Le combat des dieux

Chapitre 4: Melpomène- prisonniers du "Dernier Acte"

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Les chevaliers qui n'avaient pas encore eu à combattre avançaient avec une rapidité toujours croissante car chacun d'eux savaient que le temps n'était pas leur principal atout. Ils devaient faire vite car non seulement le cosmos d'Athéna elle -même semblait enclin à disparaître d'ici peu, mais celui de Poséidon également et cela ne présageait rien de bon si les deux divinités venaient à disparaître, hormis qu'il n'y aurait plus personne d'assez puissant sur cette planète qui serait capable de maîtriser Apollon et Artémis.

Si la jeune Athéna venait à mourir avant que l'un d'entre eux n'ai pu lui venir en aide, le monde était perdu.

Et non seulement il restait neuf déesse à vaincre mais en plus, plusieurs gold saints étaient déjà potentiellement hors d'état de combattre.

Aiolia, qui menait toujours la troupe de part sa vitesse et son empressement venait de débouler dans une plaine fleurie qui n'était pas sans rappelé celle sur laquelle ils avaient tous posé pied en arrivant sur l'île de Délos il y avait de cela quelque temps.

Tout ce qui les entouraient représentait le paradis et contrastait terriblement avec l'atmosphère plus malsaine qui se dégageait du lac qu'ils avaient du franchir et où ils avaient laissé Masque de Mort combattre seul face à cet Actéon.

Des oiseaux aux couleurs merveilleuses volaient d'un buisson à l'autre, alors que le parterre de végétaux aux couleurs pastelles s'étendait comme une mer de couleur chatoyante.

Rien ne semblait jamais pouvoir troubler le calme qui régnait dans cet endroit.

A l'horizon se profilait une bâtisse immense d'une blancheur éclatante qui ne faisait que renforcer l'atmosphère mythologique qui se dégageait de ce lieu hors du temps.

Shaka la remarqua immédiatement, ne se laissant que bien peu le temps de tomber sous le charme de cet plaine aux couleurs et aux odeurs enivrantes.

Il n'y avait pas de temps à perdre, et la seule chose qui comptait, c'était de ne pas se laisser distraire pour voler au secours d'Athéna. Il interrompit le court des pensées de quelques uns de ces compagnons, qui se laissaient pendant un court instant séduire par ce qui les entourait et qui avait le don de leur faire oublier qu'ils étaient en période de guerre. Jamais auparavant, et certainement pas dans l'Hadès ou tout était si laid, il n'avait eu l'occasion de combattre dans un pareil décors.

Le chevalier de la Vierge pointa son index vers l'horizon.

-Regardez tous. Là-bas, nous pouvons voir le temple de la première Muse.

Il leva bientôt son index fin dans un geste gracieux dont lui seul semblait avoir le secret, pour le diriger vers d'autres temples, qui se tenaient derrière le premier, un peu comme les douze temples du zodiaque du Sanctuaire.

Tous ces édifices se trouvaient au cur d'une montagne immense dont on apercevait mal le sommet. pourtant chacun comprenait que c'était là haut que devaient se trouver les archers divins.

Et peut-être Athéna et Poséidon s'y trouvaient-ils aussi?

Nul n'aurait pu répondre à cette question, et cela fit renaître l'inquiétude dans les esprits.

-Nous devons y aller, nos ennemis doivent nous attendre de pied ferme! s'exclama Milo en repartant à vive allure.

Bientôt, tous les chevaliers s'élancèrent à sa suite et après plusieurs centaines de mètres d'herbes et de fleurs foulé, ils parvinrent aux pied des larges et hautes marches de marbre qu'ils commencèrent à gravire silencieusement.

Personne n'avait la moindre idée de qui pouvait bien les y attendre.

A quoi pouvait bien ressembler ces Muses que tous s'accordaient à considérer comme redoutables, d'après leur statue de déesses qui ne laissait que peu d'équivoque quand à leurs pouvoirs.

Et leur puissance était-elle aussi terrible que certains livres voulaient bien l'affirmer.

En fait, personne ne pouvait vraiment en juger, étant donner que jamais dans le passé une réincarnation d'Athéna n'avait eu à combattre ces déesses. Ce n'était que des notes, rédigées aux temps mythologique qui les avaient informé de menu détails insuffisants car durant l'entraînement, on obligeait les jeunes novices à apprendre le plus d'informations possibles sur les différents divinités, au cas ou...

De toute manière, chacun savait que le moment de vérité ne se ferait plus longtemps attendre, puisque bientôt le combat s'engagerait.

L'intérieur de temple était extrêmement vaste et il n'y régnait que de l'ombre, comme si la jeune femme qui s'y trouvait n'aimait pas à y voir pénétré les rayons du soleil.

La tristesse était tout ce que dégageait cet endroit avec ces quelques pauvres torches qui finissaient de se consumer aux murs.

Le bruit des pas et l'écho que cela provoquait dans la vaste salle était le seul bruit perceptible et nulle présence ne se faisait sentir.

Derrière les colonnes, on pouvait apercevoir des urnes funéraires couvertes de dessins noirs qui dataient sûrement de l'Antiquité, vu le style avec lequel ils avaient été dessiné et qui n'était pas sans rappeler celui des vases et autres poteries grecques de cette époque.

Sur les murs étaient gravés des relief représentant des scènes de tragédie célèbre qui se jouait sans doute à une époque très reculé et qui ne faisait que renforcer l'impression de tristesse qui se dégageait de l'endroit.

-Ouh la la, cette femme doit être dépressive, ironisa Aphrodite, alors qu'il scrutait de ces yeux bleus intenses tout ce qui s'offrait à sa vue.

Aldébaran hocha la tête car à lui non plus cet endroit ne plaisait guère.

-On à presque l'impression que les gens peints un peu partout vont nous hurler au visage leurs souffrances! déclara-t-il d'une voix pourtant calme, car il était un chevalier d'or et qu'il en fallait beaucoup plus que cela pour l'effrayer.

-Ce décors n'est en effet pas très amical! déclara Milo en regardant Camus qui hocha la tête avec certitude.

