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Souvenirs du Passé

© 2001 by Saori

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Seiya

J'avais résolu, ou plutôt éludé, en quelque sorte mon problème géographique d'avec Miho. Nous avions discuté pendant de longues heures, ou j'avais bien compris qu'elle ne voulait pas me perdre à nouveau, et je ne souhaitais pas plus qu'elle la quitter à jamais. Simplement, je me savais aussi incapable de vivre sans mes frères, tout comme elle m'avait répliqué que son existence se trouvait au Japon, et nul part d'autre.

Je lui avais donc déclaré qu'il me fallait rentrer quelques temps en Grèce, car je me doutais que mes frères ne tarderaient plus et qu'ensuite, je reviendrai le plus souvent possible au Japon.

L'arrangement que nous avions trouvé, provisoire, n'allait pas être facile à accomplir, mais j'avais déjà franchi plus de mille fois les frontières du possible et ce n'était pas quelques voyages en avion qui allait m'arrêter.

Une voix de femme annonça tout à coup dans le hall 11 de l'aéroport de Tokyo les départs pour Milan et un léger retard pour le vol en partance pour Boston. Seïka croisa ses jambes en balayant du regard l'ensemble de la foule qui se pressait autour de nous. Elle avait fixé son attention sur une hôtesse et un groupe de passagers qui descendaient dans un couloir qui les menerait probablement à leur appareil.

Je soupirais pensivement alors que l'agitation et la fébrilité qui régnait autour de moi ne me gagnait absolument pas. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais apaisé. Peut-être parce qu'avant de partir, j'avais été dans la propriété de Saori pour m'exorciser de son fantôme qui ne cesserait probablement jamais de me poursuivre durant toute mon existence.

Là-bas, après m'être débarassé de la présence de l'encombrant Tatsumi, j'avais pu m'adresser à elle paisiblement, presque sereinement tant toute l'ambiance qui règnait la rappelait. J'avais eu l'impression qu'elle se tenait derrière moi, alors que son parfum flottait encore dans l'air, et je lui avais dis aurevoir. Et elle m'avait rendu, en quelque sorte, ma liberté. Et j'avais beau comprendre que ma vie sans elle serait à jamais bouleversée, je saisissais aussi que je ne pouvais pas passer chaque seconde de mon existence à regarder en arrière.

Ma soeur aînée posa sa main sur mon bras avant que je n'appuie ma tête sur son épaule. Elle était si chaleureuse, avec elle, j'avais la sensation d'avoir comme une mère, mais aussi une confidente et une amie car la barrière des âges n'existait pas entre nous étant donné que nous avions presque le même.

Une voix annonça dans les hauts parleurs que le vol d'Athènes partirait dans quelques minutes, l'équipe de ménage étant arrivée trop tard à bord de l'appareil. Je haussais les épaules avec désinvolture alors qu'autour de moi, j'entendais des plaintes s'élever. J'avais envie de leur dire qu'une attente de quelques minutes n'était décidement pas très grave.

Je me figeais brusquement.

Cette pulsation, ce tremblement de l'air infime que je ressentais à côté de moi... non... ce n'était pas possible.

Je me relevais brusquement, laissant Seïka bouche bée devant ma trop vive réaction. Mais elle ne pouvait pas comprendre, ne possèdant pas de cosmos, ce qui était entrain de se produire. Mais moi, je ressentais comme un pincement dans mon coeur qui résonnait dans tout mon corps. C'était comme un étrange appel... un appel fraternel, étais-je même tenté d'ajouter.

Je secouais la tête et scrutais des yeux le plafond alors que la pulsation s'intensifiait et que tout l'air devenait chargé et pesant. La température semblait augmenter alors que quelque chose approchait, je le savais.

Je n'eus pas le temps de répondre à Seïka qui m'adressait la parole car soudainement, le plafond se brisa, pulvérisé en milliers de morceaux qui auraient pu blesser n'importe qui. Une fumée blanchâtre, provoquée par les tombées de plâtre obscurçit toute ma vision alors que tout le monde poussait de farouches hurlements, la panique gagnant la foule.

J'éternuais et me mis à tousser alors que chacun se pressait les uns contre les autres et qu'un bruit assourdissant, beaucoup plus puissant que les réacteurs d'un avion en marche, résonna dans tout l'aéroport.On entendait partout autour de nous les sirènes d'alerte rugir pour prévenir la securité de ce qui se passait dans le hall 11 ou je me trouvais.

Des enfants pleuraient à côté de moi alors que, peu à peu, on entendait plus que des voix s'élever. Je me précipitais alors vers l'endroit ou s'était formé un attroupement et poussais rapidement tout le monde pour venir au premier rang avec Seïka.

