Scorpene de Tejat

Partie 1: Introduction

© 13/05/2000 by Scorpene de Tejat

This page was last modified: 2000/06/16


Back to Stayka's Saint Seiya Index | FanFics | Site Index


J'ouvre les yeux, péniblement...mes paupières me semblent si lourdes. Au dessus de moi, les nuages passent lentement, gris, fades et sans formes précises. De la fumée noire monte du sol vers ce ciel qui semble peser sur ma tête.

Sous ma main droite, quelque chose de chaud et rugueux me tire de ma torpeur ; je reconnais au toucher des morceaux de bois rongés par le feu, dont l'odeur âcre me picote la gorge. Je passe ma langue autour de mes lèvres sèches...c'est de la suie et...je reconnais ce goût...du sang ! Je suis vivant et peut être blessé, mais je ne sens rien.

Je tends l'oreille mais je n'entends personne... mais que s'est-il donc passé ? Je me redresse et me mets à genoux ; j'essaye de rassembler mes souvenirs, tout me semble si confus...

Je sais où je suis, je reconnais ma maison, ou tout du moins ce qu'il en reste : tout est saccagé, les murs en torchis sont tombés et les poutres brûlées menacent de s'effondrer...

Autour de moi et à travers la fumée, je distingue le reste du village : tout n'est que désolation, ruines et douleur...

Alors je me lève et je crie : "Père, mère, où êtes-vous ?".

Le vent se lève et dissipe la fumée environnante...mais personne ne répond. Je crie à nouveau mais je n'entends que le craquèlement du bois finissant de brûler. Soudain, je les vois. Je me précipite vers eux, leurs corps gisent à terre, inanimés.

"Père ! Réponds-moi ! Mère !!!"

J'ai beau les secouer, ils ne bougent pas...Leurs vêtements sont maculés de sang. Ils sont morts. Je le sens. Je le sais. Je reste debout et me mets à pleurer, sans bruit. Des larmes d'eau salée coulent sur mes joues...

Mes parents sont morts et je suis seul.

Seul.

Et je me souviens maintenant...

Je m'appelle Scorpene, j'ai dix ans. Je suis un Zoritan et j'habite Tucat, un petit village sur la côte est du continent. Père est pêcheur et Mère cultive le jardin qui jouxte la maison. J'aide mes parents, j'ai plein de camarades et je suis heureux. Je suis un petit garçon comme les autres...

Il y a deux jours, un messager est arrivé en provenance de la capitale, exténué par sa course. Il disait que les Cletons arrivaient.

Les Cletons. Je n'en avais jamais vus...

Père me disait qu'ils vivaient sur la côte ouest, et qu'ils étaient différents de nous, leur carapace était verte alors que la nôtre était ocre. Ils étaient barbares, cruels, passant leur temps à guerroyer entre clans rivaux...Mon peuple était en paix avec eux depuis des temps immémoriaux, nous faisions du troc et tout se passait bien, car nous ne nous mélions jamais de leurs affaires.

Le messager parlait d'un Cleton, nommé Rhytar, et qui était devenu chef unique, ayant vaincu tous ses autres adversaires. Son but était maintenant de conquérir tout le continent et d'asservir tous les peuples. Notre capitale Ferminat était tombée en un seul jour, et les autres villes et villages ne seraient bientôt plus que ruines et cendres si elles ne capitulaient pas aussitôt.

A ces mots, ce fut l'incompréhension...mais elle céda vite à la panique. Mon peuple n'était pas violent et ne connaissait rien dans l'art de la guerre. Nous courrions à une mort certaine si nous résistions. Tout le monde s'apprêtait à quitter les lieux.

Pourtant, mon père, ainsi que quelques autres villageois, décida de rester. Il me disait que si nous accueillions les Cletons en vassaux, nous pourrions être épargnés et ainsi continuer à vivre presque normalement. Je lui faisais confiance, c'était mon père après tout.

Les Cletons arrivèrent un beau matin, chevauchant de lourds destriers ; ils étaient des centaines...Le chef de notre communauté les accueillit humblement et s'adressa à leur chef : "Nobles Cletons, je vous en prie, épargnez notre village et nous vous jurerons allégeance".