-Mais je n'ai pas l'impression qu'il ait été décoré de la sorte pour effrayé les personnes qui y entreraient, déclara Dohko alors qu'il réalisait que le décor était sans doute simplement du meilleur goût pour la Muse qui vivait ici. et il ne pouvait nier que tous ces objets étaient de grandes oeuvres d'art, cependant, elles respiraient toutes tellement la tristesse que cela en devenait presque... macabre.

-A qui appartient ce temple? demanda Aiolia qui ne connaissait que trop peu les Muses car tout ce dont on avait pu lui dire dans le passé sur elles étaient fort loin par rapport à l'époque où il n'était encore qu'un jeune disciple qui rêvait de devenir chevalier d'or.

C'était Aioros qui avait commencé son entraînement et qui lui avait appris le nom de tous les dieux, il s'en rappelait comme si c'était hier du temps que passait son aîné à tenter de lui enseigné tout ce que lui même avait autrefois appris de son propre maître.

Le chevalier du Lion regretta alors que son frère pour qui il avait retrouvé toute son estime, et même plus son amour, ne soit pas à ces côtés en ce moment car il était certain que ce dernier aurait pu apporter une réponse à sa question.

Ce fut Shaka qui l'élucida, car sa sciences n'avait d'égal que sa sagesse.

-Je pense qu'il s'agit du temple de la Muse de la Tragédie, déclara-t-il de sa voix neutre, alors que ces yeux clos semblaient pourtant scruter tout ce qui les entourait et aurait pu représenter un danger potentiel pour eux.

-Et qui va la combattre? interrogea alors Mu qui savait que tous les chevaliers d'or ne pouvaient restés ici et qu'il fallait faire un choix, même si ce dernier était sans doute synonyme de sacrifice.

-Moi, je la combattrais, lui répliqua le chevalier de la Vierge, comme si il s'était senti tout désigné pour ce duel à mort.

-Parce que tu crois qu'un seul d'entre vous pourra venir à bout de moi?


Seiya venait tout juste de se téléporter depuis le Sanctuaire par lequel il était passé pour prendre des informations sur la situation sur l'île de Délos.

Lorsqu'il était arrivé dans le domaine d'Athéna, il était tombé nez à nez avec celle pour qui il passait par là: son maître Marine. Elle n'avait semblé qu'à demie-surprise de le voir en ces lieux, comme si elle avait pu deviner que même l'interdiction d'Athéna ne pourrait l'empêcher d'aller combattre. Mais quoi de plus normal après tout, c'était elle qui avait fait germer en lui tous ces idéaux de courage qui faisait désormais de lui l'un des meilleurs défenseurs d'Athéna.

Elle lui avait expliquer tout ce qui s'était passé, depuis la disparition d'Athéna et de Poséidon jusqu'au départ des chevaliers d'or pour le Sanctuaire de leurs nouveaux ennemis. D'ailleurs, Marine n'avait rien pu lui apprendre de particulier sur Apollon et Artémis, ni sur leurs guerriers, alors que d'ordinaire, elle était toujours de bon conseil. Cependant, il savait qu'elle le soutenait d'où elle était et qu'elle comptait sur lui, tout comme Shaina, pour sauver Athéna et permettre au monde d'être épargner de la folie de ces deux nouveaux dieux maléfiques.

Le paysage qui l'entourait était magnifique, mais il avait mieux à penser, il savait que le combat l'attendait quelque part, au détour d'un des chemins de terre et de fleurs de cette île mystérieuse.

Et alors qu'il courrait, revêtu de son armure divine de Pégase qui se trouvait en bien piètre état et n'avait donc plus exactement les mêmes pouvoirs qu'autrefois même si elle n'en restait pas moins très puissante, ces pensées ne pouvaient s'empêcher de vagabondées jusqu'au Japon, là où ces compagnons étaient restés, cloués sur un lit d'hôpital, sans rien savoir de ce qui se passait.

Il sourit intérieurement, pensant que c'était peut-être mieux ainsi. si il ne savait pas que tous risquaient leurs vies... Il commençait presque à comprendre Saori qui n'avait pas voulu qu'il se joigne à la bataille afin de leur préservé une nouvelle existence faite des joies simples d'un retour à la normal après tant de mois de lutte. en temps ordinaire, il aurait souhaité les sentir à ses côtés, savoir qu'ils étaient là pour l'épauler, comme dans l'Asgard ou encore durant le combat des douze maisons, mais là c'était différent.

Pendant les quelques jours qui s'étaient écoulés depuis la fin de la terrible guerre face à Hadès, il avait passé son temps à leur chevet, il les avait vu malade et prisonnier d'un coma qui était quasiment sans retour, d'après l'avis des médecins. Et il avait alors fait le souhait que plus jamais ceux qui étaient ces meilleurs amis en plus d'être sa famille n'aient à traverser d'épreuves aussi douloureuse.

Hilda était partie d'Asgard, et il ne lui avait laissé qu'une lettre lui expliquant pourquoi il partait comme guise de cadeau d'accueil. Il aurait aimé rester là-bas pour lui parlé et lui demander en personne de s'occuper du cas de ces frères, mais il n'en avait pas eu le temps. Et Seika? qu'allait-elle dire de ce départ qu'elle avait espéré ne jamais voir arriver au moment où ils s'étaient retrouvés... Il savait qu'elle lui pardonnerait, et plus encore qu'elle le comprendrait, comme elle avait toujours si bien su le faire lorsqu'ils étaient des enfants et que c'était elle qui s'occupait de lui.

Il n'eut pas le temps de s'attarder d'avantage dans ces pensées, que l'explosion du cosmos d'Athéna lui parvint.

-Saori! s'écria-t-il alors qu'il accélérait encore d'avantage sa course déjà pourtant effrénée.

Il n'aurait su dire ce qui avait pu provoqué une telle explosion suivit d'un tel affaiblissement d'en l'aura de sa déesse, mais il se rendait compte d'une chose: l'heure tournait et le temps n'était pas son allié une fois de plus si il voulait la sauver, elle et Poséidon dont le cosmos rayonnant venait lui aussi de s'amenuiser considérablement.