Je vis d'abord que les écrans ou étaient annoncés les départs pour l'Italie étaient tombés à terre, brisés et irréparables et que par-dessus, gisait un homme... qui était loin de m'être inconnu.

Je m'avançais jusqu'à lui et m'accroupis à ses côtés avant de prendre son pouls, tandis que je luttais avec moi-même pour garder mon calme. Mais il était vivant, et je sentais presque sa faible respiration dans mes propres poumons. Car sa douleur était mienne étant donné que je l'avais vécu.

Masque de Mort venait de débarquer sur terre.

* * *

Julian Solo

Je regardais le soleil se coucher dans la mer, jetant ses couleurs enflammés et chatoyantes à la surface de l'eau. Et j'avais mal. Je me sentais mélancolique, séparé de quelque chose que je n'arrivais pas à définir mais qui me déchirait l'âme.

La nuit allait bientôt venir, avec son cortège de songes que je ne comprendrais pas et qui me laisseraient chancellant et hébété.

Ma vie se dérobait-elle réellement sous mes pas ces derniers temps, ou n'était qu'une impression?

J'esquissais un sourire pensif et triste alors que je voyais les vagues venir s'écraser inlassablement sur la plage ou j'aimais à me promener tous les matins, alors que personne n'était encore éveillée, et que je pouvais en profiter longuement sans être dérangé. C'était ces rares moments qui me faisaient croire à un semblant de tranquilité dans cette existence qui me filait entre les mains.

Pourtant j'avais toujours été heureux, j'avais toujours eu tout ce que je désirais mais il me manquait en ce moment quelque chose... mais je ne savais pas quoi, et j'avais beau cherché, je ne parvenais nullement à trouver. Etais-je entrain de devenir fou?

Je secouais la tête alors que je me trouvais sur la terrasse de mon immense salon, abrité dans la propriété ou j'avais fêté, il y avait de cela des siècles et des siècles, mon seizième anniversaire.

Depuis, cette nuit-là, je ne voyais plus qu'un tourbillon de journées frénétiques ou j'allais de ville en ville, de voyage en voyage, pour aider tout ceux que les mystérieuses tempêtes avaient dépossédés soit de biens, soit, ce qui était encore plus intolérable, de famille.

Je faisais des dons sans compter, je venais moi-même me rendre compe de l'état des choses, mon ami Sorrento toujours derrière moi et pourtant... rien n'y faisait. Je voyais simplement un immense vide s'emparer de moi chaque semaine un peu plus.

Je soupirais longuement car je ne voulais plus y penser. J'étais fatigué et un odieux mal de tête me poursuivait depuis maintenant plusieurs heures. Je scrutais des yeux le ciel comme pour y trouver ce repos qui me manquait mais n'aperçut que la première étoile de la nuit. Je m'accoudais alors à la balustrade et laissais mes pensées, comme toujours, vagabonder.

Saori... Saori Kido était la dernière personne dont je me rappelais parfaitement, ensuite, tout s'effaçait et me ramenait à cette plage ou j'avais été retrouvé un matin, inanimé et en état de choc. Pourquoi? Que s'était-il passé après que j'eus demandé la jeune fille en mariage? Et Sorrento savait-il quelque chose?

Je passais une main dans mes longs cheveux alors que la brise marine venait me caresser le visage et s'incruster dans ma peau. J'aimais l'océan, depuis ma plus tendre enfance, je me sentais attiré par cet immensité bleu qui ne demandait qu'à être conquise.

-Julian? Que faites-vous donc ainsi? Nous devons aller visiter une école de musique avant la soirée.

Sorrento venait d'arriver sur l'immense terrasse que j'occupais depuis maintenant plus d'une heure. Sa voix posée et aux intonations parfois dures venait de me sortir de la torpeur ou mes reflexions m'avaient plongé.

-Je sais, mon ami... je pensais simplement.

Avais-je envie de me confier à lui? Probablement puisqu'il était mon seul et unique confident. Et puis, je sentais que malgré le fort sentiment qui nous unissait, il existait autre chose, un léger fossé qui nous séparait mais que je n'arrivais pas à nommer. Peut-être était-ce du à la dévotion avec laquelle il me traitait souvent et que je ne comprenais guère étant donné que je nous jugeais sur un pied d'égalité. Il venait d'une famille Autrichienne plus que bourgeoise, et j'étais persuadé que ce n'était pas à cause de ma fortune, comme cela arrivait souvent avec d'autres personnes que je fréquentais. J'avais plutôt l'impression qu'il s'agissait pour lui d'une question de nuance sociale, comme si j'avais été noble, ce qui était loin d'être le cas, et lui pas.

Je laissais lentement mes yeux errer sur sa physionomie... il était égale à lui-même, de la même taille que moi, ses grands yeux roses voilés d'une légère ironie, un sourire amusé et un rien sarcastique aux coins des lèvres. Il ne changeait pas, du moins depuis que je le connaissais.

