chose sans qu'elle puisse mettre un visage sur la personne à qui elle pensait.

Et soudain, son regard s'arrêta non pas sur une toile, mais sur un jeune homme de très grande taille qui se trouvait entouré d'une multitude de personnes auxquelles ils semblait parler avec énergie d'une peinture, tentant de les investir de sa propre fougue.

Ces yeux bleus, ces cheveux si blonds qu'on aurait pu les croire dorés... elle l'avait déjà rencontré, il y avait de cela des siècles, mais tout était trop embrouillé pour qu'elle puisse mettre un nom sur ce visage.

-Julian! s'exclama l'homme en apercevant le compagnon de Saori au milieu de toutes ces personnalités du monde entier qui se pressaient pour entendre ce que l'artiste avait à dire.

-Toutes mes félicitations Phoebus! déclara Julian alors qu'il embrasait d'un ample geste du bras toute la salle qui les entourait. Tout ceci est absolument magnifique.

Phoebus les rejoignit en quelques pas, avec la toile qu'il transportait depuis le début de la soirée et qu'il avait fait emballé.

Il jeta un coup d'oeil complice à Julian alors qu'il regardait Saori, comprenant que c'était là la jeune fille à qui il devait l'offrir.

-Mademoiselle Kido, je suis charmé de vous rencontrer. Je suis Phoebus. Permettez que je vous offre ce présent pour votre anniversaire.

Saori sursauta à ces mots que le peintre avait prononcé d'une voix de miel, se rappelant qu'ils étaient le premier septembre, jour de son quatorzième anniversaire. Elle avait complètement oublié cela car elle avait eu tant de choses à pensé ces derniers temps.

Elle prit le cadeau que le jeune homme lui tendait avec un sourire enjôleur sur les lèvres en le remerciant avec amabilité pour ce cadeau qu'elle devinait déjà être une toile.

-C'est un grand honneur pour moi que de recevoir une de vos toiles comme cadeau d'anniversaire... Je vous remercie... Oh..

Elle lâcha un cri de stupeur en apercevant le dessin qui s'offrait à ces yeux.

Une jeune fille qui lui ressemblait beaucoup se tenait debout entre les colonnes d'un temple, vêtu d'une égide et d'une lance, avec un air grave et intelligent au fond des yeux. Elle n'arrivait pas à en croire ces yeux, tant le cadeau qu'on lui faisait là avait quelque chose de magique, voir même de déroutant. Comment ce jeune homme pouvait-il savoir qu'elle était... Elle ne pouvait plus parler, ne réalisant pas si il s'agissait là d'une pure coïncidence ou d'un travail volontaire de la part de l'artiste qui la contemplait avec bonheur, réalisant que son oeuvre remportait visiblement tous les suffrages.

-C'est la déesse Athéna, déclara Phoebus avec amusement devant la surprise de la jeune fille qui ne trouvait plus rien à dire. C'est étrange de voir comme elle vous ressemble, vous ne trouvez pas? Et pourtant je peux vous assurer que je ne vous avait jamais vu avant ce soir. C'est juste ainsi que je me suis toujours imaginé cette divinité, voyez-vous. Enfin, le hasard fait bien les choses vous ne croyez pas?


L'heure tardive de la nuit ne l'empêchait pas d'être encore debout. La soirée s'était déroulé pour le mieux et une fois de plus ces oeuvres avait emporté un franc succès auprès du public. Sa rencontre avec Saori Kido avait réveillé en lui des souvenirs qu'il ne comprenait guère, tout comme il ne parvenait pas à comprendre la raison de sa rencontre avec la jeune inconnue, cet après-midi dans les bois.

-Tu n'as pas sommeil mon chéri? questionna Calliope qui se tenait debout derrière lui, encore vêtu de la magnifique robe bleu marine qu'elle avait portée au court de la soirée.

Elle sentait aussi qu'il y avait une tension dans l'air, comme lorsque l'on sent que quelque chose d'extraordinaire va se produire, et cela lui faisait un peu peur. Ces autres soeurs non plus ne dormait pas, et elle pouvait clairement entendre Thalie et Melpomène qui étaient en train de chuchoter dans la pièce voisine.

Phoebus se retourna vers elle, l'attirant contre lui alors qu'il pointait son doigt vers l'horizon, vers la mer.

-Là-bas, au large de la mer Egée... Il se passe quelque chose. Je ne saurai pas te dire quoi, mais je sais que cela nous concerne tous.

Calliope posa sa tête sur la poitrine de Phoebus alors qu'elle ressentait comme un étrange appel naître en elle. Comme un chant mystérieux qui dormait depuis toujours en elle et qui se ferait entendre seulement maintenant.