Bientôt, il put apercevoir à quelques mètres devant lui des corps. Il ne prit pas le temps de s'arrêter mais ralentit simplement, juste pour constater qu'il ne s'agissait pas là de l'un de ces aînés chevaliers d'or. Quel ne fut pas son soulagement lorsqu'il constata qu'il s'agissait de trois guerrière qui lui était parfaitement inconnu. ainsi ces compagnons d'armes avaient gagné le premier combat... Cela n'avait rien de surprenant quand on connaissait la puissance de ces derniers.

La sortie de l'immense bois sombre qu'il parcourait depuis un temps qui lui semblait infini lui parut enfin grâce à un éclat de lumière solaire provenant de l'horizon et qui démontrait qu'il arrivait en terrain découvert.

Il sorti des arbres pour découvrir une immense étendu d'eau et constata avec amertume qu'il lui était impossible de voir l'autre rive.

Il allait se jeter à l'eau sans tarder pour nager vers l'horizon quand une voix qu'il ne connaissait pas l'arrêta.

-Seiya, ne fais pas ça!!

Il se retourna, s'attendant à faire face à un ennemi, même si la voix avait quelque chose de beaucoup trop amicale pour qu'elle puisse appartenir à un adversaire potentiel.

Un homme de grande taille avec de court cheveux bruns se tenait à quelques mètres sur le côté, et il portait l'armure d'or du Sagittaire.

Cela ne pouvait qu'être Aioros, celui qui maintes fois lui était venu en aide par de la tombe mais dont il ne connaissait même pas le visage jusqu'à cet instant.

Il avait l'air jeune, malgré sa musculature et sa haute taille, mais quoi de plus étonnant pensa Seiya, puisqu'il n'avait après tout qu'un an de plus que le chevalier Pégase. Shura du Capricorne se trouvait à ces côtés et tous deux semblaient en bien piteux état même si ils ne paraissaient tout de même pas être à l'article de la mort.

En deux enjambés, le chevalier de bronze se retrouva à côté de ces deux aînés, comprenant rien qu'à leur allure et aux cicatrices d'où s'écoulait encore du sang que c'était probablement eux qui avaient eu à combattre les trois femmes dont il avait aperçu les dépouilles sur son chemin.

-Que fais-tu là, Seiya, je croyais qu'Athéna t'avais bien dit de ne pas te mêler de cette guerre sainte? commença Shura, visiblement en colère de voir que les ordres de sa déesse avaient été outrepassé par le jeune Pégase. Pour le chevalier du Capricorne, chaque ordre de la déesse était sacré et nul n'avait le droit de revenir sur ce qu'elle avait dit.

Seiya, comprenant les pensées du gold saint, anticipa ces questions:

-Shura, ne sois pas trop fâché, essaye plutôt de me comprendre: comment voulais-tu que je reste tranquillement au Japon alors que je sentais de tout mon être le cosmos de Saori qui s'affaiblissais et qui s'affaiblis d'ailleurs encore d'heures en heures. En sentant le danger qui la menaçait, je n'ai pu réster dans ma vie tranquille, il fallait que je fasse quelque chose pour tenter de sauver le monde. Je ne pouvais pas rester assis à attendre l'issu du combat sans ne serait-ce que lever le petit doigt pour lui venir en aide.

Il est, au même titre que toi, de mon devoir de lui porter secours lorsque des dieux maléfiques la menace. Et tu ne peux pas me dire qu'à ma place tu n'aurais pas agi de la même manière parce que je sais que ce serait faux.

Suite à se discours, Seiya se tut, comme si il attendait l'approbation du chevalier du Capricorne qui semblait réfléchir aux paroles du jeune garçon.

Bien entendu, il le comprenait et savait que dans ce cas il aurait agi de la sorte, mais il savait aussi pourquoi Athéna lui avait demandé de ne pas se battre, il en avait déjà beaucoup trop fait, beaucoup trop vécu pour un garçon aussi jeune.

Aioros coupa court à toutes ces pensées en contradiction, car sur l'île de Délos, l'heure n'était malheureusement pas aux bavardages.

-Seiya, écoutes, nous aurions préféré que tu ne viennent pas jusqu'ici mais maintenant que tu es là, tu t'en doute bien, ton aide va nous être précieuse. Mais nous n'avons pas le temps de nous attarder plus que cela sur le fait que tu as enfreint un ordre d'Athéna. Nous devons y aller.

Seiya remercia intérieurement le chevalier du Sagittaire qui lui semblait être un homme calme et brave rien qu'aux quelques paroles qu'il venait de prononcer. Mais après, tout n'était-ce pas toujours ainsi qu'ill l'avait imaginé lorsqu'il revêtait son armure?...

-Et pourquoi ne pouvons nous pas traverser ce lac à la nage? interrogea le chevalier de bronze, se replongeant immédiatement dans le fil de l'action.

-Tout simplement parce que l'eau de ce lac semble être "malveillante" à notre égard! ironisa Shura qui en avait fait les frais à peine quelques minutes plus tôt, alors qu'il avait tenté de plongé dans les eaux glacées qui avaient tenté de le retenir contre son grès.

Seiya hocha la tête, comprenant ce qui c'était produit.

-Mais alors, comment faire? demanda le jeune garçon qui voyait que si lui et ces amis ne pouvaient nager, ils se retrouvaient alors dans une impasse.

-Ce que je ne comprends pas, c'est que tout à l'heure nous avons vu Kanon, et que lui il est passé sans encombre, puisque je ne le vois nulle part... A moins que...

Aioros ne put terminé sa phrase, se demandant si le jumeau de Saga n'avait pas péri dans les limbes sombres et tristes de cette étendue d'eau. Mais non, il ne pouvait se résoudre à croire qu'un homme aussi puissant que Kanon se soir laisser mourir ainsi alors qu'il lui restait encore tant de batailles à mener. Il avait du trouver une solution pour franchir l'incroyable distance qui le séparait de l'autre rive.

-Regardez là-bas! s'exclama soudain Shura en apercevant un bateau fendre les flots dans leur direction.

-C'est sans doute ainsi que nos compagnons ont pu passer tout à l'heure! s'écria Aioros avec enthousiasme.

-Oui, et après avoir accoster en face, ils ont du avoir l'idée de nous le renvoyer, mais comment a-t-il pu nous revenir ainsi? s'étonna Seiya mi-heureux mi-interrogateur alors qu'il montait dans l'embarcation sans demander son reste.

Shura fronça les sourcils avec un air grave.