Je l'avais rencontré sur cette plage ou je m'étais éveillé un matin, sans que je comprenne ce qui c'était passé durant mon amnésie, et je m'étais immédiatement senti proche de lui, comme rapproché par un étrange sentiment de déjà-vu que je ne m'expliquais pas.

-Allons-y, nous allons nous mettre en retard, insista Sorrento, visiblement impatient de rencontrer ces jeunes musiciens en herbe.

-Je te suis, dis-je en me redressant et en lui emboîtant le pas.

Je me tournais une dernière fois vers l'horizon et vis soudainement une étrange lumière au bout de la côte... un éclair de clarté que j'avais déjà vu et qui disparu presque immédiatement. Je fermais les yeux, incrédules.

J'avais du rêver, tout simplement accablé par la fatigue comme je l'étais.

* * *

Aphrodite

Camus me regardait sans laisser transparaître la moindre de ses pensées alors que je sentais mes tempes se mettrent à me battre avec violence. J'avais l'impression qu'aucune partie de mon corps ne voulait plus entendre parler du mot obéissance et je devais retenir ma multitude de soupirs pour éviter que ma trachée ne soit encore plus douloureuse et brûlante.

-Et au Sanctuaire? demandais-je pensivement alors qu'au dehors, la tempête de neige qui nous avait assaillis durant la nuit se calmait peu à peu. Un nouveau Grand Pope a-t-il été élu?

Le chevalier du Verseau hocha lentement la tête.

-Dohko, bien évidemment. Il nous semblait à chacun le plus apte, et de toute manière, avec un vote ou non cela se serait terminé de la même façon. Il l'était de toute manière depuis la mort de Saga, et nous n'avons vu aucune raison pour que cela change.

-Je comprends. Il est de toute manière le plus apte à gérer une situation telle que celle que nous vivons.

Passait-il à mon passé alors que je lui parlais simplement de la gérance du Domaine Sacré? Je le craignais sans pour autant en avoir la certitude. Et de toute manière, s'il voulait m'en parler, je n'avais guère la possibilité de lui refuser ce droit. Il aurait été normal qu'il veuille savoir comment je désirais dorénavant diriger ma vie, et si cela ne mettrait pas en danger la paix et la stabilité, déjà plus que précaire, du Domaine Sacré.

-Quant aux armures...

La porte s'ouvrit brusquement alors que Shun pénétrait rapidement dans la maison de rondins, saisissant immédiatement ce qu'il avait oublié pour sa moto-neige, et repartant tout aussi rapidement qu'il était arrivé, nous gratifiant en plus d'un sourire. Son interruption m'avait permis de me resaisir, de retrouver cette confiance en moi que je commençais à perdre.

Et pourtant, Zeus savait si j'étais l'homme le plus sûr de lui, mais maintenant c'était différent. Je n'avais plus le droit à l'erreur et je ne devais pas comettre d'impaire si je voulais de nouveau acquérir ce statut auquel je n'avais plus le droit à cause de ma propre faiblesse... Comme je détestais ce mot!

-Il nous faudrait bientôt rentrer au Sanctuaire, déclara Camus en croisant ses bras sur sa poitrine avec autourité. Dès que tu iras mieux en somme car tu ne me sembles pour l'instant guère capable de quoi que ce fut.

J'esquissais un sourire lumineux avant d'incliner légèrement la tête en avant. Cette attitude me permettait de cacher mes pensées. Non, je n'avais pas à me sentir heureux de ce que j'avais fait, mais je m'étais racheté de mon crime et je n'avais finalement peut-être rien à prouver.

J'avais traversé toute mon existence en songeant que mon seul sourire et ma seule force me permettrait d'avoir une vie semblable à un ciel bleu d'été sans nuage. J'avais eu tort, mais maintenant, rien ne m'empêchait de reprendre cette ligne de conduite qui m'avait toujours été familière.

J'étais sur terre, parmi mes frères chevaliers d'Or et je n'avais plus de reproche à me faire. Je devais rester moi-même, comme je l'avais toujours fait, et reprendre dignement mon rôle de gardien de la dernière maison du Zodiaque. Cela me faisait d'ailleurs penser que je mourrais d'envie de revoir certains de mes compagnons.

-Qu'importe que je sois malade ou non, je ne tarderai pas à être de nouveau sur pieds malgré la douleur... je désire plus que tout rentrer dans le Domaine Sacré, car si je veux véritablement guérir, c'est là-bas que je dois me trouver.

Camus hocha la tête comme pour marquer d'autorité la fin de mes propos avant que je ne lui souris pensivement.