Une lumière éclatante s'éleva dans le ciel, en une colonne immenses. Elle semblait provenir de l'endroit que le jeune homme lui avait indiqué quelques instants plus tôt.

La porte du salon où ils se trouvaient tous deux s'ouvrit bientôt; laissant apparaître toutes les soeurs de Calliope.

-Vous avez sentis? s'exclama Eurato de sa voix grave, alors que ces yeux plein de fierté ne laissait entrevoir aucune peur, comme à l'habitude.

Phoebus ne répondit rien, alors qu'il ouvrait les portes de la baie vitré pour sortir dehors, se dirigeant vers la plage tout en tenant toujours Calliope par la main.

Eurato ne mit que quelques secondes à les rejoindre, suivit de près par Thalie et toutes les autres.

Bientôt, un cosmos d'une puissance gigantesque se fit sentir, émanent du corps de Phoebus. Il irradiait d'une telle puissance que n'importe qui l'apercevant en aurait ressentit toute la grandeur.

Les neuf soeurs sentirent à leur tour quelque chose d'étrange se produire en elles, alors qu'une des auras d'une puissances incroyables se dégageaient à leur tour de leur corps, s'élevant dans les airs et venant se fondre dans le cosmos de celui qu'elle savait désormais être leur dieu Apollon, enfin ramené à la vie après plusieurs millénaire d'un sommeil qu'elles avaient cru éternel.

-Leur de notre renaissance a sonné! s'exclama le dieu des Arts alors que ces neuf Muses s'agenouillaient devant lui dans une position de respect profond.

Il ferma les yeux alors qu'un sourire conquérant s'inscrivait sur ces lèvres, illuminant son beau visage. Il savait que très bientôt, il la reverrait. Tout lui semblait clair à présent, et le voile qui obscurcissait sa mémoire et l'empêchait de la reconnaître s'était déchiré aussi soudainement qu'il se sentait envahi par son immense pouvoir. La jeune fille qu'il avait vue dans les bois tout à l'heure était bien sa soeur Diane, mais aussi et surtout, la déesse Artémis revenue à la vie pour accomplir le destin de l'Olympe et permettre aux dieux de reconquérir la terre. Leur retrouvailles étaient pour lui synonyme de renaissance, mais aussi et surtout de la perte de l'humanité qu'engendrerait leur victoire prochaine sur Athéna et les siens.


Saori avait regagné le Sanctuaire il y avait de cela seulement quelques heures, que déjà, le trouble l'envahissait de nouveau. Sa rencontre de ce soir avec ce peintre n'avait pas été fortuite, elle en avait bien conscience. Et le visage de sa fiancée non plus ne lui était pas inconnu, tout comme celui des soeurs de cette dernière, avec lesquelles elle avait un peu parlé. Et le tableau qu'on lui avait offert comme présent d'anniversaire suite à la demande qu'en avait fait Julian l'avait également beaucoup troublé. Elle qui devait trouver le moyen de se relaxer durant cette exposition... Et bien c'était raté. Enfin, c'était peut-être mieux comme cela. Ainsi elle n'avait pas perdu de vue l'idée d'une prochaine bataille et commençait peut-être même à entrevoir quelques informations sur les futurs ennemis contre lesquels Zeus en personne l'avait mise en garde il y avait peu alors qu'elle se trouvait encore au Japon.

Elle savait que d'ici quelque temps, elle serait sans doute amené à revoir certaines personnes qu'elle avait eu l'occasion de rencontrer juste un peu plus tôt. Ce n'était peut-être qu'une intuition, pourtant elle avait dans l'idée qu'elle ne se trompait pas.

Elle se tourna sur le lit où elle venait à peine de s'allonger; encore vêtue de sa robe de soirée, alors qu'elle sentait le sommeil la gagner contre sa volonté. Elle se sentait fatiguée par tout ce qu'elle avait vécu ces derniers mois, pourtant elle savait que sa mission était encore loin d'être terminée et qu'il lui restait de nombreuses batailles à mener avant de pouvoir souffler un peu.

Et puis, elle devait bien reconnaître que la présence de Seiya lui faisait cruellement défaut à cet instant. Elle aurait aimé le voir pour pouvoir lui parler. Il avait toujours été le porteur d'espoir de sa vie, celui qui, d'un simple sourire était capable de ramener le bonheur dans son coeur comme dans celui de ces frères. Elle en venait presque à regretter de lui avoir interdit l'accès du Sanctuaire.