-C'est sans doute le cosmos d'Athéna qui l'a guidé aussi facilement jusqu'ici. C'est d'ailleurs peut-être à cause de cette effort qu'elle a produit que nous avons senti son cosmos s'enflammer si violemment avant de sembler s'éteindre voici de cela peu de temps.

Aioros hocha la tête alors qu'il commençait à diriger le bateau vers l'horizon.

-Je me demande bien ce que les archers divins lui on fait... commença-t-il.

-Quoi qu'il en soit, nous devons la rejoindre au plus vite! s'exclamèrent d'une même vois Seiya et Shura qui étaient sans nul doute deux de ces plus fidèles serviteurs.


La vois avait résonné contre tous les murs du temple, en des milliers d'échos à la fois inquiétant et fascinant.

Elle avait une voix émouvante et forte qui laissait transparaître toutes les émotions qu'elle éprouvait, comme si elle il lui était impossible d'en cacher une seule et que toutes celles qu'elle ressentait étaient décuplé par rapport à la normal.

Elle n'avait pu supporter l'impertinence des chevaliers d'or qui se pensaient capable de la battre à un contre un.

-Regardez! s'exclama Milo alors qu'il pointait son doigt droit devant lui. des milliers de voiles transparents étaient suspendu depuis le plafond et tombaient devant eux, formant un rideau au travers duquel il était tout de même possible d'apercevoir une silhouette. nulle brise ne venait agiter les fines étoles qui flottaient avec une légèreté presque irréelle, donnant l'impression aux saints que la scène ) laquelle ils assistaient en cet instant n'était pas réel.

Tout cela, la voix de la Muse comme ce décors étrange qui les entourait ressemblait à ... une mise en scène.

Et ce que la voix aux accents si grave leur dit alors ne fait que confirmé ce qu'ils pensaient tous.

-Je suis Melpomène, Muse de la Tragédie et protectrice d'Apollon.

Shaka fronça les sourcils pendant un bref instant. ainsi, celle qu'il allait devoir combattre en ces murs n'était autre que la Muse de la Tragédie. Et même si il ne la connaissait pas encore bien, il avait l'intime conviction, aux décors qui l'entourait, qu'il aurait sans doute affaire à une personne d'exception.

Dohko, qui venait de prendre la tête du cortège, écarta les mille rideaux sur son passage, jusqu'au moment où il se retrouva à quelques mètres d'une femme qu'il supposa immédiatement être la Muse Melpomène.

-Je suis bien triste de vous voir, chevalier, commença-t-elle alors qu'il était rejoint par ces compagnons d'armes qui observaient à leur tour l'étonnante créature qui s'offrait à leurs yeux.

Elle était mince et fine, d'une assez grande taille qui avoisinait sans doute les un mètre soixante dix et possédait une étonnante chevelure brune et bouclée parsemé de reflets bleus marine. Son armure était elle aussi de couleur sombre et semblait presque aussi sombre que l'un des surplis que portaient les Spectres d'Hadès qu'ils avaient tous rencontrés il y avait de cela peu de temps. Mais le plus étrange était que son visage était masqué, non pas par un masque semblable à celui que les femmes chevaliers portaient dans le Sanctuaire, mais par un masque horrible représentant un visage pleurant dont les traits étaient déformés par la souffrance.

-Quel horrible masque, ne put s'empêcher de remarquer Aiolia qui trouvait que cette jeune fille avait quelque chose d'inquiétant qui se dégageait d'elle.

-Cet ornement que je porte a pour nom Masque Tragique. il ressemble de beaucoup à celui que les acteurs portaient dans l'Antiquité lorsqu'ils se produisaient dans les arènes.

Le chevalier du Lion hocha la tête en entendant cette réponse donnée d'une voix qui avait une fois de plus les intonations de la folie.

A cet instant, il remarqua qu'elle tenait dans sa main gauche une énorme massue qui semblait faite dans le matériau le plus solide.

-Et qu'est-ce que cela? demanda à son tour Aphrodite qui désignait l'objet que lui et son compagnon avait remarqué en même temps.

-Il s'agit de la massue du légendaire Héraclès. C'est un présent qu'il m'a fait à sa mort, lorsqu'il a rejoint le grand Zeus mon père sur l'Olympe... répondit-elle en soupirant. Et ce soupire n'avait rien d'une lassitude provoqué par les questions des chevaliers mais plutôt par une immense peine qu'elle ne parvenait pas à soulager, comme si la mort d'Héraclès avait été pour elle quelque chose d'insurmontable.

Saga s'était approché de Shaka alors que la jeune fille les observait dans un silence de mort.

-Shaka, tu as vu comme elle est armé? commença-t-il en mettant sa main avec fraternité sur l'épaule du chevalier de la Vierge qui hocha la tête silencieusement.

"J'ai dans l'idée que tu ne pourras pas lui faire face seul, et ce en dépit de ta puissance remarquable. Je crois qu'il serait plus sage que je reste avec toi pour la combattre.

Shaka hocha de nouveau la tête, mais en un mouvement de négation cette fois. Il ne pouvait se permettre de retenir un de ces compagnons en ces murs alors que tant d'autres Muses les attendaient encore plus haut.

Dohko lança lui aussi un regard au chevalier de la Vierge.

-Allez y sans crainte, je la retiendrais ici le temps que vous ayez quitté ces murs! déclara Shaka de son ton calme qu'il ne semblait jamais devoir perdre, même dans les moments les plus dramatiques où il savait que sa vie était en jeu.

-Chevalier, je serai toute prête à me battre contre toi si le cur m'en disait, mais en fait, tu n'as pas en toi ce que je recherche car ton âme est trop lisse, trop parfaite pour comporter le moindre doute ou la plus petite faille. Et si un seul d'entre vous devait passer ce temple sans même que je n'accepte de lever la main sur lui, ce serait toi. Je préfère me battre contre ces deux chevaliers, déclara Melpomène d'une voix blanche qui semblait caché un mystère inquiétant.

Elle venait de désigné Camus et Saga de ces doigts blancs dont on apercevait que les bouts tant son armure recouvrait une surface importante de son corps. de plus, par dessus cette dernière, elle portait une toge d'une noirceur triste.