On aurait pu croire à un spectacle des plus normaux, deux hommes discutant simplement dans leur châlet et attendant patiemment la fin de la tempête de neige... pourtant, je, il...non, nous n'avions jamais été dans ce que chacun s'entend appeler la norme. Nous étions originaux, avec des caractères bien trempés, lui dans le froid et la dureté, moi dans la confiance en soi et la force et depuis toujours, nous nous démarquions de la masse, et n'était-ce pas, après tout, le plus important?

-Quand le froid sera un peu retombé, nous partirons, décidai-je.

-Je n'en attendais pas moins de ta part, me répliqua Camus, dans un double sens qui me ravi autant qu'il me troubla.

* * *

Masque de Mort

La douleur était effroyable et le fait d'avoir quitté les dimensions n'apaisait pour l'instant pas mes souffrances... enfin, j'avais peut-être d'autre chose à penser que l'état délabré de mon enveloppe charnelle, si on pouvait appeler cela de cette façon étant donné son apparence.

-Vous pourriez me laisser seul avec lui...

Je connaissais cette voix, je l'avais entendu à de nombreuses reprises, aussi bien dans ma maison que devant celle de Mu ou j'étais réapparu sous l'impulsion de la volonté du dieu des Enfers.

Seiya, bien-sûr.

C'était la première fois que j'étais content de l'entendre, à défaut de le voir puisque mes yeux étaient clos et que je me trouvais dans l'incapacité de soulever une de mes paupières.

Le bruit des pieds d'une chaise crissant près de la tête de mon lit... le soupire de Pégase... une personne près de lui... tout ceci n'était pas très clair dans mon esprit et j'aurais, à cet instant plus qu'à aucun autre, désiré regagner la réalité. Je voulais sortir de ce semi-coma dans lequel je m'étais plongé en atterrissant... dans un aéroport! J'avais toujours aimé les entrées bruyantes et dont on se rappelait longtemps mais je pouvais dire que là, j'avais joué un coup de maître.

J'esquissais un sourire satisfait de ma personne, ce qui eut pour effet de me tendre la peau et de me rendre le visage douloureux.

-Tu crois qu'il nous entend? interrogea une voix féminine que je ne connaissais guère.

-Je me souviens que lorsque mes frères m'ont parlé quand je suis retombé sur terre, je saisissais tout ce qu'ils me balbutiaient... j'avais quand même un peu de mal à comprendre à cause de leur excitation et de leur bafouillage... enfin, si on lui parle calmement, il pourra saisir tout ce que l'on a à lui dire.

Je crois que Pégase soupira alors que je le devinais entrain de se passer la main dans ses cheveux châtains. Je jugeais déjà la situation ironique, mais je l'aurais trouvé au comble de ce qu'elle pouvait être si Shiryu avait été présent. Mais je devais me dire que tout appartenait au passé.

Je ne retardais pas le moment ou je devais regarder en face mes souvenirs. Mon passé je le connaissais, et j'en avais fait la part des choses. J'avais été un monstre sanguinaire, c'était une chose et il était inutile de jouer l'indifférence sur ce point, seulement maintenant, c'était une nouvelle période qui commençait et je ne désirais pas me laisser envahir par une mémoire trop vivace. J'avais changé, prenant mon destin en main juste à temps, et j'étais dorénavant prêt à embrasser la voie que je m'étais choisi, la même que mes onze frères d'Or.

Je sentis une vague de fièvre me parcourir tandis que j'aurais voulu m'approuver d'un geste de la main décidé. Seiya toussota à la surface et j'attendais avec impatience les premiers mots qu'il prononcerait.

-Masque de Mort...

Argh! J'aurais pu le parier!

-... Tu es revenu et maintenant, je suis certain qui tu sauras retourner dans la lumière de la justice. Je sais qu'au Sanctuaire, il n'y aura personne pour te blâmer de ton passé, et je ne suis pas là pour te faire une leçon de morale ou quoi que ce soit d'autre.

J'eus envie de lui dire que je lui en étais fort gré.

-Je suis simplement heureux d'être tombé sur toi, bien que se soit plutôt toi qui est attérri près de moi et de ma soeur Seïka. Oui, elle est ici, tu ne la connais, mais sache simplement que c'est une personne merveilleuse.

J'entendis le froissement d'un tissu sous l'effet d'une main qui serrait un vêtement. La jeune fille en question étreignait probablement entre ses doigts l'épaule de son frère.

-Le Sanctuaire n'aurait pas été au complet sans toi... et je ne sais que trop dire, je ne suis pas Shiryu moi! Je ne suis pas un spécialiste dans les beaux discours. Enfin, je crois que tu es l'un de ceux dont j'attendais encore plus le retour parce que je comprends ce que tu endures. Le repentir n'est pas une action aisée, mais je suis certain que tu parviendras à regagner le droit d'être un chevalier d'Or, bien que ce soit déjà fait devant le Mur des Lamentations.