Pourtant, penser ainsi était égoïste et elle le savait bien. Maintenant, elle préférait le savoir heureux loin des batailles plutôt qu'en train de risquer sa vie pour elle. En ce moment même, il devait se trouver au Japon, en compagnie de sa chère Seïka qu'il avait eu tant de mal à retrouver. Sans doute passaient -ils leurs journées ensemble, à tenter de rattraper le temps perdu, à regagner un peu de ce que ces six années de séparation forcée leur avaient enlevé. Et les quatre autres chevaliers de bronze devaient sans nul doute se trouver à la clinique de la Fondation pour se faire soigner. D'après les nouvelles qu'elle avait reçu d'eux récemment, ils se trouvaient tous dans un état de santé précaire, mais la crainte de les voir disparaître semblait écarter désormais, et rien ne lui faisait plus plaisir que de savoir qu'ils allaient un peu mieux et qu'elle n'allait pas les perdre dans les jours à venir.

Oui, c'était mieux ainsi. Et puis, cette séparation d'avec les chevaliers de bronze lui avait permis de faire plus ample connaissance avec ces chevaliers d'or, et elle devait bien reconnaître qu'ils étaient tous des hommes fascinants. Elle avait parlé à chacun d'entre eux ces dernières heures et avait eu ainsi l'occasion de mieux prendre conscience de leurs personnalités tellement différentes, de leurs espérances... Et elle devait admettre qu'elle se sentait proche d'eux tous désormais. Sans doute la guerre sainte à venir allait-elle tisser entre eux des liens d'amitié indestructibles.

Alors que le sommeil commençait à engourdir ces pensées, elle entendit comme une voix, comme un appel.

-Déesse Athéna, viens vers moi, je t'attends.

Une nouvelle fois, elle éprouvait l'impression de connaître cette voix qui l'appelait.

Et elle ne pouvait pas résister à cet appel magique. Une musique hypnotisante s'élevait dans les airs, alors que sa volonté semblait lui échapper.

Elle se leva avec lenteur, dirigeant ces pas vers la sortie de son temple, comme si elle avait été dans un rêve éveillé. Elle savait où elle devait se rendre, sans même en avertir ces chevaliers d'or. Elle n'allait pas se faire entendre d'eux, c'était ce que la voix lui demandait. De toute manière, elle savait qu'elle ne devait pas passer par leurs temples. Elle était la gardienne du Sanctuaire et par conséquent la seule personne capable de se téléporter depuis son domaine vers l'extérieur.

Et c'est ce qu'elle fit alors que la nuit semblait devenir encore plus noir et que les étoiles semblaient brillées avec une intensité presque magique.

Elle réapparut sur la plage, comme on le lui avait demandé. Et là, alors qu'elle sentait la torpeur qui avait gagné son esprit s'élever peut à peu pour lui permettre de redevenir elle-même, elle eut la mauvaise surprise de voir deux silhouettes à quelques pas d'elle.

Un homme de très grande taille, vêtu d'une toge de couleur noir se tenait debout, immobile, avec un regard calme et envoûtant. et à ces côtés, une jeune femme avec de longs cheveux blonds et raide arrivant à mi-dos et tenant dans sa main droite une flûte de toute beauté l'observaient immobiles.

-Mais comment ce fait-il que... Qu'est-ce que je fais là? demanda-t-elle, réalisant trop tard qu'elle était tombée dans un piège suite à un envoûtement. Et elle n'était pas seule à être tombé dans ce piège diabolique. A quelques pas d'elle se trouvait Julian Solo, incapable de comprendre ce qui venait de lui arrivé à lui aussi.

L'homme vêtu de la toge fit un pas en avant, et la lune vint frappé de ces pâles rayons son visage.

Saori poussa un cri de stupeur, alors qu'elle reconnaissait l'un de ceux qu'elle avait autrefois combattu.

-Hypnos... lâcha-t-elle. Ce n'est pas possible, tu es mort dans l'Hadès... Mais comment...

Elle sentait la peur l'envahir, alors qu'un sourire froid et indifférent se dessinait sur les traits du dieu du Sommeil.

-Il faut croire que tu t'es trompée Athéna. Moi et Euterpe sommes venus de chercher au nom de leurs majestés Apollon et Artémis.

Julian fit un pas en avant, mettant son bras droit devant Saori pour la protéger de toute attaque.

-Oh, avec nous ce sera inutile... déclara la jeune fille alors que ces yeux mauves se posaient tour à tour sur le dieu des Mers et la déesse de la Guerre.

-Vous ne pouvez rien contre nous! s'exclama Julian qui se savait plus fort qui les deux réunis.

-Dans un combat au corps à corps, tu n'aurais pas tord, Poséidon. Cependant, Apollon et Artémis ne nous ont pas chargé de cette mission pour rien. Car nos pouvoirs ne sont pas seulement du à notre force physique, mais avant tout à la magie hypnotisante- c'est le cas de le dire-, sourit Hypnos, que nous sommes capables d'exercer sur nos adversaires.