Les deux chevaliers se regardèrent avec étonnement. Pourquoi est-ce que la Muse voulait les garder comme adversaire et refusait-elle de s'opposer à Shaka, comme ci ce dernier ne l'intéressait pas?

Ils n'en avait nul idée mais quoi qu'il en soit, ils étaient déjà prêts à combattre si cela pouvait permettre aux autres de se rendre dans le temple suivant.

Shaka, pour sa part, ne comprenait guère le discours de cette femme et le refus de le combattre, mais il sentait déjà ce que son intuition lui disait depuis qu'il avait pénétré dans ces lieux: c'était lui et lui seul qui pourrait venir à bout d'elle, et même si il devait y laisser la vie, il y parviendrait.

Cependant, il semblait évident qu'elle n'allait pas laissé les autres chevaliers qu'elle avait elle-même désigné lui échappé si facilement, et ils seraient sans doute contraint de combattre à ses côtés. De toute manière, il sentait bien que Camus et Saga étaient déjà prêts à combattre et qu'ils ne reculeraient devant rien eux-non plus pour sauver celle qu'ils devaient protéger.

La jeune fille semblait regarder les chevaliers restants, ceux qu'elle n'avait pas réclamé au combat, comme si elle pouvait lire dans l'esprit de chacun, jusqu'à y trouver quelque chose d'intéressant. Cela avait quelque chose de dérangeant pour tous ceux qui se trouvaient scrutés par ces yeux qu'ils ne pouvaient pas voir à cause du masque, mais seulement deviner: perçants, inquisiteurs...

-Non, décidément j'ai fait le bon choix, déclara-t-elle plus pour elle même que pour les gold saints.

A leur grande surprise, elle fit signe à ceux qu'elle ne voulait pas voir rester ici de passer et de se diriger vers la sortie.

-Mais pourquoi nous laisse-t-elle passer aussi facilement? demanda Aiolia avec un air des plus surpris.

"Je pensais qu'elle tenterait de tous nous stopper... continua-t-il alors que tous avançait et passait bientôt à sa hauteur. Milo lui jette un regard plein de méfiance, comme si il la soupçonnait de préparer quelque chose contre eux pour les prendre par surprise, mais elle ne fit rien, scrutant impassiblement les trois hommes qui restaient ici pour lui tenir tête.

-Bonne chance; s'écria alors Aldébaran, qui devinait que le combat à venir serait bien pire que les précédents qui pourtant n'avait pas épargner les chevaliers d'or.

Saga lança un regard à ses frères d'armes pour leur signifier que tout irait bien.

-Pourquoi ne pars-tu pas? demanda Melpomène à Shaka.

-Parce que j'ai décidé que c'était à moi que revenais l'honneur de vous combattre.

-Et pourquoi cela, puisque tu ne m'intéresses pas? interrogea-t-elle d'une voix grave qui ne laissait rien transparaître d'autre que de la surprise devant ce chevalier qui avait préféré rester ici plutôt que de fuir la mort quand il en avait l'occasion.

-Car je ne comprends justement pas votre refus de me combattre, et que cela me laisse sous-entendre que pour une raison ou pour une autre je serais sans doute celui qui, parmis tous les chevaliers, serait le plus à même de vous vaincre, non?

Shaka avait dit tout cela avec sérénité car il savait que dans ces paroles se trouvait la vérité.

Saga et Camus l'avaient écouté avec une grande attention car ils se doutaient que si la jeune fille leur avaient ordonné de rester, ce n'était pas pour rien et qu'elle avait sans doute une idée derrière la tête. Peut-être même avait-elle senti quelque chose en eux qui lui permettrait de se jouer d'eux.

-Quelle prétention! reprit-elle avec une voix dure et inquiétante. Chevalier, je crois que tu as une trop haute opinion de toi, et cela ne me plait guère. en revanche, j'apprécie le fait que tu es choisi de subir une mort tragique, juste parce que tu pensais ainsi pouvoir laisser la voie libre à tes autres compagnons. C'est très noble de ta part, mais aussi suicidaire. Quelle plaisante tragédie je vais voir ici se jouer sous mes yeux grâce à vous trois. Tu as bien fait de rester, cela va sans doute pimenter l'action à venir par un sacrifice mémorable.

Elle passa son bras sur les pans sombres de sa toge, comme si pendant un court instant elle ne prêtait plus attention à ceux qui l'entourait, alors qu'en fait, elle cherchait à trouver le meilleur moyen d'engager l'action.

Tous trois pouvaient sentir que leurs amis avaient réussi à sortir du temple sans encombre, et qu'ils courraient tous maintenant en direction du temple de la Muse suivante.

Saga soupira. Il aurait mieux valu qu'un seul d'entre eux n'ait à rester ici, mais cela n'aurait sans doute pas été suffisant pour vaincre la déesse qui leur faisait face. Saga commençait à craindre le pire au vue du soudain enthousiasme dont elle avait fait preuve il y avait de cela quelques instants en déclarant à Shaka qu'une belle tragédie allait se jouer sous ces yeux.

Sans doute était-elle comme ces chats qui aiment à s'amuser des souffrances de la souris, et qu'elle n'avait vu qu'en lui et Camus des souris potentielles. De toute manière, aucun d'eux n'avaient peur, tous voyaient plutôt leur esprit agité de l'excitation que le guerrier connaît avant d'engager un combat.

-Si vous n'y voyez pas d'inconvénient nous allons engager le combat, car le plus tôt nous en aurons fini ici, le plus tôt nous rejoindrons nos amis! s'exclama Saga en adoptant une position de combat qui aurait pu faire trembler quiconque l'aurait reconnu et aurait compris qu'il allait recevoir de plein fouet son attaque la plus puissante.

Il ne laissa pas à la Muse le temps de répliquer quoi que ce soir et bientôt il leva les bras en les croisant au dessus de sa tête en cette position où il intensifiait son cosmos juste avant de frapper. L'énergie qu'il dégageait était terriblement impressionnante et nombreux étaient ceux qui auraient préféré abandonné plutôt que d'avoir à combattre ce guerrier à la force exceptionnelle.