C'était aimable à lui de le souligner. Je n'étais pour l'instant pas en désaccord avec ce qu'il disait et je trouvais sa maladresse à s'exprimer avec moi aussi compréhensive qu'amusante.

-Maintenant, j'ai envie de te voir comme le grand frère que j'ai cru apercevoir en toi, alors que tu nous disais adieu avec tes compagnons d'Or. Et c'est probablement pourquoi je suis si heureux de ton retour.

Il se tut brusquement alors que j'analysais la dernière partie de son discours. Oui, à cet instant de ma vie, avant de devenir une partie de l'astre du jour, j'étais redevenu ce que je n'aurais jamais du cesser d'être : un défenseur de la justice. Enfin, maintenant, il était trop tard pour y changer quelque chose, car c'était le destin qui m'avait transformé, et moi-même évidemment... mais à présent que l'avenir se déroulait sous mes pieds comme un tapis fait d'espérances et d'une nouvelle conduite, je me sentais prêt à le fouler.

* * *

Dohko

Et voilà, il n'en restait maintenant plus qu'un, je le sentais alors que Masque de Mort était tombé quelques deux jours auparavant. Maintenant, il ne manquait plus dans notre confrèrie que le chevalier du Taureau, Aldébaran... et je ne doutais absolument pas de sa capacité à revenir sur terre.

Je n'arrivais pas à y croire alors que je me trouvais sur Star Hill et qu'un curieux sentiment m'agitait. Je n'aurais su expliquer pourquoi, mais mon calme coutumier était imperceptiblement troublé par quelque chose -une peur?- d'inconnu.

Je m'assis sur les marches du temple ou le Grand Pope avait le devoir de lire les étoiles lorsqu'il sentait le moment venu de le faire. Moi seul avait dorénavant le droit de monter sur cette immense rocheuse.

Je balayais du regard ce qui m'entourait, et notamment les nuages qui enveloppait la cime de la montagne ou je me trouvais. Et dire que c'était en cet endroit que mon ami Sion avait rencontré la mort.

Je m'efforçais de faire revivre la scène sous mes yeux.

Sion priant probablement alors que Saga était monté, peu de temps après à sa suite, le chevalier des Gémeaux lui faisant remarquer sa présence tandis que l'ancien chevalier du Bélier gardait un semblant de paix intérieure. Il avait du comprendre dès la première seconde que tout était perdu car il n'était pas de détails, l'ancien chevalier du Bélier ayant toujours été pourvu d'une nature extrêmement lucide, qu'il ne sache par remarquer d'un simple coup d'oeil. Saga avait du devenir celui qu'il n'avait jamais été, et l'histoire nous expliquait la suite...

Je soupirais en repensant à mon ami, mort. J'avais tout de même eu la chance de le revoir, et étrangement, c'était Hadès qui m'avait accordé cet immense bonheur de me retrouver en face, au bout de 250 ans, de mon compagnon d'arme, de mon frère d'esprit.

Je sentis un vide s'emparer de mon âme alors que j'esquissais un sourire que je lui dédiais. Malgré la façon dont la vie nous avait séparés l'un de l'autre, je ne l'avais jamais oublié, je n'avais jamais oblitéré de ma mémoire les éclats de rire de notre jeunesse, les journées passées ensemble à s'entraîner alors que nous étions déjà sacrés chevaliers d'Or, notre amitié avec l'ancienne Athéna... et cette terrible guerre.

Enfin, je me rendais à présent compte que tout cela était fini, que ces souvenirs appartenaient à une autre génération et que la nostalgie n'avait pas de place dans ma vie. Pourtant, je savais que les souvenirs faisaient la force de l'homme, que de par ses expériences, il n'avait de cesse de s'améliorer.

J'étendais mes jambes devant moi alors que j'observais les étoiles qui brillaient avec force au-dessus de moi. Je me sentais souvent infiniment petit alors que j'observais la voûte céleste, et pourtant si proche de ce à quoi j'aspirais. Tout ce dont j'avais toujours rêvé depuis mon enfance se trouvait là, sous mes yeux, au travers de ce manteau nocturne dans lequel j'avais l'impression de me fondre.

Les étoiles, les constellations... tout ceci, c'était ce pourquoi j'étais né, car cela représentait Athéna et ses chevaliers, la justice, cet idéal de paix que je défendais depuis des siècles, et que je continuerais à soutenir durant toutes les années qui me restaient à vivre.

Je passais une main presque pareusseuse dans mes cheveux d'ébène alors que je fermais mes paupières pour me couper quelques instants du monde.

Nous étions tous là, enfin presque puisqu'Aldébaran tardait et semblait apprécier de nous faire patienter, et l'ordre de l'Or venait d'être restitué, ce qui était tout de même un véritable miracle... mais qu'est-ce que cela réservait-il?