Leur chef fit alors : "Pauvre Zoritan, tout ce que je vois autour de moi m' appartient déjà. Moi, Torbach de Guerse, je n'ai que faire de tes jérémiades." Et s'adressant à ses troupes : "Haro sur la vermine ! Pillez-moi ce village !!"

Dans un vacarme assourdissant, ses hommes se ruèrent alors sur les chaumières. Notre chef suppliait le Cleton de tout arrêter, mais celui-ci sortit son épée et en guise de réponse l'embrocha d'un seul coup. C'était la première fois que je voyais un Zoritan mourir...

Mes parents me prirent par la main et nous courûmes vers la maison...Père me cacha dans la remise et me dit de ne pas bouger avant que tout soit terminé. J'entendais les gens crier, des maisons qui brûlaient...j'étais terrorisé. Soudain, le toit de la maison s'écroula et je m'évanouissais...

Maintenant tout est fini...j'erre dans le village désert, sans but et sans raison...Tout autour de moi, des cadavres de Zoritans, hommes, femmes et enfants...je suis le seul rescapé du massacre.

Le ciel se charge de nuages, l'air est lourd et suffocant...j'ai du mal à respirer... mon esprit est lourd, mon coeur est rempli de haine envers les Cletons...je n'ai qu'une idée en tête, la vengeance.

Mais je suis seul, que vais-je faire ? Que vais-je devenir ?

Soudain, j'aperçois une étoile filante qui déchire le ciel. Est-ce encore un message de mort ? Est-ce la fin de toutes choses ?

On dirait que...mais oui, plus je la regarde et plus elle se rapproche. Je suis prêt à mourir, je n'ai plus rien à perdre de toutes façons...

Mais le halo de lumière arrive au dessus de moi et se pose sur la place du village, tout doucement. Tout d'un coup, je n'ai plus peur.

Que m'arrive-t-il ? J'ai l'impression que la lumière m'est familière et qu'elle ne me veut pas de mal...inconsciemment, je me sens attiré par elle...

Soudain la clarté disparaît et une forme apparaît. Elle brille comme le soleil, l'éclat est si fort que je plisse les yeux. Sa tête sourit mais le rictus est figé, on dirait un masque de théâtre. Alors, la statue se tourne et me fait face. C'est un être vivant ! Mais ce n'est ni un Zoritan, ni un Cleton... Il nous ressemble physiquement, mais sa peau est rosâtre, lisse et sans carapace. Ses membres ont l'air si fragiles ! Apparemment, ce que j'avais pris pour une statue est de toute évidence une armure qui le protège...Ses yeux sont fermés, son visage est à demi caché par de longs poils bleus qui tombent de sa tête, et le masque qui sourit n'est en fait qu'un casque...

J'ai déjà vu cette forme d'armure mais où ? Au temple bien sûr ! Père m'emmenait souvent au temple vénérer les dieux de la nature...et j'avais remarqué un jour dans un coin une statuette d'or, posée sur un autel parsemé de dessins étoilés. Père m'avait expliqué que la statuette représentait un dieu qui descendait des étoiles, et que ce dieu avait apporté la raison, la paix et la justice lors de ses visites aux Zoritans depuis des milliers de cycles. Il l'appelait le Gémeaux.

Soudain, je sors de mes pensées...Il se met à irradier et ouvre lentement les yeux. Je le regarde fixement, ses yeux sont tellement brillants que je ne peux me détacher d'eux...c'est comme si j'étais hypnotisé !

Alors, il me sourit et me dit : "Je suis Saga. Saga des Gémeaux".


Fin de la première partie.

Seconde partie : Le legs de Poséidon


Back to Stayka's Saint Seiya Index | FanFics | Site Index


Disclaimer: Saint Seiya is the property of Kurumada Masami, Shueisha and Toei Animation.


This page belongs to Stayka's Saint Seiya Archive at http://www.saint-seiya.de

© by Scorpene de Tejat - Email: sangop@lemel.fr