-Par l'Explosion Galactique! dit-il en hurlant presque, alors que des planètes semblaient explosées tout autour de la Muse qui semblait ne pas comprendre ce qui se passait. La force d'impacte fut terrible et alors qu'elle aurait voulu y échapper en sautant dans les airs pour esquiver le coup, il lui sembla qu'elle était touchée de plein fouet et projeté jusqu'au plafond de son temple où elle s'écrasa lourdement.

Il s'avança de quelques pas sans parvenir à croire le miracle qu'il avait accompli... Il avait vaincu une Muse, et ceci d'un seul coup!! Bien sur, il se savait puissant... mais tout de même pas au point de vaincre une déesse en un seul coup.

Il s'approcha d'elle pour constater qu'elle n'était plus de ce monde, et lorsqu'il se retourna pour chercher l'approbation de ces deux compagnons, il ne trouva que le vide.

Oui, il eut beau regarder à droite et à gauche, tout avait disparu. Non pas simplement Shaka et Camus qui quelques secondes auparavant le regardait porter sa terrible attaque, mais aussi les murs du temple ne l'entourait plus.

-Mais... commença-t-il, bouche-béé devant ce qu'il pensait être une hallucination.

Il tourna et retourna sur lui même, avant de réaliser qu'il n'y avait vraiment plus rien. Non, soudain il sentit le vent dans ces cheveux. Une vent fort, pas une petite brise. Un vent qui semblait venir du grand large, de la mer. Et le soleil tapait au dessus de sa tête comme lors de ces après-midi caniculaire auquel la Grèce est coutumière depuis toujours.

Il se pencha alors pour voir le corps de la déesse, mais il constata qu'elle aussi avait disparu.

Que c'était-il produit, et où se trouvait-il? Le sol sous ces pied était fait de terre desséchée et sur les côtés, un peu à l'écart, il pouvait voir des ruines de colonnes et de bâtisses datant de l'Antiquité.

Cet endroit... Mais il aurait pu le reconnaître entre mille... Il s'agissait d'une partie reculée du Sanctuaire. Et cette pesanteur dans l'air n'était pas sans lui rappeler une journée qui avait sans conteste fait parti des plus mauvaises de sa vie...

-Alors Saga, tu t'endors?

Une voix venait de s'élever, intransigeante et dure. Elle appartenait à quelqu'un qu'il connaissait mieux que quiconque.

-Kanon? s'écria-t-il en se retournant avec brusquerie, ne parvenant pas à comprendre ce qui venait de se produire.

"Que faisons-nous là? Il y a de cela seulement un instant, je combattais la Muse Melpomène dans son temple sur l'île de Délos et tout à coup alors que je pensais que mon Explosion Galactique avait eu raison d'elle, je me retrouve ici...

Kanon dévisagea son frère avec autant d'étonnement que de mépris dans ces yeux bleus-verts.

-Allons mon pauvre frère, tu a du trop lire de récit mythologique ces derniers temps... et cela a du te taper sur la tête. Mais quoi de plus étonnant avec cette chaleur...

Saga balaya cette remarque acerbe d'un geste de la main. Il n'arrivait pas à reconnaître son frère, celui qui combattait désormais à ces côtés et de qui il se sentait si complice. A mieux y regarder, Kanon ne portait pas les Écailles du Dragon des Mers. Il était vêtu de sa tenue d'entraînement préféré, la bleue... Et il ne semblait pas se rappeler de ce qu'ils devaient faire.

-Je ne comprends plus rien Kanon. Où sont tes Écailles? Et pourquoi ne sommes nous plus sur l'île de Délos? Réponds moi?

Kanon eut un mouvement de recule en voyant que son frère voulait le saisir par les épaules, comme si ce geste le répulsait.

-Calme toi un peu Saga. Je ne suis pas un poisson et il est donc normal que je ne porte pas d'Écailles. Quand à l'île de Délos personne ne s'y trouve plus depuis des siècles. Ce n'est plus que le Sanctuaire mort de dieux disparus.

Saga se figea au ton qu'employait son frère pour lui parler. Il était depuis toujours un homme d'une grande intelligence, et il avait eu maintes fois l'occasion de la prouver dans le passé même si cela n'avait pas forcément été en commettant de bonnes actions... et il devait se rendre à l'évidence, lorsqu'il avait projeté son "Explosion Galactique", non seulement il n'avait pas touché la Muse, mais en plus elle avait du le frapper à une vitesse divine d'une de ces attaques dont il ne connaissait pas la nature mais qui était visiblement bien plus redoutable que tout ce qu'il n'avait jamais imaginé. Il porta une main sur son front, comme pour s'aider à mieux réfléchir à la situation présente, ou passé il ne savait plus trop, ne prêtant même plus de réelle attention à Kanon qui le dévisageait comme si il était devenu fou.

Soit il était revenu dans le passé, à l'époque qui lui semblait désormais fort lointaine où ils s'entraînaient tous deux dans le but de devenir des chevaliers, soit il était prisonnier d'une illusion parfaite dont il ne savait pas encore comment sortir.

De toute manière, il préférait croire à la deuxième solution qui lui semblait nettement plus plausible qu'un voyage temporel, car seul le dieu Cronos avait le pouvoir de se jouer du fil du temps comme il le voulait.

Il lui fallait donc comprendre au plus vite la raison pour laquelle elle avait choisi de lui faire revivre ces journées... Et il avait dans l'idée que cela avait sûrement un rapport avec la raison qui l'avait tant fait insisté pour qu'il soit l'un de ces adversaire...

Camus et Shaka n'osaient plus dire un mot depuis qu'ils avaient réalisé que Saga ne répondrait pas à leur appel.

Le chevalier des Gémeaux était toujours debout, mais ces yeux semblaient dénués de toute expression et leurs appels désespérés n'avait pu lui faire reprendre ces esprits.

Shaka et Camus échangèrent un regard inquiet, comprenant que le combat à peine engagé, la situation semblait déjà leur échapper...

-Que lui as-tu fait? demanda Camus de sa voix froide et dénué d'expression, car il avait toujours su caché à merveille ces sentiments profonds.

La jeune fille regarda le chevalier du Verseau un long moment, comme si elle tentait de lire en lui.

Camus avait l'impression d'être sondé et cela lui déplaisait fortement. Il n'aimait pas l'idée que quelqu'un put lire si facilement ces pensées secrètes, ce qu'il tenait à préserver au plus profond de lui.