Je rouvris brusquement les yeux et secouais la tête alors qu'une curieuse sensation de malaise emplissait tout le temple de Star Hill. Je posais vaguement mon regard sur les cratères qu'avaient formé les Bronze Saints en arrivant là, et me mordis la lèvre inférieure.

Quelle était donc cette lumière qui faisait jour dans mon esprit? Et quelle était cette puissance stagnante qui règnait tout autour de moi et qui éveillait mon sang, l'échauffant sans que je comprenne pourquoi?

Mon ouïe me révela alors soudainement un bruit sourd, un bruit de fond difficile à distinguer si on ne lui prêtait pas toute l'attention qui lui était dû. C'était comme... le roulement des vagues, de l'océan. Mais je ne voyais guère comment cela était rendu possible alors que je me trouvais à des milliers de mètres d'altitude.

A moins, bien-sûr... non... non... cela ne pouvait pas être possible!

Poséidon?

* * *

Sorrento

Julian soupira dans l'air de la nuit, encore imbibé de la chaleur torride de la journée précédente. Nous ressortions tous deux de notre visite dans cette école de musique qui m'avait intéressé. J'avais certes vu quelques éléments qui n'auraient pas même mérité de franchir la porte de cet établissement, mais d'autres pouvaient se permettre de tenir leur instrument sans rougir.

J'esquissais un sourire alors que mon ami, à mes côtés depuis le début de la soirée, n'avait de cesse d'afficher un air mystérieux que je ne comprenais guère, et qui avait le don de faire éclore en moi une multitude d'angoisses.

-Que vous arrive-t-il donc? demandai-je d'un ton mi-amusé, mi-irrité car j'aimais que les personnes m'accompagnant se montrent de meilleure humeur que la mine maussade de mon compagnon.

Il haussa les épaules avec une désinvolture mal imitée et je fronçais les sourcils avec étonnement. Je trouvais d'ordinnaire Julian plus enclin à se confier que cela, mais aujourd'hui, il semblait préférer se dissimuler sous un masque de mystère. A sa guise, s'il souhaitait me parler, il pouvait le faire à n'importe quel instant, à condition, évidemment, que mon temps ne soit pas occupé par l'une de mes divines mélodies que je composais ces derniers temps avec de plus en plus de génie.

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas esquissé les premières notes de ma Dead End Symphony...

Je sursautais et faillis tomber en arrière alors que nous marchions dans l'allée qui nous permettrait de regagner la demeure de Julian, ou j'étais hébergé depuis maintenant fort longtemps.

Quelle mouche me pîquait pour que je songe ainsi à mon attaque? A mon ancien rôle? Que se passait-il à la fin, depuis le début de la soirée?

Je secouais la tête comme pour la vider de toutes ces pensées qui tournoyaient sans me laisser la moindre seconde de répit... quand je le vis.

Il était debout, sur les premières marches de marbre menant à la large porte de chêne de son entrée. Il avait l'air impérieux, autoritaire, même si ses yeux ne cessaient de reflèter son habituel calme, cette confiance en lui qu'il avait depuis sa naissance. Soudainement, sa stature semblait encore plus imposante, et son énergie... par Zeus... non... non... que se passait-il? Je n'étais tout de même pas en face...

Je clignais des yeux lentement, arrondissant la bouche alors que mon cerveau n'arrivait plus à formuler la moindre pensée intelligente.

-Sorrento... j'ai compris.

Je ne répondis rien, car aucun son ne semblait désireux de franchir mes lèvres. Julian me dominait du haut de ses escaliers, mais aussi par sa subite montée de cosmos que je ne comprenais guère. Et puis, je n'osais pas croire que... non... non...

-Julian, balbutiais-je au prix d'un effort considérable, que vous arrive-t-il? Seriez-vous...?

Il esquissa un sourire presque carnassier en me fixa de ses yeux d'un bleu des mers.

-Oui. Je viens de comprendre, et je suis redevenu ce que je n'aurai finalement peut-être jamais du cesser d'être. Rentrons, je dois te parler, général Siren. L'âme de Poséidon vient de réinvestir mon corps.

 

Une curieuse vague semblait soulever l'âme de Rhadamanthe alors que les heures de la nuit s'étendaient sur la Grèce. C'était comme un appel, celui d'une puissance étrangère et pourtant familière, mais il ne comprenais pas ce qui lui arrivait.

Une fois de plus, il se retrouvait dans l'incapacité de saisir sa situation, de l'analyser clairement. Tout cela à cause de son amnésie plus que persistante. Il se leva pourtant subitement et courut dans son jardin pour voir ce qui se passait.