-Bonne nuit! plaisanta Euterpe alors qu'elle portait l'embout de sa flûte vers sa bouche fine et bien dessinée, un air doux et aimable sur flottant sur le visage et qui contrastait terriblement d'avec la puissance dont la jeune déesse était capable de faire preuve.

Les notes d'une sérénade envoûtante s'élevèrent alors dans l'air humide de la nuit mêlée à celui de la mer Égée, et bientôt, Hypnos sembla prendre une position d'attaque qui n'était pas inconnu à Saori.

La Muse du Jeu de Flûte mêlait son pouvoir à celui du dieu du Sommeil, et ainsi réuni, il semblait bien que nul n'eut pu résister à pareil charme.

-Eternal Drowsiness! déclara Hypnos en chuchotent presque.

Et bientôt, les ténèbres tombèrent autour de Julian et de Saori.


Quelque chose n'allait pas dans le Sanctuaire. Dohko venait de se relever, réalisant le premier que le cosmos d'Athéna avait disparu voici de cela seulement quelques minutes de l'enceinte de son temple.

Bientôt, tous les chevaliers d'or pénétrèrent dans la chambre Sacrée, puis dans les appartements personnels d'Athéna pour y découvrir ce qu'ils craignaient tous: la déesse avait disparu sans laisser de trace.

-Mais où peut-elle bien être aller? interrogea Aphrodite avec inquiétude, alors qu'il contemplait d'un oeil désolé l'immense pièce vide où elle aurait du se trouver en train de dormir.

-Elle a du se téléporter hors du Sanctuaire peu après son retour, déclara Mu qui devinait déjà que c'était là la seule raison pour qu'aucun des chevaliers d'or n'est été alerté par son passage dans les temples du zodiaque.

-L'heure est grave chevaliers... commença Shaka avec un ton pourtant aussi calme que solennel. Notre déesse n'a pas du quitter le Sanctuaire de son plein grès, et cela, j'imagine que chacun d'entre vous en a conscience. Tout comme je sais déjà que vous avez tous senti les cosmos si puissants qui se sont brusquement réveillés en plein milieu de la nuit. Nos ennemis sont revenus à la vie et ont enlevé Athéna grâce à un stratagème qui m'échappe encore, cependant, je pense ne pas me tromper en disant qu'aucun d'eux n'a pénétré dans notre Domaine. Je méditais et la venue d'un intrus ne serait pas passé inaperçu pour moi, tout comme pour aucun d'entre vous. Cela signifie donc qu'ils ont agi depuis l'extérieur en trouvant un moyen de la convaincre- ou de la forcer- à quitter d'elle même le Sanctuaire.

-Tout comme sa majesté Poséidon a disparu.

Une voix que chacun s'attendait à entendre depuis qu'ils avaient senti son cosmos pénétré dans les temples venait de s'élever.

Le général Sorrente de la Sirène se tenait à quelques pas d'eux avec un air grave sur le visage. Il était revêtu de ces Écailles et tenait dans sa main sa meilleure arme: sa flûte enchantée.

-Comment? Poséidon aussi a disparu!? s'exclamèrent d'une même voix horrifiée Aioros et Aiolia.

Le vieux maître tressaillit à cette annonce.

-Cela signifie alors que nos ennemis sont en possession de la vie de nos deux dieux, dit-il avec un ton qu'il voulait tempérée.

-Oui, et nous n'avons maintenant plus qu'à prier pour qu'ils ne les tuent pas avant que nous ne les rejoignons pour leur porter secours, murmura Milo d'une voix inquiète qui ne ressemblait pas à l'habituel sang froid ironique dont il était capable.

-Mais comment savoir où ils se trouvent?... Je ne sens plus même leurs cosmos, renchérit Masque de Mort qui avait beau se concentrer de toutes ces forces ne parvenait plus à palper la moindre petite onde de la déesse de la Guerre ni du dieu des Mers.

-Chevaliers d'or, préparez vous à partir pour l'île de Délos! s'exclama soudain Mu après avoir passé seulement quelques secondes avec les yeux clos à tenter de localiser grâce à ces pouvoirs uniques le lieu où on les retenaient prisonniers.

-Mu... tu.. tu ne veux quand même pas dire que nos adversaires sont Apollon et Artémis... s'exclamèrent d'une même voix tous les chevaliers présents qui savaient tous que l'île de Délos était le Sanctuaire des archers divins depuis toujours.

Mu ne répondit rien, alors que Dohko faisait un pas en avant.

-L'heure est grave. Chevaliers d'or, une nouvelle guerre sainte vient de s'engager.


Fin de la Chapitre 1

Chapitre 2


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