-Tu es un homme très mystérieux, chevalier du Verseau, commença-t-elle, faisant fi de la question qu'il venait pourtant de lui adresser.

"Tu sais à la perfection maîtriser tes sentiments, les étouffer au point de faire parvenir à croire que tu n'en éprouves plus. Tu es même passé maître dans ce domaine, je me trompe?

Camus ne répondit rien. Les paroles de la Muse étaient la preuve qu'elle savait bel et bien lire dans les pensées des gens, comme son sixième sens le lui indiquait depuis qu'il se tenait face à elle. Et il ne pouvait nier qu'elle avait tord. Pour lui, les émotions représentaient des entraves à être un chevalier exemplaire, et elles pouvaient même parfois mener un guerrier à sa perte si il ne parvenait pas à les contrôler, à se discipliner sur ce qu'il ressentait.

-C'est très impressionnant de se trouver en face d'un homme comme toi, un homme au cur faussement recouvert de glace. Et puis, tant de tragique en ton âme...

Camus fronça les sourcils avec majesté.

-Je ne vois pas où tu veux en venir, répliqua-t-il pour couper court à ce discours qui ne lui disait rien de bon. Il savait que cette femme ne parviendrait jamais à faire ressortir en lui des émotions qu'il ne voulait pas faire naître, pourtant, il avait dans l'idée qu'elle avait peut-être le pouvoir de lui faire subir quelque chose qui le fasse vaciller malgré son incroyable maîtrise de lui, qui lui fasse ressentir à quel point il était encore humain par bien des côtés.

Il prit sa position de combat secrète, à son tour prêt à la combattre. Car il était évident que si il ne l'attaquait pas, elle le ferait la première et il ne souhaitait pas subir le même sort que Saga, réduit à l'état de cadavre vivant sans que personne ne puisse expliquer pourquoi. Il lui fallait se battre, pour ses idéaux et montrer à cette déesse que malgré le fait qu'elle puisse lire en lui comme dans un livre, elle ne pourrait jamais rien contre lui, car il était un homme habité d'une volonté de fer.

-Par l'Execution de l'Aurore!! s'écria-t-il, alors qu'une vague de froid insensé faisait apparaître des cristaux aux couleurs d'une aurore boréale.

N'importe quel chevalier aurait été frappé de plein fouet par cette attaque dévastatrice, mais Camus avait parfaitement conscience que "l'Explosion Galactique" de Saga n'avait eu aucun effet sur Melpomène.

La jeune fille regarda venir l'attaque de sous son masque qui ne permettait pas de voir l'expression de son visage. D'ordinaire, Camus aimait à voir ce que les gens pensaient se refléter sur leurs traits afin de savoir où ils en étaient et si oui ou non ils se sentaient en danger face à lui car c'était la un bon baromètre pour juger de sa victoire à venir ou non. Mais là aucune émotion ne lui parvenait de la part de la Muse, hormis celles qu'elle voulait bien laisser paraître devant eux lorsqu'elle parlait.

Bientôt, elle fut frappé de plein fouet par le froid glacial qui fonçait vers elle à la vitesse de la lumière et avec la puissance que seul un chevalier d'or était capable d'atteindre.

En l'espace d'un millième de seconde, elle fut réduite à l'état d'une statue de glace.

Un léger sourire qui disparut aussi vite qu'il était apparut se dessina pendant un très bref moment sur les lèvres du chevalier du Verseau.

Elle n'avait pu évité son attaque. Il ne pouvait expliquer comment cela était possible, mais l'attaque de Saga qui était pourtant au moins aussi dévastatrice que la sienne n'avait pas eu le moindre effet sur la Muse de la Tragédie, alors que le coup qu'il venait de lui envoyer l'avait littéralement transformé en statue de glace.


Il se tourna sur sa gauche, car c'était de ce côté que se trouvait Shaka au moment où il avait engagé le combat, mais au lieu d'apercevoir le chevalier de la Vierge, tout ce qui s'offrit à ces yeux fut un temple qui ne lui était pas inconnu mais qui n'était certainement pas celui dans lequel il se battait quelques secondes plus tôt sur l'île de Délos.

Camus sursauta. Que se passait-il, soudain? Il ne faisait nul doute que le temple dans lequel il se trouvait appartenait aux douze maisons du zodiaque, et ce n'était pas celui du Verseau, alors...

Il scruta ce qui l'entourait, les colonnes de marbre comme le dallage et ne put qu'en venir à la conclusion qu'il se trouvait dans le temple de la Balance. Mais qu'est-ce que cela signifiait? Pourquoi diable se retrouvait-il ici alors qu'il avait à combattre en ce moment même pour sauver la vie d'Athéna?

Soudain, il entendit un souffle très faible, irrégulier, comme si quelqu'un qui était sur le point de rendre l'âme se trouvait non loin de lui, et ce simple bruit fit rejaillir en lui des sentiments qu'il croyait ne plus jamais avoir à éprouver. Son regard bleu saphir se posa bientôt sur la personne qui avait attirée son attention sans même avoir à lever le petit doigt.

A ces pieds, se trouvait le corps inerte de Hyoga.

Mais comment cela était-il possible, et qu'est-ce que le chevalier Cygne, son disciple pouvait-il bien faire ici.

Une seconde d'observation lui suffit pour qu'il réalise que l'impensable s'était produit.

Il était retourné dans le temps par un moyen qui lui était inconnu et se trouvait à l'instant précis où il avait frappé de sa redoutable "Execution de l'Aurore" son disciple venue dans le Sanctuaire pour défier le grand Pope.

Le visage de Hyoga, comme tout le reste de son corps semblait bleuit par le froid de la mort, comme si il ne lui restait plus que peu de temps avant de faire le grand saut.

Camus resta interdit. Il était un homme intelligent et comprenait toujours les attaques de ces adversaires mais là, cela dépassait l'entendement humain. tout comme Saga l'avait fait quelques secondes avant lui, il finit par conclure que tout cela ne pouvait être du à un retour dans le passé mais simplement à une illusion très puissante.