Au Sanctuaire, tous les chevaliers d'Or se précipitèrent à l'extérieur, chacun chassant de ses yeux les éventuelles brumes du sommeil. Ils cherchaient d'ou cela pouvait provenir sans réaliser l'ampleur de la situation.

Shaka hocha lentement la tête alors que Mu l'observait derrière un regard brillant d'attention et de compréhension. Milo saisit vivement l'épaule d'Aiolia qui furetait les alentours avec l'air d'un rapace prêt à se précipiter sur sa proie. Shura et Aioros se tenaient en première ligne, tentant d'identifier cette inexplicable arrivée de cosmos qui avait brusquement envahi l'atmosphère. Saga et Kanon hochèrent d'un même mouvement entendu, ce qui ne faisait qu'accentuer encore plus leur ressemblance, la tête et attendirent de rencontrer le regard de l'autre pour voir leurs craintes se confirmer.

Le chevalier de la Balance, du haut de Star Hill, porta une main à sa bouche pour cacher sa surprise et son affolement qui le frappait aussi soudainement que la foudre tombe sur terre. Il s'en était douté, mais tout de même!

Shiryu se figea, alors qu'il faisait grand jour en Chine et qu'il déjeunait aux côtés de Shunreï qui le vit renverser son assiette dans un grand bruit de fracas.

Ikki releva soudainement la tête, alors qu'il était dans la chaleur étouffante de son volcan, en proie à toutes les inquiètudes tandis qu'il sentait cette étrange apparition.

Shun et Hyoga se tournèrent vers Camus et Aphrodite, qui restaient impassibles, le corps tendu comme la corde d'un arc, abasourdi par la force qui envahissait la terre avec tant de rapidité.

Seiya serra complusivement ses poings tandis que Masque de Mort se tournaient brusquement dans son lit d'hôpital, saisissant, malgré son état, le phénomène qui se déroulait actuellement.

Tous les chevaliers restèrent sans voix, tendant désespéremment les yeux vers les cieux, comme pour y trouver une réponse tandis qu'en Grèce, dans la demeure des Solo, Poséidon venait de récupérer ses pleins pouvoirs.

* * *

Masque de Mort

Une aura de force m'était parvenue alors que je me trouvais plongé dans les limbes de la fatigue et de la douleur. Tout mon corps avait paru répondre à ce curieux cosmos, d'une puissance incalculable et qui n'était pas s'en me rappeler une force divine. Mais ce n'était pas Athéna, il n'y avait pas le moindre doute. J'aurais pu reconnaître ma déesse sans la moindre hésitation et là, j'éprouvais comme une réserve. Il ne s'agissait pas d'Hadès non plus, ni d'une personne maléfique que les chevaliers de Bronze n'auraient jamais rencontré.

Je compris que Poséidon s'était réveillé. J'avais su que sur terre, alors que j'étais aux enfers depuis que Shiryu m'avait supprimé dans les circonstances que chacun connaissait, Seiya et ses compagnons menaient une lutte farouche contre l'empereur des Mers, et qu'Athéna était parvenue à enfermer sous son célèbre scellé l'âme du dieu Poséidon. Les Spectres ne faisaient que parler de cela, d'autant plus que Pandore était venue nous chercher, moi et mes frères chevaliers d'Or, afin que nous nous rebellions contre le Sanctuaire.

Je hochais lentement la tête alors que je m'en souvenais encore très clairement. Rhadamanthe nous avait expliqué ce qui s'était passé dans l'empire sous-marin... et nous avions tout de suite compris qu'il nous fallait nous rebeller, sans presque échanger le moindre mot. Nous avions décidé de nous ranger du côté de la justice, et moi plus que personne étant donné ce que j'avais commis.

Oh! J'avais eu le temps d'y réfléchir sous terre, j'avais eu le temps de ressacer sans cesse cette existence que j'avais gâchée et qui m'avait conduit tout droit vers le sombre puit des enfers ou j'envoyais d'ordinnaire mes propres victimes.

La vie dans le royaume d'Hadès... jamais je ne pourrai enlever cela de mon esprit, pas plus que je ne serais capable d'oublier mon voyage au travers des dimensions. Quand je repensais à ma vie, je finissais par trouver cela de plus en plus étrange car j'avais bénéficié d'un destin assez hors du commun!

J'esquissais un faible sourire alors que je commençais à cligner lentement des yeux. Je regagnais peu à peu la surface de la terre, prêt à affronter le monde auquel je m'étais soignement préparé en faisant une introspection de mes souvenirs et je pouvais dire que ma mémoire avait été mise à rude épreuve!

Je sentis plus fortement une présence auprès de moi alors que je gardais en tête cette subite montée de cosmos que j'avais attribué, non sans raison, à Poséidon.

-Il se réveille... Seiya... vite...

C'était probablement la soeur de Pégase, si j'avais bien suivi ce que ce dernier m'avait raconté en me parlant alors que je me trouvais dans un coma proche du dernier souffle, de l'ultime silence comme nous autres, les combattants, appelions parfois la mort...

Les autres chevaliers d'Or... comment prendrait-il mon retour? Je savais déjà qu'ils ne me demanderaient pas la moindre explication là où ils en auraient parfaitement eu le droit. J'avais détruit le mur des Lamentations avec eux, et cela leur suffisait... enfin, je reconnaissais avoir été amplement puni en traversant les autres dimensions : car était-il pire châtiment pour un homme que de se retrouver privé de lumière? Là, je finissais par ressembler au chevalier de la Vierge!

Je faillis me mettre à rire tant j'étais éloigné de cet homme à la perfection presque inhumaine. Il était probablement, de tous mes frères, celui à qui je ressemblais le moins. Mais qui pouvait prétendre imiter la réincarnation du Bouddha?

J'entendis la porte de la chambre s'ouvrir et j'en profitais pour m'assoire soudainement dans mon lit, dans un effroyable bruit de craquement d'os qui m'amena une grimace sur le visage.

-Masque de Mort... je...

Je levais douloureusement une main pour couper court à ses hésitations et à ses balbutiements qui n'auraient fait que nous embarasser, lui autant que moi.

-C'est bon, c'est bon, inutile de te fatiguer!

Pégase fronça les sourcils devait ma réplique ironique et attendait ma prochaine réaction avant de comprendre comment il pouvait se permettre de réagir.

-Tu l'as senti? demandai-je, en fixant un regard perçant sur son visage qui s'anima soudainement de l'éclair de joie du guerrier toujours prêt à combattre.

-Oui... c'est cela qui t'a réveillé, n'est-ce pas? J'en étais sûr! On peut dire que je ne m'y étais pas attendu. C'est même très étrange que Poséidon se réveille ainsi, alors que vous êtes presque tous revenus sur terre.

Seiya s'avança près de la fenêtre et jeta un coup d'oeil à la cour intérieure de l'hôpital. Il avait un regard pensif et appuya son front contre la vitre.

-Presque tous? répétai-je, incrédule.

-Oui, fit Pégase en se tournant lentement vers moi. Il manque encore Aldébaran et la roue du Zodiaque sera alors au complet.

J'acquiescais d'un signe de la tête. J'avais en effet bien cru sentir que quelqu'un se tenait non loin de moi durant mon voyage dans le néant, mais j'avais été incapable de reconnaître de qui il pouvait bien s'agir étant donné que j'utilisais toute ma puissance pour me guider vers la terre.

Et puis, je constatais que je m'étais fait attendre puisque j'étais avant-dernier. Enfin, cela ne m'étonnait guère de ma part... j'avais toujours eu un don pour arriver en retard et ce, depuis ma naissance.

-Poséidon s'est réveillé? interrogea une voix féminine.

Je me tournais pour découvrir la soeur de Seiya. Elle lui ressemblait assez, bien qu'ils différenciaient l'un de l'autre par bon nombre de points, cependant, je ne pouvais leur nier un air de famille. Elle me gratifia d'un aimable sourire que je ne lui rendis pas, non pas par manque de politesse, mais parce que cela aurait été trop douloureux pour les muscles de mon visage.

-Oui, Seïka. C'est bien cela le plus grave... cependant, je ne me sens pas inquiet comme avant une bataille, cette tension qui flotte avant une guerre n'est pas dans l'air et c'est pourquoi je ne comprends guère.

-Il faut tirer cela au clair, constatai-je en passant mes mains dans mes cheveux avec mauvaise humeur car j'en avais assez de toutes ses affirmations qui ne menaient nul part.

Un bref silence tomba entre nous ou le frère et la soeur m'interrogèrent sur la marche à suivre, visiblement persuadés que je savais comment faire.

Enfin, j'étais chevalier d'Or et comme le disaient les règles de la chevalerie, il fallait que je guide les combattants de rang inférieur. J'allais donc prendre les opérations en mains, bien que je doutâs que Seiya me fit entièrement confiance... et à sa place, j'en aurai probablement fait de même!

-Bon, il faut partir tout de suite pour la Grèce.

Je me rendis compte subitement que je ne savais pas ou je me trouvais et que je n'avais pas même pensé à le demander. Seiya parut lire l'interrogation dans mon regard et se mit à rire.

-Nous sommes au Japon...

Je le foudroyais du regard, rejetais les draps de mon lit et me retirais dans la salle de bain pour me préparer.

Bientôt, j'allais retrouver le sol du Domaine Sacré que j'avais autrefois souillé de mes crimes, mais maintenant, tout était différent.

La preuve? Poséidon venait de se réveiller!


Fin de la 14ème partie.

15ème partie : Un Geste du Destin


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