Camus avait déjà entendu parlé de chevalier qui utilisait des techniques pour mettre le plus mal à l'aise possible leurs adversaires. C'était le cas d'Ikki avec sa célèbre "Illusion du Phnix" ou encore du général Kasa de Lyumnades qui avait la faculté de se transformer en la personne la plus chère au cur de ces victimes. Mais cette illusion là dépassait de loin et même de très loin ce genre de techniques puisqu'il semblait à la victime qui en était frappé qu'elle se retrouvait dans son passé.

Et tout semblait si réel, les odeurs, les sensations, le froid qui se dégageait de Hyoga...

Camus n'avait plus que deux pensées en tête: pourquoi est-ce que la Muse l'avait renvoyer en ce jour, et surtout, comment réussir à sortir de son esprit qui à l'instar de Saga était devenu sa propre prison...


Shaka regarda sans rien dire le corps immobile mais toujours fièrement droit de Camus qui désormais ressemblait autant à une statue que Saga qui se tenait non loin de lui.

Il aurait voulu que ces compagnons n'aient pas à combattre cette femme, car il comprenait qu'elle allait sans doute se servir de leur faiblesse pour les conduire à leur perte.

Il devait faire vite si il ne voulait pas que les deux hommes ne meurent dans le monde de silence où ils étaient désormais retenus...

La première fois, lorsqu'elle avait frappé le chevalier des Gémeaux, il ne s'était aperçu de rien, mais cette fois-ci, il avait anticipé son action sans pour autant la voir totalement tant elle était rapide dans ces gestes et il avait compris qu'elle recommençait sur Camus ce qu'elle avait déjà fait sur Saga.

Mais avec lui, cela ne se passerait pas comme cela. Il le sentait. Il allait la combattre et la forcé à annuler ce qu'elle avait fait à Saga et Camus car ils devaient reprendre leur route et n'avaient pas le droit de mourir ainsi, sans combattre.

-Vont-ils mourir? demanda Shaka qui comprenait qu'en n'ouvrant pas la bouche une nouvelle fois, elle le mettait dans la position du demandeur, et donc en état de faiblesse, ce qu'il détestait. Mais il n'avait pas d'autre choix que de faire le premier pas, car la vie de deux des plus puissants gold saints en dépendait.

-Tout dépendra d'eux. Leur vie a tout d'une tragédie, du moins en partie pour celle de Camus et totalement pour celle de ce cher Saga des Gémeaux. Il y a des parties de leur vie que j'ai envie de leur faire redécouvrir, tout en y mettant de nouveaux éléments, pour amplifier leur tristesse afin que le tragique atteigne des limites insoutenables.

-Pourquoi faites vous cela? questionna Shaka de sa voix éternellement calme et que rien ne semblait pouvoir faire changer d'intonation, ni une profonde tristesse, ni une immense joie.

Il était simplement intrigué par cette déesse qui se tenait en face de lui et dont, pour l'instant, il n'arrivait pas à bien cerner les actions.

Pour lui, une déesse devait être bonne envers les autres, capable de leur venir en aide, n'hésitant jamais à mettre sa vie en péril pour sa cause.

Sans doute la jeune fille qui se tenait en face de lui ne répondait pas au premier critère, puisqu'elle faisait souffrir des êtres vivants dans le seul but de s'amuser. Mais elle était sans doute aussi capable de courage pour défendre sa cause, cela semblait évident.

-Ce qui est tragique est beau. qui n'a jamais pleuré devant la beauté d'une pièce de théâtre retraçant des évènements illustres de l'histoire grecque ou romaine qui avaient tourné au drame? Tout le monde se laisse émouvoir par la tragédie et une vie tragique engendre bien souvent de grands hommes aux destins exceptionnels. Les deux chevaliers qui sont devant moi ont eu une vie digne des plus belles pièces et c'est un hommage que je leur rend ainsi, en explorant leur mémoire et en les mettant en scène dans des parties de leurs vies qui valent la peine d'être vue par moi. J'ai créé la Tragédie, alors je me dois de trouver sans cesse de nouvelles inspirations, de nouveaux sujets pour pouvoir souffler l'inspiration aux poètes d'aujourd'hui. Voila l'occasion rêvée de réaliser une belle expérience. Et je pense que sa majesté Apollon ne sera pas mécontent d'apprendre que j'ai tué trois chevaliers d'or, même si je n'ai pas tenu à arrêter les autres car ils ne m'intéressait pas. Mais je suis sure que ma sur Thalie se laissera volontiers séduire par quelques uns d'entre eux quand ils pénétreront dans son temple pour la combattre.

Shaka hocha la tête avec déception. Il était déçu par la réponse de la déesse même si il s'était préparé à entendre quelque chose de ce genre. Et puis, il aurait du se douter qu'une déesse servant des dieux qui ne veulent que la perte de l'humanité ne pouvait faire preuve de compassion ou même ne serait-ce que d'un peu de respect envers les hommes. Il n'était pas un idéaliste et ne pensait pas que l'on pouvait changer des dieux qui, depuis la nuit des temps, pensaient à n'agir que selon leur grès et leur bon vouloir. Il ne savait qu'une chose: ces dieux maléfiques devaient replonger dans un sommeil éternel et ne plus revenir sur terre pour menacer les hommes.

-Je comprends... commença Shaka, alors que la Muse hochait la tête avec satisfaction de voir que le chevalier de la Vierge voyait le pourquoi du comment dans ces actions.

"Je comprends que je dois vous combattre pour permettre à Athéna de vaincre Apollon et Artémis afin de ne pas laisser des dieux tel que vous prendre le contrôle du monde. Et je peux vous promettre que je vais me battre de toute mes forces pour y parvenir.

Melpomène adressa un bref salut de la tête à Shaka avant de prendre une position du combat inconnue du chevalier de la Vierge.

-Je sais que contre toi, mon attaque "Dernier Acte" dont je me suis servi contre Camus et Saga ne servira à rien. Alors je vais engager un combat plus physique, afin de te tuer le plus vite possible, pour que la vie de celui que l'on appelle Bouddha se termine en apothéose.

Sur ce elle brandit sa massue au dessus de sa tête, comme si cette lourde arme n'avait guère pesé plus lourd qu'une brindille et elle fonça sur le chevalier de la Vierge qu'elle s'apprêtait à écraser d'un seul coup.


Fin de la Chapitre 4

A suivre


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